
Vous aimez courir, mais on vous a dit que les impacts allaient « user vos genoux ». L’arthrose modifie les tissus d’une articulation, notamment le cartilage qui recouvre les extrémités des os. La course provoque-t-elle ces changements? Les études permettent de nuancer cette inquiétude.
Bonne nouvelle : les études ne montrent pas davantage d’arthrose du genou chez les coureurs de loisir. Une synthèse a même observé une proportion plus faible d’arthrose de la hanche ou du genou chez les coureurs récréatifs, c’est-à-dire non professionnels.1 Une autre synthèse n’a trouvé aucune différence claire pour le genou entre les coureurs et les personnes qui couraient peu ou pas. Ces observations ne prouvent pas que courir empêche l’arthrose.2 Notre guide explique comment commencer la course progressivement.
Ce que la science nous apprend sur la course et l’arthrose :
- Une synthèse associe la course à moins de chirurgies de remplacement du genou pour arthrose. Ce résultat ne prouve pas que la course évite une opération.3
- Le cartilage montre de petits changements après une sortie, par exemple de son épaisseur. Ces changements sont généralement passagers. Un renforcement du cartilage par la course reste une hypothèse à étudier.4, 5
- Les coureurs de haut niveau présentent davantage d’arthrose que les coureurs récréatifs dans une synthèse. La comparaison avec les non-coureurs reste incertaine. Les blessures antérieures pourraient contribuer aux différences.1
- Les synthèses de 2017 et 2023 ne comparent pas exactement les mêmes groupes. Une proportion plus faible d’arthrose dans un groupe ne démontre pas, à elle seule, un effet protecteur de la course.1, 2
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Cet article démystifie le lien entre course et arthrose. Pour comprendre l'arthrose en général, consultez notre article Est-ce vraiment votre arthrose qui vous fait mal?.
Est-ce que la course cause l’arthrose du genou?
La course à pied de loisir n’est pas une cause démontrée d’arthrose du genou.3 Les études donnent des résultats variables et ne permettent pas d’établir son rôle causal.3 La synthèse de 2017 observe une proportion plus faible chez les coureurs récréatifs; celle de 2023 ne trouve pas d’augmentation claire chez les coureurs étudiés.1, 2 La plupart de ces recherches observent les habitudes des participants. Elles ne leur attribuent pas au hasard la course ou l’absence de course, ce qui limite les conclusions sur la cause.3
La synthèse de 2017 regroupe l’arthrose du genou et de la hanche. Les proportions estimées sont de 3,5 % chez les coureurs récréatifs, de 13,3 % chez les coureurs de haut niveau et de 10,2 % chez les personnes du groupe sans course. Ces proportions décrivent les groupes étudiés; elles ne prédisent pas votre risque personnel.1 Une explication proposée est que le cartilage s’adapte aux contraintes répétées de la course. Cette adaptation reste une hypothèse, pas une protection démontrée contre l’arthrose.5
Une synthèse de 43 articles a étudié le cartilage par imagerie par résonance magnétique, ou IRM, un examen qui montre les tissus à l’aide d’un champ magnétique. Après la course, les images montrent de petits changements de volume, d’épaisseur ou d’autres caractéristiques du cartilage. Ces changements immédiats ne persistent généralement pas.4 La synthèse ne trouve pas de nouvelles lésions du cartilage, c’est-à-dire de zones abîmées, attribuables à la course. Les résultats sur les lésions déjà présentes sont toutefois contradictoires. Les données à long terme sur des sorties répétées restent limitées.4 Le renforcement du cartilage par l’entraînement demeure donc une explication possible à vérifier.5
Pour voir ce qui encaisse la charge à chaque foulée, consultez notre page sur l'anatomie du genou.
Les coureurs de haut niveau regroupent ici les professionnels et les participants à des compétitions internationales. Leur proportion d’arthrose du genou ou de la hanche est plus élevée que celle des coureurs récréatifs. La comparaison avec le groupe sans course reste trop incertaine pour conclure à une différence. Les blessures subies à répétition, le volume de course et son intensité pourraient contribuer aux résultats.1
Une étude a estimé les forces au genou chez 14 adultes en santé pendant la marche et la course. La force maximale était plus élevée en course, mais chaque appui durait moins longtemps et les foulées étaient plus longues. Pour une même distance, la charge estimée en additionnant les forces pendant les appuis ne différait pas clairement entre les deux activités.6 Ce résultat aide à comprendre pourquoi la force maximale ne résume pas toute la charge. Il ne démontre pas une charge identique chez tous les coureurs ni un risque d’arthrose identique.6
La synthèse de 2017 décrit son groupe de comparaison comme sédentaire et sans course.1 La sédentarité désigne les périodes éveillées passées assis ou allongé en bougeant très peu.7 La synthèse de 2023 utilise un autre critère : les personnes du groupe de comparaison courent moins de 8 km par semaine. Elles ne sont donc pas nécessairement sédentaires. Cette synthèse ne trouve pas de différence claire d’arthrose du genou, même dans les groupes courant davantage. Plusieurs études incluses ont toutefois des limites qui réduisent la confiance dans cette comparaison.2
Une étude portant sur 2 637 personnes a aussi comparé celles qui avaient déjà couru à celles qui n’avaient pas cette habitude. Les douleurs fréquentes au genou étaient moins présentes chez les premières, même après prise en compte de l’âge, du sexe, du poids par rapport à la taille, des autres activités et des blessures antérieures.8 En revanche, la différence d’arthrose visible à la radiographie, un examen par rayons X, n’était plus claire après ces ajustements. Il en allait de même pour l’arthrose combinant ces signes à la radiographie et des douleurs fréquentes.8
Ces comparaisons ne permettent pas de séparer complètement l’effet de la course de celui des autres différences entre participants.1 Les blessures passées, le volume d’entraînement et l’intensité peuvent se combiner. Les chercheurs ne peuvent donc pas attribuer les écarts d’arthrose à un seul de ces facteurs.1
La douleur au genou est moins fréquente chez les personnes qui courent dans plusieurs études.8 La synthèse de 2023 retrouve ce résultat favorable. Toutefois, les groupes de coureurs et de non-coureurs diffèrent notamment par leur âge et leur durée de suivi. Certaines personnes ont aussi pu arrêter de courir à cause de la douleur. Le résultat ne démontre donc pas que courir soulage à lui seul une douleur déjà présente.9
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- Alentorn-Geli E, Samuelsson K, Musahl V, Green CL, Bhandari M, Karlsson J. The Association of Recreational and Competitive Running With Hip and Knee Osteoarthritis: A Systematic Review and Meta-analysis. J Orthop Sports Phys Ther. 2017;47(6):373-390. (Retour aux passages : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9)
- Burfield M, Sayers M, Buhmann R. The association between running volume and knee osteoarthritis prevalence: A systematic review and meta-analysis. Phys Ther Sport. 2023;61:1-10. (Retour aux passages : 1, 2, 3, 4)
- Timmins KA, Leech RD, Batt ME, Edwards KL. Running and Knee Osteoarthritis: A Systematic Review and Meta-analysis. Am J Sports Med. 2017;45(6):1447-1457. (Retour aux passages : 1, 2, 3, 4)
- Khan MCM, O'Donovan J, Charlton JM, Roy JS, Hunt MA, Esculier JF. The Influence of Running on Lower Limb Cartilage: A Systematic Review and Meta-analysis. Sports Med. 2022;52(1):55-74. (Retour aux passages : 1, 2, 3)
- Miller RH. Joint Loading in Runners Does Not Initiate Knee Osteoarthritis. Exerc Sport Sci Rev. 2017;45(2):87-95. (Retour aux passages : 1, 2, 3)
- Miller RH, Edwards WB, Brandon SC, Morton AM, Deluzio KJ. Why don't most runners get knee osteoarthritis? A case for per-unit-distance loads. Med Sci Sports Exerc. 2014;46(3):572-9. (Retour aux passages : 1, 2)
- Tremblay MS, Aubert S, Barnes JD, Saunders TJ, Carson V, Latimer-Cheung AE, et al. Sedentary Behavior Research Network (SBRN) - Terminology Consensus Project process and outcome. Int J Behav Nutr Phys Act. 2017;14(1):75. (Retour au passage : 1)
- Lo GH, Driban JB, Kriska AM, McAlindon TE, Souza RB, Petersen NJ, et al. Is There an Association Between a History of Running and Symptomatic Knee Osteoarthritis? A Cross-Sectional Study From the Osteoarthritis Initiative. Arthritis Care Res (Hoboken). 2017;69(2):183-191. (Retour aux passages : 1, 2, 3)
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