
Le travail de bureau peut s’accompagner de douleurs aux muscles et aux articulations. Les positions maintenues, les gestes répétés et l’organisation des tâches peuvent contribuer à l’inconfort. Ces douleurs ne signifient pas automatiquement que votre corps s’abîme. Dans une étude de 107 adultes de plus de 45 ans, la courbure du cou n’était pas associée à la présence ou à l’intensité de la douleur au cou1. Une courbure différente de la moyenne ne suffit donc pas à expliquer les symptômes d’une personne.
Une étude menée auprès de 99 employés de bureau d’une entreprise industrielle en Iran rapporte environ 81 % de participants avec des douleurs aux muscles ou aux articulations2. Le cou était touché chez 58,6 % des participants, le bas du dos chez 52,5 % et les épaules chez 37,4 %.2 Ces chiffres décrivent ce groupe de 20 à 50 ans, pas tous les travailleurs de bureau. La physiothérapie peut aider à réduire certaines de ces douleurs et à reprendre les activités qui deviennent difficiles.
Pourquoi les travailleurs de bureau peuvent-ils avoir besoin de soins adaptés?
Les travailleurs de bureau peuvent avoir besoin de soins adaptés lorsque la douleur, la raideur ou les engourdissements limitent leurs tâches. Le physiothérapeute évalue les symptômes, les mouvements et le poste de travail. Il cherche avec vous des changements utiles dans les exercices, les positions et la répartition des activités.
Les positions maintenues et le manque de mouvement
Une revue, qui rassemble les résultats de plusieurs études, décrit que les employés de bureau passent en moyenne environ deux tiers de leur temps de travail assis3. Elle relève des associations entre le mal de dos, certaines postures et les habitudes de mouvement, mais des résultats contradictoires pour le temps assis à lui seul. L’évaluation peut examiner plusieurs régions :
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Un conseil par jour pendant 10 jours pour mieux comprendre votre douleur. Environ 2 minutes de lecture.
Les fléchisseurs de hanche sont les muscles qui montent la cuisse vers l’avant. La position assise garde la hanche pliée. Si cette région vous semble raide, le physiothérapeute vérifie ses mouvements avant de choisir des exercices. Le travail assis ne démontre pas, à lui seul, un raccourcissement permanent.
Les muscles profonds du dos participent au maintien et aux mouvements de la colonne vertébrale, la suite d’os qui forme votre dos. Le physiothérapeute vérifie votre force et votre endurance, c’est-à-dire votre capacité à poursuivre un effort. Les exercices se choisissent selon ces capacités, sans supposer que tous les travailleurs de bureau ont des muscles affaiblis.
Les muscles autour des omoplates font bouger et stabilisent ces os plats à l’arrière des épaules. Les muscles du haut du dos et de la poitrine travaillent ensemble lorsque vous utilisez le clavier ou la souris. Un appui confortable des avant-bras et une souris à portée de main peuvent réduire l’effort pour maintenir les bras.
Les disques entre les vertèbres sont des coussins résistants qui répartissent les charges entre les os du dos. Les positions et les mouvements changent ces charges. Une douleur assise ne permet pas, à elle seule, de conclure qu’un disque est endommagé. Des changements de position peuvent aider à trouver un appui plus confortable.
Les gestes répétés et l’organisation du travail
Taper au clavier, cliquer avec la souris et tourner la tête répètent certains efforts pendant la journée. La durée des tâches, les pauses et la force nécessaire peuvent influencer le confort. Un poste de travail peut donc contribuer à une douleur, sans provoquer automatiquement de petites blessures ou une inflammation chronique dans les muscles, les tendons et les articulations. L’inflammation est une réaction du corps qui peut notamment produire de la chaleur et de l’enflure. Un tendon est le tissu qui relie un muscle à un os.
Une douleur qui revient ou qui limite votre travail mérite une évaluation. Le suivi peut commencer par des adaptations du poste et des exercices. Une douleur nouvelle, intense ou accompagnée d’autres symptômes demande parfois un avis médical; les signes d’alerte sont présentés plus loin.
Quels problèmes peuvent toucher les travailleurs de bureau?
Les problèmes qui peuvent toucher les travailleurs de bureau comprennent la douleur au cou, le mal de dos, la douleur au poignet ou à l’épaule, ainsi que la fatigue des yeux et les maux de tête. Le syndrome du tunnel carpien, décrit plus bas, est une cause possible de symptômes dans la main. Toutes ces douleurs ne viennent pas nécessairement du poste de travail.
Douleur au cou (cervicalgie)
Maintenir longtemps la même position de tête peut devenir inconfortable. Le physiothérapeute examine les mouvements du cou, les symptômes et les tâches qui les modifient. Dans une étude de 1 108 adolescents de 17 ans, les groupes définis par leur posture assise ne différaient pas clairement pour la douleur au cou ou les maux de tête4. Cette étude mesurait posture et symptômes au même moment; elle ne pouvait pas démontrer une cause. Une revue conclut aussi que le lien causal entre la tête penchée sur un téléphone et la douleur au cou n’est pas établi5. Cela n’empêche pas d’adapter une position qui vous fait mal.
Un usage excessif du téléphone est associé à la douleur au cou, mais cette association ne prouve pas qu’il la cause. Une synthèse de sept études rétrospectives, qui analysent des données déjà recueillies, rapporte un rapport de cotes ajusté de 2,346. Une cote compare le nombre de personnes avec douleur au nombre de personnes sans douleur. Le rapport de 2,34 compare ces cotes entre les groupes, après certains ajustements statistiques. Il ne signifie pas que la probabilité de douleur est multipliée exactement par 2,34.
Symptômes courants :- Le cou peut être raide au réveil, puis devenir plus mobile en bougeant.
- La douleur peut s’étendre vers les épaules ou entre les omoplates.
- Des maux de tête peuvent commencer à la base du crâne.
- Tourner la tête peut être difficile ou douloureux.
Les exercices de renforcement du cou et des épaules peuvent réduire la douleur chez les employés de bureau qui ont déjà mal au cou7. La revue de 2018 accordait une confiance modérée à ce résultat. Une revue de 2024 trouve aussi une amélioration de la douleur et des capacités dans les activités quotidiennes, mais avec une confiance limitée dans ces résultats8. Dans un essai auprès de 96 employés ayant mal au cou depuis au moins trois mois, ajouter des étirements à un feuillet de conseils a réduit la douleur de 1,4 point de plus sur 10, après quatre semaines, que le feuillet seul9. Les capacités quotidiennes et la qualité de vie physique s’amélioraient aussi davantage.
Pour en savoir plus sur les causes et traitements : Douleur au cou : Guide complet
Lombalgie (douleur au bas du dos)
Le mal de dos dépend de plusieurs facteurs; le nombre d’heures assises ne suffit pas à en expliquer la cause. Pour un épisode récent sans maladie précise identifiée, poursuivre les activités habituelles dans les limites de la douleur a donné de meilleurs résultats que deux jours de repos au lit dans un essai de 186 travailleurs10. La douleur, les capacités et le retour au travail étaient évalués à trois et à douze semaines.
Les points à essayer d’ajuster selon votre confort :- Vous pouvez varier votre position si rester assis longtemps augmente la douleur.
- Vous pouvez ajuster la hauteur du siège pour garder les pieds soutenus.
- Vous pouvez essayer un appui confortable dans le bas du dos.
- Vous pouvez rapprocher l’écran ou agrandir les caractères pour lire sans devoir vous pencher.
Une revue ne trouve pas de preuve solide que le travail assis cause, à lui seul, une lombalgie.11 Une étude de 2 082 travailleurs allemands trouve également des liens variables entre le temps assis et les symptômes du dos, du cou et des épaules12. L’évaluation tient aussi compte des mouvements, de l’activité physique et de l’organisation du travail.
Apprenez-en plus : Douleur au dos : Guide complet
Syndrome du tunnel carpien et douleurs au poignet
Le syndrome du tunnel carpien survient lorsqu’une pression sur le nerf médian, dans le poignet, cause des symptômes dans la main. Ce nerf transmet notamment les sensations du pouce, de l’index, du majeur et d’une partie de l’annulaire. Il participe aussi à certains mouvements du pouce. La douleur, les picotements ou l’engourdissement peuvent gêner la prise des objets. Les études ne démontrent pas clairement que l’usage ordinaire du clavier ou de la souris cause ce syndrome à lui seul. Les tâches qui demandent une forte répétition et une force importante présentent un risque mieux établi. Une revue porte sur l’utilisation de l’ordinateur13 et une autre sur les facteurs professionnels14.
Les symptômes et le diagnostic ne se mesurent pas de la même façon. Dans une enquête turque auprès de 151 employés de bureau d’hôpital, 74,1 % rapportaient des symptômes évoquant un syndrome du tunnel carpien15. Dans une autre enquête, menée aux États-Unis auprès d’utilisateurs fréquents d’ordinateur, 10,5 % répondaient aux critères cliniques et 3,5 % avaient un diagnostic confirmé par un test de conduction nerveuse16, qui mesure la transmission des messages dans le nerf. Ces pourcentages proviennent de deux groupes différents. Une douleur au poignet peut aussi avoir une autre cause; l’examen permet de choisir les soins.
Une revue décrit les mécanismes, les symptômes et les soins possibles du syndrome du tunnel carpien17. Pour le confort au poste, vous pouvez ajuster le clavier, rapprocher la souris et soutenir les avant-bras. Ces adaptations peuvent aider certaines douleurs, mais leur effet dépend du problème et de l’intervention18. Consultez si les engourdissements ou la faiblesse augmentent, persistent, ou ne répondent pas aux soins à domicile. Une attelle, un support qui maintient le poignet droit, peut être portée la nuit pour maintenir le poignet droit et réduire la pression sur le nerf19.
Plus d'informations : Douleur au poignet et à la main : Guide complet
Douleur à l'épaule
Une douleur à l’épaule peut limiter les mouvements du bras au travail ou à la maison. Elle peut notamment concerner les tendons de la coiffe des rotateurs, le groupe de muscles qui aide à bouger et à stabiliser l’épaule. Une tendinopathie est une douleur accompagnée d’une difficulté à utiliser un tendon. Une bursite est l’inflammation d’une petite poche qui facilite le glissement des tissus. La position des épaules ne permet pas, à elle seule, de diagnostiquer ces problèmes. Le service de santé britannique (NHS) décrit les causes possibles de douleur à l’épaule20.
Les symptômes à décrire lors de l’évaluation :- Lever le bras au-dessus de la tête peut provoquer une douleur.
- Les mouvements quotidiens peuvent s’accompagner d’une sensation de faiblesse.
- Dormir sur l’épaule peut provoquer une douleur qui vous réveille.
- Des craquements ou des cliquetis peuvent accompagner les mouvements, sans suffire à identifier une blessure.
Consultez : Douleur à l'épaule : Guide complet
Fatigue oculaire et maux de tête
La fatigue des yeux peut s’accompagner de maux de tête et d’inconfort au cou ou aux épaules. Les reflets, une lecture difficile ou une correction visuelle inadéquate peuvent vous pousser à vous pencher pour mieux voir. Ajustez la luminosité et la taille des caractères, puis faites vérifier votre vue si l’inconfort persiste. Le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail conseille aussi de regarder à environ six mètres pendant vingt secondes, au moins toutes les vingt minutes21.
Comment la physiothérapie traite-t-elle les douleurs liées au travail de bureau?
La physiothérapie traite les douleurs liées au travail de bureau par une évaluation, des exercices adaptés, des conseils sur les tâches et, au besoin, de la thérapie manuelle. Le physiothérapeute utilise ses mains pour guider certains mouvements ou travailler sur des muscles. Le plan vise à réduire la douleur et à améliorer les activités qui vous posent problème.
Évaluation de la posture, des mouvements et des tâches
Le physiothérapeute commence par vos symptômes, leur évolution et leurs effets sur votre travail. Il observe votre posture, vos mouvements et les efforts nécessaires aux tâches. L’examen comprend notamment les éléments suivants :
- Le physiothérapeute observe la position de la tête et les courbures du haut et du bas du dos.
- Il mesure jusqu’où vos articulations peuvent bouger confortablement.
- Il évalue la force et l’endurance des muscles qui soutiennent les mouvements.
- Il observe comment vous adaptez vos gestes pour éviter la douleur ou accomplir une tâche.
- Il vérifie la souplesse des muscles et l’effet des mouvements sur vos symptômes.
L’évaluation aide à choisir les exercices, les adaptations du poste et les soins utiles. Les résultats sont réévalués au fil du suivi. Un signe qui évoque un autre problème de santé peut demander un avis médical.
Thérapie manuelle pour relâcher les tensions
Une revue de neuf essais sur la thérapie manuelle22 rapporte une réduction de la douleur au cou, avec des techniques, des soins de comparaison et des résultats très variables. Une revue Cochrane de 2025 examine plus précisément la thérapie manuelle combinée aux exercices23. Vers quatre semaines, cette combinaison peut améliorer la douleur et les capacités quotidiennes par rapport à l’absence de traitement. Comparée à un traitement simulé, conçu pour ressembler au soin sans en appliquer les techniques, elle peut améliorer les capacités, sans différence claire sur la douleur. La confiance dans ces résultats reste limitée. Ces résultats concernent surtout des douleurs persistantes au cou, et ne garantissent pas un effet durable pour chaque personne.
Techniques utilisées :Les mobilisations articulaires sont des mouvements que le physiothérapeute guide avec ses mains pour aider une articulation à bouger plus confortablement. Elles peuvent concerner le cou, le haut du dos ou le bas du dos, selon les symptômes.
Le travail manuel sur les muscles peut viser des régions sensibles comme les trapèzes, entre le cou et les épaules, les muscles qui longent le dos, ou ceux de la coiffe des rotateurs. Le choix dépend de l’examen et de votre réponse. Physioactif n’utilise pas le relâchement myofascial, une technique qui cible les fascias, des enveloppes de tissu présentes notamment autour des muscles.
Les manipulations vertébrales ajoutent un mouvement bref à une articulation du dos ou du cou. Le physiothérapeute vérifie si cette option convient et discute des bénéfices et des risques avec vous. Les mobilisations et les manipulations peuvent compléter les exercices; aucune technique ne convient automatiquement à tout le monde.
Programme d'exercices thérapeutiques ciblés
Les exercices de renforcement et d’endurance développent les capacités nécessaires au travail et aux activités quotidiennes. La revue de 2018 appuie le renforcement et l’activité physique générale pour réduire la douleur au cou chez les employés déjà symptomatiques, avec un effet plus grand pour le renforcement7. Dans un essai auprès de 180 employées de bureau de 25 à 53 ans ayant une douleur persistante au cou, les programmes de force et d’endurance ont réduit la douleur et les difficultés quotidiennes après un an24. Pour la prévention, une autre revue de cinq essais25 trouve moins de nouveaux épisodes de douleur au cou avec les exercices, jusqu’à douze mois. Elle concernait des adultes sans douleur au départ, dont environ 80 % travaillaient au bureau.
Les exercices du cou travaillent la force, l’endurance et le contrôle des mouvements. Le long du cou est un muscle profond situé devant les vertèbres du cou. Les muscles sous-occipitaux se trouvent à l’arrière, sous le crâne. Le physiothérapeute peut vous apprendre un petit mouvement de tête ou un effort contre une résistance adaptée, selon l’examen.
Le renforcement autour des omoplates peut travailler les rhomboïdes et les parties moyenne et inférieure du trapèze, situés dans le haut du dos, ainsi que le dentelé antérieur, sur le côté des côtes. Ces muscles aident à guider les omoplates pendant les mouvements du bras. Les exercices peuvent comprendre un tirage adapté ou un appui des mains contre un mur.
Les exercices du tronc développent la capacité à contrôler les mouvements du bas du dos. Le transverse de l’abdomen est un muscle profond qui entoure le ventre. Les multifides longent les vertèbres du dos. Un exercice peut demander de bouger un bras ou une jambe tout en gardant le tronc stable, avec une difficulté adaptée.
Les étirements peuvent viser les fléchisseurs de hanche, les muscles pectoraux à l’avant de la poitrine, ou les muscles à l’arrière de la cuisse lorsqu’une raideur gêne vos mouvements. Par exemple, rapprocher doucement les omoplates avec les mains derrière la tête peut étirer la poitrine. Ne forcez pas et arrêtez si un étirement provoque une douleur26.
Choix des soins complémentaires
Certaines approches utilisent le TENS, un appareil qui envoie un courant à travers la peau, les ultrasons thérapeutiques, qui utilisent des ondes sonores, le laser, qui produit un faisceau de lumière, ou les aiguilles sèches, insérées sans injecter de médicament. Physioactif n’utilise pas ces quatre techniques. Le plan peut comprendre de l’information sur la douleur, des soins manuels au besoin et des exercices choisis selon l’évaluation.
Pour la main et le poignet, une étude de huit semaines auprès de 62 employés présentant des symptômes de tunnel carpien27 a suivi sept exercices. Les 49 personnes qui les faisaient au moins trois fois par semaine ont amélioré certaines mesures de force et leurs capacités quotidiennes. Les 13 autres les faisaient moins souvent. La douleur ne diminuait pas clairement dans les deux groupes, et les mesures de force ne différaient pas clairement entre les groupes. Comme les groupes dépendaient de la participation aux exercices, cette étude ne prouve pas que les exercices expliquent seuls les progrès. Les soins s’adaptent à la gravité des symptômes.
Suivi à distance pour faciliter l’accès aux exercices
La téléréadaptation permet de suivre des séances d’exercices à distance avec un professionnel. Dans un essai auprès de 120 employés ayant une douleur persistante au cou sans cause précise identifiée28, tous recevaient une formation en ergonomie, soit l’adaptation du travail à la personne. Des séances interactives de 45 minutes, trois fois par semaine pendant six semaines, amélioraient davantage la douleur, les mouvements du cou et les capacités quotidiennes que des exercices seuls à domicile ou la formation seule. Ce programme précis ne représente pas une fréquence obligatoire pour tous, et ses effets à long terme restent à étudier.
Adaptation du poste de travail
Le réglage du siège, de l’écran, du clavier et de la souris peut améliorer le confort. Dans un essai de 64 employés, le groupe dont le poste avait été adapté rapportait moins de douleur au cou, aux épaules, au haut du dos et au poignet ou à la main que le groupe témoin29. Toutefois, l’évolution de la douleur dans le temps ne différait pas clairement entre les groupes, et près de la moitié des participants n’étaient plus évalués à 36 semaines. Une revue de 24 essais dans plusieurs métiers trouve un petit bénéfice moyen des interventions ergonomiques sur la douleur30. Les résultats dépendent de l’intervention et ne se limitent pas aux employés de bureau.
Pauses actives pendant la journée
Une pause active interrompt la position assise par un peu de marche ou des mouvements. Une revue de six études contrôlées auprès de 232 personnes décrit des bénéfices possibles sur l’inconfort et la fatigue, avec des formats de pause différents31. Vous pouvez, par exemple, marcher brièvement ou bouger doucement les épaules. La durée et la fréquence se choisissent selon vos tâches et votre confort.
Dans une étude de 31 employés sans groupe de comparaison, un programme de pauses actives de huit semaines était suivi d’une diminution de l’inconfort au cou, au bas du dos et dans l’ensemble du corps32. Les personnes ayant réalisé plus de 80 % des pauses prévues rapportaient aussi des améliorations. Cette observation ne prouve ni que ce seuil est nécessaire, ni que les pauses expliquent seules les changements. Le stress ne diminuait pas clairement dans l’ensemble du groupe.
10 mini-trucs pour comprendre votre douleur
Un conseil par jour pendant 10 jours pour mieux comprendre votre douleur. Environ 2 minutes de lecture.
Une autre revue trouve que les pauses actives avec changements de position peuvent réduire l’inconfort et certaines douleurs, sans diminuer clairement la productivité33. Les résultats sur la douleur sont moins constants quand tous les types de pauses sont regroupés. Cela ne garantit pas une hausse de productivité.
Un rappel peut vous aider à prendre vos pauses. Vous pouvez utiliser une alarme ou une application, puis ajuster le rappel à vos tâches. Une pause peut aussi être l’occasion d’aller chercher un document ou de parler à un collègue en marchant.
Quels résultats pouvez-vous attendre de la physiothérapie?
La physiothérapie peut réduire certaines douleurs, améliorer les activités quotidiennes et vous donner des moyens de gérer les symptômes au travail. Les résultats dépendent du problème, des soins choisis et de leur adaptation au fil du suivi.
Amélioration mesurable de la douleur
Une revue de 2024 sur la thérapie manuelle22 rapporte moins de douleur au cou dans l’ensemble des essais analysés, mais les résultats varient beaucoup entre les études. Le bénéfice attendu dépend notamment de la technique et du soin auquel elle est comparée. Les études sur les exercices du cou décrites plus haut montrent également des améliorations possibles.
Pour un mal de dos qui dure depuis plus de douze semaines et n’a pas de cause précise identifiée, une revue Cochrane de 249 essais trouve que les exercices réduisent probablement la douleur davantage que l’absence de traitement, les soins usuels ou un traitement simulé34. Au premier suivi, l’écart moyen était d’environ 15 points sur 100 pour la douleur. Le gain dans les activités quotidiennes était plus petit, environ 7 points sur 100. Ces résultats ne permettent pas de promettre à chaque employé une amélioration en quatre à six semaines.
Gains fonctionnels concrets
Le suivi évalue aussi des objectifs concrets, choisis avec vous :
- Vous pouvez chercher à mieux tolérer une journée de travail, avec des pauses adaptées.
- Vous pouvez apprendre à varier vos positions plus confortablement.
- Le plan peut viser à réduire les douleurs qui interrompent votre sommeil.
- Le suivi peut préparer le retour au sport, au jardinage ou aux jeux avec les enfants.
Prévention à long terme
Le plan vous aide à gérer les symptômes et à poursuivre les habitudes utiles après les séances. Il peut comprendre les éléments suivants :
- Le physiothérapeute vous propose un programme d’exercices compatible avec votre horaire, à une fréquence adaptée.
- Vous apprenez à ajuster votre poste avec les moyens disponibles.
- Vous intégrez des pauses et des changements de position dans votre routine.
- Vous apprenez à reconnaître le retour des symptômes et les signes qui demandent une consultation.
Dans un essai de formation en ergonomie avec ajustement du poste35, 98 employés d’une université malaisienne ont fourni les données analysées. À six mois, 23,3 % du groupe formé rapportaient des symptômes au cou, contre 65,5 % du groupe ayant reçu un feuillet seulement. L’écart entre les groupes était donc de 42,2 points de pourcentage. Les symptômes de plusieurs autres régions diminuaient aussi, mais les journées d’absence et les mesures de santé psychologique ne s’amélioraient pas clairement. Ce résultat encourageant ne garantit pas le même effet dans tous les milieux. La qualité des preuves sur l’ergonomie varie selon les interventions étudiées18.
Quelles sont les questions les plus fréquentes des travailleurs de bureau?
Les questions fréquentes des travailleurs de bureau portent sur la fréquence des séances, les assurances, les gestes à essayer, les délais de progrès, la posture et l’aide de l’employeur. Les réponses suivantes peuvent vous aider à préparer votre suivi.
À quelle fréquence devrais-je consulter un physiothérapeute?
La fréquence des séances se décide avec le physiothérapeute selon les symptômes, les objectifs et les exercices à apprendre. Les rencontres servent notamment à évaluer les progrès et à ajuster le plan. Une douleur récente et une douleur présente depuis plusieurs mois peuvent demander des suivis différents; il n’existe pas de nombre de séances valable pour tous.
Les traitements sont-ils couverts par les assurances?
Plusieurs régimes d’assurance collective remboursent des soins de physiothérapie. Vérifiez auprès de votre assureur le montant disponible, les conditions de remboursement et la nécessité d’une prescription. Vous pouvez aussi demander à votre employeur si un programme couvre une évaluation du poste de travail.
Puis-je faire quelque chose dès aujourd'hui pour réduire mes douleurs?
Vous pouvez ajuster l’écran, prendre des pauses et essayer quelques mouvements confortables dès aujourd’hui, en l’absence des signes d’alerte décrits plus bas :
- Réglez l’écran pour lire confortablement, avec son haut au niveau des yeux ou un peu plus bas. Des verres progressifs peuvent demander un écran plus bas.
- Levez-vous et bougez régulièrement, par exemple en marchant pour accomplir une autre tâche.
- Essayez de monter doucement les épaules, puis de les relâcher, ou de rapprocher les omoplates pour étirer la poitrine. Arrêtez si le mouvement provoque une douleur.
Un changement utile améliore votre confort ou votre capacité à accomplir une tâche. Si les exercices aggravent la douleur, arrêtez-les et demandez conseil pour les adapter.
Combien de temps avant de voir des améliorations?
Les premiers progrès peuvent apparaître pendant les premières semaines, mais le délai dépend du problème. Par exemple, l’essai d’étirements du cou évaluait les résultats après quatre semaines et celui de suivi à distance après six semaines. Certains objectifs de force ou d’endurance demandent un suivi plus long. Le physiothérapeute vérifie avec vous si la douleur et les activités évoluent comme prévu.
La physiothérapie peut-elle aider après des années dans la même posture?
La physiothérapie peut vous aider à bouger plus confortablement et à développer la force nécessaire à vos activités, même après une longue période dans les mêmes habitudes. L’objectif n’est pas de rester parfaitement droit en permanence. Le suivi cherche des positions qui vous conviennent, puis ajuste les exercices et le poste selon votre réponse.
Mon employeur peut-il faire quelque chose pour prévenir ces problèmes?
L’employeur peut faciliter les réglages du poste, les pauses et la variété des tâches. Un bureau assis-debout peut servir à alterner les positions; il ne remplace pas les occasions de marcher ou de bouger. Une évaluation ergonomique ou un atelier peut aider l’équipe à appliquer les réglages. Les résultats de ces mesures varient, comme le montrent les études décrites plus haut. Parlez aux ressources humaines des difficultés concrètes et des adaptations possibles.
Comment commencer votre traitement en physiothérapie?
Le traitement commence par une prise de rendez-vous dans nos cliniques du Grand Montréal, puis par une évaluation de vos symptômes et de vos besoins. La première séance permet de discuter des objectifs et de commencer les soins appropriés.
Consultez lorsque la douleur revient, vous inquiète ou limite vos activités. Vous n’avez pas à attendre qu’elle devienne constante pour demander de l’aide. Les signes d’alerte ci-dessous demandent un avis médical plutôt qu’un simple ajustement du poste de travail.
Chez Physioactif, nos physiothérapeutes comprennent les défis uniques des travailleurs de bureau. Nous offrons :
- Le physiothérapeute peut évaluer votre poste avec des photos ou des vidéos, si elles sont utiles.
- Le plan de traitement tient compte de vos objectifs et de votre horaire.
- Le programme peut comprendre des exercices réalisables au bureau.
- Le suivi permet d’ajuster les soins selon vos progrès.
Vous pouvez prendre rendez-vous dans nos cliniques du Grand Montréal pour discuter de ces difficultés et commencer une évaluation.
Quand demander des soins médicaux sans attendre les exercices?
Avec un mal de dos, allez à l’urgence en cas de douleurs, de picotements, de faiblesse ou d’engourdissement dans les deux jambes; de perte de sensibilité autour des organes génitaux ou de l’anus; de difficulté à uriner ou de perte de contrôle des urines ou des selles. Un changement de sensation sexuelle ou une difficulté nouvelle d’érection ou d’orgasme demande aussi une évaluation urgente. Une douleur dans la poitrine ou un mal de dos après un accident grave impose également l’urgence. Avec un mal de dos, demandez un avis médical rapide si une douleur intense commence soudainement, si la douleur s’aggrave rapidement, ou si vous ressentez du chaud ou du froid, des frissons ou un malaise36.
Pour l’épaule, demandez rapidement un avis médical si la douleur est soudaine ou très forte, si vous ne pouvez pas bouger le bras, si le bras ou l’épaule se déforme ou enfle beaucoup, ou devient chaud ou froid au toucher. Des picotements persistants, une perte de sensibilité, une douleur après une blessure, une forte douleur aux deux épaules, une sensation de fièvre ou un malaise demandent aussi cet avis20.
Un mal de tête soudain et extrêmement douloureux demande l’urgence. Un mal de tête accompagné de convulsions, d’une faiblesse ou d’un engourdissement du visage ou du corps, d’une perte de vision, de confusion, de somnolence ou de difficultés à parler, marcher, garder l’équilibre ou se rappeler les choses demande également l’urgence. Un mal de tête après une blessure à la tête dans les trois derniers mois demande aussi l’urgence. Sans qu’une blessure soit nécessaire, un mal de tête avec une très forte fièvre, un cou raide, une gêne à la lumière ou une éruption qui ne pâlit pas sous la pression d’un verre demande également l’urgence. Pour un mal de tête avec un problème aux yeux ou à la vision, des vomissements, une douleur de mâchoire en mangeant ou un cuir chevelu sensible, demandez un avis médical rapide. Faites de même s’il est déclenché ou aggravé par la toux, l’éternuement, l’effort ou le fait de vous pencher37. Appelez le 911 si un transport d’urgence est nécessaire et ne conduisez pas vous-même.
Besoin d’un avis professionnel?
Nos physiothérapeutes peuvent évaluer votre condition et vous proposer un plan de traitement personnalisé.
Prendre rendez-vousRéférences
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