Physiothérapie cardiovasculaire : Réadaptation cardiaque | Physioactif

Physiothérapie cardiovasculaire : Réadaptation cardiaque

Écrit par:
Lorianne Gonzalez-Bayard
Révisé scientifiquement par :
Ariel Desjardins Charbonneau
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La physiothérapie cardiovasculaire peut-elle aider après un problème cardiaque?

La physiothérapie cardiovasculaire aide les personnes ayant une maladie du cœur à retrouver leur capacité physique après un problème cardiaque, dans un programme de réadaptation adapté. Un infarctus, aussi appelé crise cardiaque, survient lorsque la circulation du sang vers une partie du cœur est bloquée.

Recevoir un diagnostic de maladie cardiaque ou vivre un événement cardiovasculaire comme un infarctus peut susciter beaucoup d'inquiétude, notamment concernant le retour à une vie active et normale. Vous vous demandez peut-être quelles activités vous pourrez reprendre, comment retrouver votre capacité physique et réduire le risque que cela se reproduise.

La réadaptation cardiaque combine exercice encadré, explications sur la maladie, soutien psychologique et changements d’habitudes de vie. Elle peut améliorer votre qualité de vie et réduire certains risques cardiaques. Le programme peut se dérouler en centre, à domicile avec un suivi professionnel, ou combiner ces deux options.

Service non offert chez Physioactif. L’équipe de réadaptation cardiaque adapte la surveillance à votre état de santé, aux exercices et au lieu des séances. Un enregistrement continu du rythme du cœur n’est pas nécessaire pour toutes les personnes ni toutes les phases. Votre médecin peut vous orienter vers un programme adapté, notamment à l’Institut de cardiologie de Montréal, au CHUM ou au CUSM. La revue Cochrane de 2023 compare les programmes à domicile et en centre.

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Cet article explique les étapes de la réadaptation cardiaque, les maladies concernées, les exercices et leurs bénéfices. Pour connaître les autres domaines de pratique, consultez notre guide complet sur les types de physiothérapie.

Qu'est-ce que la physiothérapie cardiovasculaire?

La physiothérapie cardiovasculaire aide les personnes atteintes d’une maladie du cœur ou des vaisseaux sanguins à reprendre leurs activités physiques[1]. Elle peut faire partie de la réadaptation cardiaque, un programme réunissant plusieurs professions. Ce programme vise à améliorer la capacité physique et la qualité de vie, à gérer les symptômes et à réduire le risque de nouveaux problèmes cardiaques2.

La réadaptation cardiaque réunit notamment les trois composantes suivantes :

Exercice adapté et encadré : L’équipe choisit les activités, leur durée et leur intensité selon votre maladie et vos capacités. Elle détermine aussi le suivi nécessaire, en personne ou à distance. Certaines séances demandent une surveillance continue du rythme cardiaque; d’autres permettent davantage d’autonomie.

Explications et conseils : L’équipe vous aide à comprendre votre maladie, vos médicaments et les signes d’alerte. Elle vous accompagne pour gérer le stress et les facteurs qui augmentent les risques, comme le tabagisme ou une pression artérielle élevée. Cet enseignement sur la condition soutient vos décisions au quotidien.

Soutien psychologique et social : L’équipe peut vous aider à gérer l’anxiété ou la dépression et à reprendre vos activités personnelles et professionnelles. Les explications sur la maladie servent aussi dans d’autres domaines, comme la physiothérapie en santé des femmes.

Les physiothérapeutes qui participent à ces programmes collaborent avec les autres membres de l’équipe, par exemple les cardiologues, les infirmières, les kinésiologues, les nutritionnistes et les psychologues[3]. Le cardiologue est le médecin qui traite les maladies du cœur; le kinésiologue accompagne la pratique de l’activité physique. La composition de l’équipe varie selon le programme. Cette collaboration existe aussi en physiothérapie pour les personnes âgées, notamment lorsqu’une personne vit avec plusieurs problèmes de santé.

Quelles sont les quatre phases de la réadaptation cardiaque?

Les quatre phases présentées ici sont les soins à l’hôpital, le programme encadré après le congé, la transition vers l’autonomie et le maintien à long terme[4]. Ce découpage aide à comprendre le parcours. Les noms et les numéros des phases varient selon les centres : certains regroupent la transition et le maintien. Une revue de 2025 décrit les quatre phases; un autre guide clinique les regroupe en trois phases.

Phase I : soins et reprise des mouvements à l’hôpital

La première phase se déroule à l’hôpital après un infarctus ou une chirurgie cardiaque[5]. L’équipe évalue votre état avant de commencer les mouvements et fait progresser les activités lorsque votre état le permet.

L’équipe cherche à limiter les effets d’un repos prolongé au lit et à évaluer votre tolérance à l’effort. Selon votre état, elle vous accompagne avec des exercices respiratoires, des mouvements doux des articulations, puis le passage debout et la marche avec de l’aide.

La durée d'hospitalisation varie selon la condition et la procédure réalisée[6]. L'équipe évalue également la capacité de la personne à réaliser ses activités de base comme se laver, s'habiller et se déplacer de manière sécuritaire avant le retour à domicile.

Phase II : programme encadré après le congé de l’hôpital

Après le congé de l’hôpital, le programme encadré aide à reprendre l’exercice et à gérer les facteurs de risque[7]. Selon votre état et l’offre du centre, les séances peuvent se tenir sur place, à domicile avec un suivi, ou dans les deux milieux. L’équipe confirme le mode qui convient à votre situation.

Cette phase comprend :

Évaluation initiale : L’équipe évalue vos capacités dans les activités, vos facteurs de risque et vos objectifs. Elle choisit les tests adaptés. Une épreuve d’effort peut se faire sur un tapis roulant ou un vélo stationnaire, avec un électrocardiogramme, ou ECG, qui enregistre l’activité électrique du cœur.

Programme d’exercice : Les séances comprennent un échauffement, un travail d’endurance comme la marche ou le vélo, un renforcement adapté et un retour au calme. L’équipe fixe leur fréquence et leur durée. Elle ajuste l’intensité selon les résultats des tests, vos symptômes, l’effort ressenti et, lorsque c’est utile, une fréquence cardiaque cible, soit un nombre de battements du cœur par minute.

Rencontres d’information : L’équipe explique la maladie, les médicaments, l’alimentation, l’arrêt du tabac, la gestion du stress et les signes qui demandent des soins urgents.

Une revue publiée en 2016 a réuni 63 essais et 14 486 personnes ayant une maladie des artères du cœur. Par rapport aux soins sans programme d’exercice structuré, la réadaptation par l’exercice réduisait le risque relatif de décès cardiovasculaire de 26 % et celui d’admission à l’hôpital de 18 %, pour un suivi médian de 12 mois, c’est-à-dire la valeur du milieu parmi les durées de suivi8. Ces pourcentages comparent les risques entre les groupes; ils ne sont pas des points de pourcentage. La revue ne trouvait pas de réduction claire des décès toutes causes confondues.

Phase III : transition vers l’autonomie

La transition vers l’autonomie peut combiner des rencontres plus espacées et de l’exercice à domicile[9]. L’équipe vous apprend à ajuster les activités et à reconnaître les changements qui demandent un avis.

Cette étape vise à conserver les acquis, à faciliter la gestion de vos exercices et à soutenir les nouvelles habitudes de vie. Le suivi permet de modifier le programme selon votre état et vos difficultés.

Phase IV : maintien à long terme

Le maintien à long terme consiste à intégrer l’activité physique et les autres habitudes favorables à la santé dans la vie quotidienne[10]. L’exercice peut se poursuivre à domicile ou dans la communauté. Les suivis médicaux et les contacts avec l’équipe s’adaptent à vos besoins.

L’arrêt de l’entraînement peut faire perdre une partie de la capacité physique acquise. Dans une étude de 2022, 38 personnes âgées, en moyenne, de 75 ans vivaient avec une fibrillation auriculaire permanente, un trouble durable du rythme du cœur. Après trois mois de réadaptation, les chercheurs leur ont demandé d’éviter l’entraînement organisé pendant trois mois. Leur capacité à l’effort et certaines dimensions de leur qualité de vie ont diminué11. Leur activité physique quotidienne mesurée n’avait pourtant pas changé clairement. Ce résultat appuie un suivi pour maintenir l’entraînement; il ne prouve pas que tous les bénéfices cardiaques disparaissent après un arrêt.

Quelles conditions cardiovasculaires peuvent bénéficier de la réadaptation?

La réadaptation peut aider après un infarctus ou une chirurgie cardiaque, ainsi qu’en présence d’insuffisance cardiaque, d’angine stable ou d’une maladie des artères des jambes. L’insuffisance cardiaque limite la capacité du cœur à faire circuler le sang selon les besoins du corps. L’angine stable provoque une douleur liée à un apport de sang insuffisant au cœur lors d’un effort prévisible. Certains troubles du rythme et les suites d’une transplantation, le remplacement du cœur par celui d’un donneur, peuvent aussi justifier un programme adapté. L’équipe médicale confirme l’indication et le moment de commencer.

Baisse soudaine de l’apport de sang au cœur et infarctus

Un syndrome coronarien aigu correspond à une baisse soudaine de l’apport de sang au muscle du cœur; l’infarctus en est une forme. Après la prise en charge médicale, la réadaptation fait partie des soins recommandés12. Elle aide à reprendre les activités et peut soutenir les personnes qui craignent l’effort.

Une revue de 2011 portant sur les maladies des artères du cœur, dont les suites d’un infarctus, trouvait moins de décès à partir de 12 mois de suivi avec la réadaptation par l’exercice qu’avec les soins habituels. Sept des dix études mesurant la qualité de vie rapportaient une amélioration plus grande avec l’exercice13. Les participants étaient surtout des hommes d’âge moyen présentant un risque relativement faible.

Insuffisance cardiaque

L’insuffisance cardiaque signifie que le cœur ne parvient pas à faire circuler le sang aussi bien que le corps en a besoin. Chez les personnes dont l’état est stable, une réadaptation adaptée peut améliorer la qualité de vie et réduire les hospitalisations14. La revue de 2014 citée ici portait surtout sur des personnes dont le cœur éjectait une proportion réduite du sang qu’il contenait à chaque battement. Elle ne trouvait pas de réduction claire des décès dans les suivis d’au plus un an.

Dans l’essai HF-ACTION, 2 331 personnes ayant une insuffisance cardiaque stable avec une capacité de pompage réduite ont été réparties au hasard entre deux groupes. Le premier recevait les soins habituels et un programme de 36 séances encadrées, puis des exercices à domicile; le second recevait les soins habituels. À trois mois, le gain médian, la valeur au milieu des résultats, au test de marche de six minutes était de 20 mètres avec le programme, contre 5 mètres avec les soins habituels15. Le groupe d’exercice améliorait aussi davantage sa capacité à l’effort. À un an, la différence de marche n’était plus claire, et plusieurs résultats de suivi manquaient.

Chirurgie cardiaque

Après un pontage, qui contourne une artère bouchée du cœur, ou une opération d’une valve, qui guide le passage du sang dans le cœur, l’équipe évalue les besoins de réadaptation16. Le programme accompagne la reprise des mouvements et des activités. Après une ouverture de la poitrine, l’équipe aide aussi à gérer la douleur autour du sternum, l’os situé au milieu de la poitrine, et à travailler la capacité respiratoire. Les précautions dépendent de la chirurgie et de la cicatrisation.

La réadaptation après une maladie des artères du cœur peut améliorer la qualité de vie; la revue de 2012 citée ici évaluait cet effet17. Avant une chirurgie cardiaque prévue, une préparation physique, notamment des muscles qui servent à inspirer, peut aussi réduire certaines complications pulmonaires. Une revue Cochrane de huit essais rapportait moins de pneumonies, des infections des poumons, et d’atélectasies, des zones pulmonaires qui restent affaissées, ainsi qu’un séjour hospitalier plus court. Les essais étaient de petite taille. Ce résultat concerne la préparation avant l’opération et ne démontre pas le même effet de toutes les séances après une chirurgie.

Maladie artérielle périphérique

La maladie artérielle périphérique peut réduire l’arrivée du sang dans les jambes. Elle peut provoquer une claudication intermittente, une douleur musculaire pendant la marche qui diminue au repos18. Un programme structuré de marche est un traitement recommandé pour améliorer la distance parcourue18. L’équipe adapte les pauses, la durée et l’intensité à vos symptômes.

Une revue de 41 essais comparait l’exercice encadré aux soins habituels chez des personnes ayant cette maladie. Le gain moyen était de 34,9 mètres au test de marche de six minutes. Sur un tapis roulant dont l’effort augmentait progressivement, les gains étaient de 41,0 mètres avant de devoir arrêter à cause de la douleur et de 68,8 mètres avant l’apparition de la douleur19. Les trois chiffres concernent des mesures différentes, pas trois étapes d’un même test.

Autres indications

La réadaptation peut aussi être indiquée pour l’angine stable, une douleur liée à un apport de sang insuffisant au cœur lors d’un effort prévisible, ou après une transplantation cardiaque. Certaines personnes ayant un trouble du rythme, une maladie des valves, un stimulateur ou un défibrillateur implanté peuvent participer à un programme adapté. Le stimulateur aide à régler les battements; le défibrillateur peut traiter certains rythmes dangereux par une impulsion électrique. La présence d’un appareil ne suffit pas à déterminer le programme : le médecin tient compte de la maladie et du fonctionnement de l’appareil. Pour l’angine stable, une revue Cochrane de 2018 suggérait un petit gain de capacité à l’effort. Elle ne permettait pas de conclure clairement sur la fréquence de l’angine ou la qualité de vie. Les recommandations peuvent donc varier selon le pays et la situation.

Comment prescrit-on l'exercice pour les patients cardiaques?

L’équipe de réadaptation prescrit l’exercice selon votre maladie, vos capacités, vos médicaments, vos objectifs et les résultats des tests retenus. Elle précise les activités, leur durée, leur intensité, leur progression et les signes qui demandent d’arrêter. Une épreuve d’effort peut aider à ajuster ces paramètres.

Évaluation de la capacité fonctionnelle

Une épreuve d’effort cardiorespiratoire mesure la réponse du cœur, de la respiration et des muscles pendant un effort progressif. Lorsqu’elle est indiquée et disponible, elle aide à choisir l’entraînement20. L’ECG enregistre le rythme du cœur; l’équipe mesure aussi la pression artérielle, les symptômes et l’oxygène utilisé pendant l’effort. Le pic de consommation d’oxygène correspond à la plus grande quantité mesurée pendant le test. Une meilleure capacité cardiorespiratoire est associée à une mortalité plus faible, comme le précise l’étude décrite au paragraphe suivant.

Cette capacité aide à estimer l’évolution possible d’une maladie des artères du cœur[21]. Dans une étude de 2 812 personnes, un pic de consommation d’oxygène plus élevé de 1 millilitre par kilogramme de poids corporel et par minute était associé à un risque de décès environ 15 % plus faible21. Cette comparaison entre personnes ne prouve pas qu’augmenter individuellement cette mesure par l’entraînement réduit le risque de décès d’exactement 15 %.

Les résultats des tests servent à proposer un effort de départ, puis à le modifier selon votre tolérance, vos médicaments et votre évolution[22][23].

Modalités d'entraînement

Travail d’endurance : La marche, le vélo stationnaire, l’appareil à pédales pour les bras et le vélo elliptique font partie des options. La progression peut commencer par une durée plus longue avant d’augmenter l’intensité, selon les consignes de l’équipe. Une personne peut, par exemple, faire plusieurs courtes marches à une allure permettant de parler, plutôt qu’une seule longue sortie. Ce repère ne remplace pas les consignes individuelles.

Renforcement musculaire : Un entraînement adapté peut améliorer la force, l’endurance des muscles et la capacité à réaliser les activités quotidiennes24. L’équipe choisit la résistance et les mouvements selon votre état. Les principes des exercices de renforcement et d’endurance musculaire sont ajustés à la maladie cardiaque. La progression graduelle s’utilise aussi en physiothérapie pour la douleur chronique, avec une adaptation aux capacités de chaque personne.

Entraînement par intervalles : Cette méthode alterne un effort plus intense et une récupération pendant laquelle on continue à bouger doucement. Dans un essai de 2007 auprès de 27 personnes ayant une insuffisance cardiaque stable après un infarctus, le pic de consommation d’oxygène augmentait de 46 % avec les intervalles à haute intensité, contre 14 % avec l’exercice continu modéré, après 12 semaines25. Ce petit essai ne suffit pas à recommander les intervalles à tout le monde.

Une étude de 2017 auprès de 261 personnes ayant une insuffisance cardiaque ne trouvait pas de supériorité claire des intervalles sur l’exercice continu modéré pour cette capacité après 12 semaines. Les deux programmes encadrés faisaient mieux que des conseils d’activité physique. Les intensités réellement suivies s’écartaient toutefois souvent des cibles prévues.

Dans une autre population, une revue de 2018 regroupant 17 essais et 953 personnes ayant une maladie des artères du cœur trouvait une amélioration moyenne plus grande de la capacité cardiorespiratoire avec les intervalles26[26]. Elle excluait les études d’insuffisance cardiaque avec une fraction d’éjection inférieure à 40 %, soit une proportion réduite du sang contenu dans le cœur éjectée à chaque battement. Le choix de l’intensité demande donc une évaluation et un encadrement adaptés.

Surveillance et critères d'arrêt

L’équipe détermine la surveillance nécessaire : symptômes, battements du cœur, pression artérielle et, dans certaines situations, ECG continu[27]. À domicile, elle vous apprend les repères à suivre et précise quand la contacter. La surveillance dépend du risque individuel et ne signifie pas un enregistrement continu pour tous.

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Arrêtez immédiatement l’exercice si vous avez une douleur dans la poitrine, des étourdissements, une sensation de perdre connaissance, une respiration inconfortable ou des battements irréguliers. Communiquez avec l’équipe pour savoir quoi faire et quand reprendre. Les consignes de Cambridge pour l’exercice cardiaque à domicile ne demandent pas d’attendre que ces signes deviennent intenses. L’équipe peut aussi arrêter une séance devant une chute ou une hausse excessive de la pression artérielle, une pâleur ou une confusion.

Appelez le 911 pour une douleur qui serre la poitrine, une douleur dans la poitrine qui s’étend au bras, au cou ou à la mâchoire, une difficulté majeure à respirer, des lèvres ou une peau pâles, bleues ou grises, ou une perte de connaissance avec une réponse anormale. Ne conduisez pas vous-même. Un essoufflement soudainement plus marqué que d’habitude, ou une douleur dans la poitrine accompagnée de nausées, de vomissements ou de battements inhabituels demandent aussi un avis médical urgent. Le NHS décrit ces signes d’alerte d’un problème cardiaque.

Quand consulter en physiothérapie cardiovasculaire?

Une évaluation en réadaptation cardiaque peut être indiquée après un infarctus ou une intervention au cœur, et pour certaines maladies cardiaques stables qui limitent les activités. Votre médecin confirme le moment et le programme appropriés. Un symptôme nouveau ou qui s’aggrave demande d’abord une évaluation médicale, selon les signes d’urgence décrits plus haut.

Après un événement cardiaque aigu

Après un infarctus, une autre baisse soudaine de l’apport de sang au cœur ou une intervention pour rétablir sa circulation, les lignes directrices recommandent une orientation vers la réadaptation28. Ces interventions comprennent le pontage et l’angioplastie, qui ouvre une artère rétrécie et peut y laisser un petit tube pour la maintenir ouverte.

La réadaptation complète les médicaments et les interventions médicales; elle ne les remplace pas29. Elle aide à reprendre les activités et à gérer les facteurs de risque sur la durée.

Diagnostic de maladie cardiaque chronique

En présence d’insuffisance cardiaque, le médecin peut proposer la réadaptation lorsque l’état est stable, même sans événement récent30. L’angine stable et les difficultés de marche liées à une maladie des artères des jambes peuvent aussi justifier un programme adapté. Les recommandations propres à la réadaptation cardiaque et à l’exercice pour la maladie artérielle périphérique précisent ces indications.

Signes et symptômes limitants

Un essoufflement inhabituel lors d’activités légères, une fatigue excessive ou une difficulté nouvelle à accomplir vos tâches justifient une évaluation médicale. Le médecin recherche la cause et les soins nécessaires avant de vous orienter vers un programme d’exercice. N’attendez pas un rendez-vous de réadaptation en présence des signes d’urgence.

Accès aux programmes à Montréal

À Montréal, les programmes suivants donnent des renseignements sur leur accès :

Les critères d’admission et les modalités de suivi varient selon le centre.

Discutez du programme avec votre cardiologue ou votre médecin de famille. Avant de vous inscrire, vérifiez auprès du centre les renseignements médicaux et les formulaires nécessaires.

Quelles sont les questions les plus fréquentes sur la réadaptation cardiaque?

Les questions qui reviennent le plus souvent portent sur la sécurité de l'exercice après un problème cardiaque, la durée du programme, la couverture par l'assurance maladie, la possibilité de s'entraîner à domicile, les bénéfices démontrés et la suite à donner une fois le programme terminé.

Est-ce que la réadaptation cardiaque est sécuritaire?

La réadaptation cardiaque adaptée présente un faible risque de complications graves, mais ce risque n’est pas nul. Dans la revue de 2018 sur les intervalles et l’exercice continu, aucune étude ne rapportait de décès ni d’événement cardiaque nécessitant une hospitalisation pendant l’entraînement26. Toutefois, seulement 13 des 17 études décrivaient les effets indésirables, sans protocole précis pour les recueillir. Certaines rapportaient notamment des douleurs ou de l’angine. Ces résultats soutiennent un exercice adapté et encadré; ils ne garantissent pas l’absence de risque pour chaque personne.

Combien de temps dure un programme de réadaptation?

La durée dépend du centre, de votre maladie et de vos objectifs. À titre d’exemples, le programme du Centre ÉPIC dure 12 semaines et celui d’activité physique du CUSM dure six mois. Le suivi et les habitudes d’activité se poursuivent ensuite selon vos besoins, sur le long terme.

Est-ce couvert par les assurances?

Le Centre ÉPIC et le Programme d’activité physique du CUSM annoncent des programmes sans frais. Les conditions de financement peuvent différer ailleurs ou pour des services complémentaires. Vérifiez les frais et l’admissibilité auprès du programme; si vous consultez au privé, vérifiez aussi votre couverture d’assurance.

Puis-je faire la réadaptation à domicile?

Oui, certains programmes encadrent les exercices à domicile. La téléréadaptation utilise des échanges à distance pour une partie de ce suivi. Une revue de 2010 trouvait des résultats comparables entre domicile et centre chez des participants surtout à faible risque après un infarctus ou une intervention sur les artères du cœur31.

La mise à jour Cochrane de 2023 réunit 24 essais et 3 046 personnes. Tous les programmes comprenaient un suivi professionnel, en personne ou à distance; quatre utilisaient des outils numériques. Jusqu’à 12 mois, les résultats ne montraient pas de différence claire de mortalité ou de capacité à l’effort entre les deux lieux, avec une certitude limitée. La plupart des comparaisons de qualité de vie étaient aussi semblables. Les données à plus long terme restaient peu nombreuses. L’équipe vous aide à choisir selon vos risques, vos préférences et l’accès aux soins.

Quels sont les bénéfices prouvés de la réadaptation cardiaque?

La réadaptation par l’exercice peut améliorer la capacité à l’effort et la qualité de vie, et réduire certaines hospitalisations. Dans la revue de 2016 sur les maladies des artères du cœur, les risques relatifs de décès cardiovasculaire et d’admission à l’hôpital diminuaient respectivement de 26 % et de 18 %8. L’ampleur des bénéfices dépend de la maladie et du programme. Les interventions psychologiques peuvent aussi réduire l’anxiété et les symptômes dépressifs. Une revue Cochrane de 2024, regroupant 21 études et 2 591 personnes ayant une maladie des artères du cœur ou une insuffisance cardiaque, trouvait une réduction probable de ces symptômes par rapport à l’absence d’intervention psychologique. Les méthodes variaient entre les études. L’équipe adapte aussi les activités aux symptômes comme l’essoufflement ou l’angine.

Est-ce que je dois continuer l'exercice après le programme?

Oui, poursuivez un programme d’activité adapté et demandez du soutien si vous avez de la difficulté à le maintenir. L’étude de 38 personnes ayant une fibrillation auriculaire décrite plus haut trouvait une baisse de capacité physique et de certaines dimensions de qualité de vie après trois mois sans entraînement organisé11. Ce résultat ne signifie pas que tous les bénéfices dépendent uniquement de l’exercice : les médicaments, l’alimentation, le tabagisme et les autres soins restent importants. L’équipe peut vous aider à ajuster le programme après une interruption.

Quels exercices sont sécuritaires pour une personne cardiaque?

Les exercices sont choisis après une évaluation adaptée à votre état. La marche, le vélo stationnaire, l’appareil à pédales pour les bras et le renforcement sont des options courantes[32]. L’équipe fixe l’intensité, la durée et la progression. Un poids léger n’est pas automatiquement adapté à tous : les précautions après une chirurgie, les symptômes et les médicaments comptent aussi.

Que faut-il retenir de la physiothérapie cardiovasculaire?

La physiothérapie cardiovasculaire peut aider à reprendre les activités dans un programme de réadaptation adapté à votre maladie. Le programme associe exercices encadrés, information, soutien psychologique et prise en charge des facteurs de risque. Le suivi évolue de l’évaluation initiale vers une plus grande autonomie, sans modèle unique pour tous.

La recherche montre des bénéfices sur la capacité physique, la qualité de vie et, dans certaines populations, les décès cardiovasculaires8. Une publication canadienne de 2014 estimait qu’environ 34 % des personnes admissibles participaient à la réadaptation3. Ce chiffre historique ne décrit pas nécessairement l’accès actuel. L’orientation médicale, les déplacements et la compréhension de l’utilité du programme font partie des obstacles à examiner.

Notre page sur la physiothérapie présente les autres domaines de pratique. Si vous vivez avec une maladie cardiaque, discutez avec votre cardiologue du programme qui correspond à vos besoins. Les pages des centres ci-dessus permettent de vérifier les démarches et les modalités actuellement offertes.

Besoin d’un avis professionnel?

Physioactif n’offre pas de programme de réadaptation cardiaque. Pour un besoin distinct touchant vos muscles ou vos articulations, nos physiothérapeutes peuvent évaluer votre situation. Le lien de rendez-vous ci-dessous concerne ces soins; pour la réadaptation du cœur, communiquez avec votre équipe médicale.

Prendre rendez-vous

Sur quelles études cette page s'appuie-t-elle?

Cette page s’appuie sur des essais, des synthèses de recherches et des recommandations cliniques en réadaptation cardiaque. Les références ci-dessous et les liens dans le texte permettent de retrouver les sources; les pages des centres décrivent leurs programmes et leur accès.

Les références s’ouvrent dans un nouvel onglet.

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  2. Balady GJ, Williams MA, Ades PA, Bittner V, Comoss P, Foody JM, et al. Core components of cardiac rehabilitation/secondary prevention programs: 2007 update: a scientific statement from the American Heart Association Exercise, Cardiac Rehabilitation, and Prevention Committee, the Council on Clinical Cardiology; the Councils on Cardiovascular Nursing, Epidemiology and Prevention, and Nutrition, Physical Activity, and Metabolism; and the American Association of Cardiovascular and Pulmonary Rehabilitation. Circulation. 2007;115(20):2675-82. (Retour au passage : 1)
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  19. Parmenter BJ, Dieberg G, Smart NA. Exercise training for management of peripheral arterial disease: a systematic review and meta-analysis. Sports Med. 2015;45(2):231-44. (Retour au passage : 1)
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