Physiothérapie pédiatrique : Enfants et ados | Physioactif

Physiothérapie pédiatrique : Enfants et ados

Écrit par:
Philippe Paradis
Révisé scientifiquement par :
Alexis Gougeon
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En quoi la physiothérapie pédiatrique diffère-t-elle de la physiothérapie pour adultes?

La physiothérapie pédiatrique se distingue de la physiothérapie pour adultes parce qu'elle doit tenir compte de la croissance continue, des étapes du développement et des changements du corps de l'enfant. Une revue systématique recherche et évalue les études sur une question précise. Une revue de 2023 porte sur les soins qui aident les jeunes de 2 à 18 ans ayant une paralysie cérébrale à bouger et à participer aux activités. La paralysie cérébrale regroupe des troubles du mouvement liés à une atteinte du cerveau en développement. La revue conclut que le plan de traitement doit être taillé sur mesure, selon l'âge, le développement, les buts et les goûts du jeune et de sa famille1. Ce domaine de pratique répond aux besoins des enfants en développement et fait partie des différents domaines de la physiothérapie.

Chez Physioactif, nos physiothérapeutes traitent des enfants et des adolescents pour des blessures sportives et des problèmes liés à la croissance. Ils évaluent les problèmes des muscles, des os et des articulations avec des approches adaptées à l'âge et au développement.

Qu'est-ce que la physiothérapie pédiatrique?

La physiothérapie pédiatrique est un domaine de soins qui aide les enfants et les adolescents à bouger et à participer aux activités physiques2. Certains services accompagnent aussi les jeunes adultes. Ce domaine demande des connaissances sur la croissance, le développement et les problèmes de santé propres à ces âges.

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En physiothérapie pédiatrique, l'évaluation peut porter sur les habiletés motrices, les activités et le contexte de l'enfant. Une synthèse parue en 2024 décrit le même genre de bilan. Elle porte sur le trouble développemental de la coordination, soit une difficulté durable à coordonner ses mouvements. On y regarde les capacités physiques, les parties du corps concernées, les activités à la maison ou à l'école et les possibilités offertes par l'entourage3. Les interventions proposées varient selon la condition, le développement, les objectifs et la réponse observée.

Champs d'intervention principaux:

  • Évaluation des grands mouvements, comme marcher, et des gestes précis des mains, comme saisir un jouet
  • Traitement des problèmes des muscles, des os et des articulations liés à la croissance
  • Gestion des blessures sportives pédiatriques
  • Exercices et activités pour retrouver les capacités après une blessure, adaptés à l'âge
  • Travail de la force, de l'équilibre et de la coordination selon les besoins évalués
  • Préparation du retour aux entraînements et aux compétitions après une blessure

Âges ciblés: La physiothérapie pédiatrique s'adresse aux enfants et aux adolescents, de la naissance jusqu'à la fin de l'adolescence. La limite d'âge exacte dépend des milieux de soins et des besoins particuliers de chaque jeune.

Contexte Physioactif: Nos physiothérapeutes traitent les conditions pédiatriques courantes comme les blessures sportives, les problèmes de croissance et les torticolis. Pour les conditions développementales complexes (comme la paralysie cérébrale ou les retards moteurs importants), nous orientons vers des programmes pédiatriques spécialisés en milieu hospitalier.

Comment se développe le mouvement chez l'enfant?

Le développement du mouvement passe par des acquisitions comme tenir la tête, s'asseoir et marcher, à des rythmes qui varient selon l'enfant. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a suivi 816 enfants dans cinq pays. Près de 90 % ont franchi cinq des grandes étapes étudiées dans le même ordre. Le déplacement à quatre pattes faisait exception plus souvent. Les âges d'acquisition se chevauchaient beaucoup4. Ces repères aident à suivre la progression et à discuter d'une difficulté; ils ne suffisent pas à poser un diagnostic.

Première année de vie et acquisitions qui peuvent se poursuivre après 12 mois:

  • Contrôle de la tête: Tenir la tête stable lorsqu'un adulte porte le bébé est un repère de 4 mois des CDC, l'agence américaine de santé publique.
  • Rouler: Passer du ventre au dos figure parmi les repères de 6 mois des CDC.2
  • Position assise sans aide: Dans l'étude de l'OMS, la période d'acquisition allait de 3,8 à 9,2 mois pour 98 % des enfants4.
  • Déplacements au sol: Le déplacement à quatre pattes sur les mains et les genoux apparaissait entre 5,2 et 13,5 mois pour 98 % des enfants qui l'acquéraient. Certains enfants sautent cette étape.5 Parmi les 816 bébés observés par l'Organisation mondiale de la Santé, 4,3 % ne se sont jamais déplacés à quatre pattes, sur les mains et les genoux4.
  • Se tenir debout avec appui: Cette acquisition apparaissait entre 4,8 et 11,4 mois pour 98 % des enfants de l'étude de l'OMS4.

Deuxième année (12-24 mois):

  • Marche sans aide: Dans l'étude de l'OMS, 98 % des enfants ont commencé entre 8,2 et 17,6 mois. La marche peut donc débuter avant le premier anniversaire4.
  • Escaliers et course: Courir et monter quelques marches, avec ou sans aide, font partie des repères de 2 ans des CDC.
  • Ballon et préparation au saut: Donner un coup de pied dans un ballon est un autre repère de 2 ans. Le saut avec les deux pieds qui quittent le sol arrive dans les repères suivants.

Troisième année (24-36 mois):

L'équilibre bref sur un pied, le saut et la marche volontaire sur la pointe des pieds peuvent apparaître dans les jeux de cette période6. Les CDC placent le saut avec les deux pieds qui quittent le sol dans leurs repères de 30 mois. Marcher sur les pointes pour jouer se distingue d'une démarche habituelle où les talons restent soulevés.

Les repères des CDC décrivent des habiletés présentes chez au moins 75 % des enfants à l'âge indiqué. Les fenêtres de l'OMS décrivent une autre mesure, soit la période pendant laquelle 98 % des enfants observés ont acquis l'habileté. Ces deux outils ne donnent donc pas les mêmes seuils. Une préoccupation mérite une discussion, même si une habileté se situe dans une large fenêtre.

Années préscolaires (3-5 ans):

  • Sauter à cloche-pied, lancer et attraper une balle
  • Monter et descendre les escaliers de façon autonome
  • Amélioration de l'équilibre et de la coordination

Âge scolaire (6-12 ans):

  • Pratique de mouvements plus précis et de combinaisons de gestes
  • Apprentissage des gestes propres aux sports pratiqués
  • Croissance rapide (poussées de croissance)

Adolescence:

  • Les capacités motrices continuent d'évoluer selon les expériences, les activités et la personne
  • Les plaques de croissance sont des zones de cartilage, un tissu plus souple que l'os, qui permettent aux os de s'allonger. Elles se transforment progressivement en os en fin de croissance. Une équipe a observé leur fermeture chez 958 jeunes de 14 à 21,5 ans par imagerie par résonance magnétique. Cet examen produit des images détaillées de l'intérieur du corps sans rayons X. La fermeture n'arrive pas au même moment au poignet, au genou, à la cheville et au talon. Les différences observées étaient associées au sexe, à l'avancement de la puberté et à l'indice de masse corporelle, un rapport entre le poids et la taille7. La prise de masse osseuse dépend elle aussi du sexe, de l'origine et de l'avancement de la puberté. La croissance en longueur, les proportions de muscles et de graisse, l'activité physique et l'alimentation comptent également8.
  • La force et les caractéristiques osseuses évoluent selon des trajectoires individuelles

Quand demander une évaluation: Parlez à un professionnel d'une difficulté de mouvement ou de la perte d'une habileté9. Une perte d'habileté déjà acquise demande une évaluation médicale. Consulter tôt permet de rechercher la cause et d'organiser les soins adaptés. Les effets d'un traitement précoce dépendent ensuite du problème; ils ne sont pas identiques pour tous les retards de développement. NICE, un organisme britannique qui prépare des guides de soins, distingue dans ses recommandations pour les enfants les difficultés de développement des signes qui demandent des soins immédiats, précisés plus bas.

Quelles sont les conditions pédiatriques courantes traitées en physiothérapie?

La physiothérapie peut traiter le torticolis musculaire congénital et accompagner les enfants qui marchent sur la pointe des pieds ou qui ont une maladie d'Osgood-Schlatter ou de Sever. L'évaluation détermine les soins utiles et les situations qui demandent un avis médical.

Torticolis congénital musculaire

Le torticolis congénital musculaire se manifeste par une tête penchée d'un côté et tournée de l'autre. Il est lié au raccourcissement d'un sternocléidomastoïdien, un muscle qui relie le sternum et la clavicule à la base du crâne, derrière l'oreille10. L'Academy of Pediatric Physical Therapy, un regroupement américain de physiothérapeutes en pédiatrie, a publié un guide pour évaluer et traiter ce torticolis10. Les recommandations de 2018 ont été mises à jour en 2024. Une revue publiée en 2024 rapporte des estimations de fréquence de 0,2 % à 2 % des nouveau-nés11. Ces estimations varient entre les études et ne constituent pas un taux universel.

Signes caractéristiques:

  • Tête inclinée d'un côté, menton tourné du côté opposé
  • Difficulté à tourner la tête complètement
  • Préférence pour regarder ou se nourrir d'un seul côté
  • Possibilité de sentir une petite masse dans le muscle (« bosse du torticolis »)

Traitement en physiothérapie:

Le guide de 2018 décrit des soins adaptés à l'évaluation10. Le guide de 2024 conserve cinq composantes des soins à proposer en premier : étirer doucement le cou lorsque sa mobilité est limitée, faire bouger activement le cou et le corps, encourager des mouvements semblables à droite et à gauche, adapter l'environnement et informer les parents. Le plan peut comprendre les moyens suivants :

  • Mobilisation des tissus mous, par exemple un massage doux des muscles du cou, si elle convient à la situation
  • Étirements passifs du cou, où l'adulte guide doucement la tête du bébé, selon les gestes enseignés par le physiothérapeute
  • Le physiothérapeute choisit les directions de mouvement, les répétitions et la durée selon l'évaluation. Une revue de 2024 sur le torticolis congénital musculaire rapporte des bénéfices pour trois moyens. Le premier est le travail des tissus mous, soit un massage doux des muscles du cou. Le deuxième est l'étirement passif, où l'adulte bouge la tête du bébé à sa place. Le troisième est la thérapie manuelle, un ensemble de mobilisations, de massages et d'étirements faits avec les mains. Le gain portait surtout sur l'amplitude de rotation, soit jusqu'où la tête tourne d'un côté à l'autre11. Une autre revue, parue en 2023, juge que les nouvelles études permettent de renforcer le niveau de recommandation des exercices de mobilité passive du cou12. Les répétitions et la durée varient d'une étude à l'autre.
  • Courtes périodes sur le ventre lorsque le bébé est éveillé, sous surveillance, adaptées à sa tolérance. Pour dormir, le bébé reste sur le dos.
  • Jeux qui font tourner activement la tête et bouger les deux côtés du corps, avec un placement adapté des jouets
  • Conseils aux parents sur les positions et les activités à la maison. Une synthèse sur le torticolis et la plagiocéphalie positionnelle, soit une tête aplatie d'un côté, soutient ces conseils. Pour le torticolis, elle rapporte aussi des gains de mobilité avec les étirements pratiqués par un professionnel, avec une confiance modérée dans les résultats. Les façons de mesurer les effets et de donner les soins varient, ce qui limite le classement des traitements et le choix d'une durée universelle13

Quand demander une évaluation: Une tête qui reste inclinée ou tourne surtout d'un côté mérite une évaluation rapide14. Le guide recommande une orientation dès que cette asymétrie est repérée. Dans une étude de 980 enfants, les durées de traitement rapportées étaient de 1,5 mois pour un début avant un mois de vie et de 5,9 mois pour un début entre un et trois mois. Cette association soutient la consultation précoce, sans garantir ces délais à chaque bébé. Les étirements doivent rester doux : arrêtez le geste si le bébé résiste, semble avoir mal, change de couleur ou respire différemment, puis faites réévaluer la technique. Ces précautions figurent dans le guide de 2024. Consultez aussi notre guide sur le torticolis congénital.

Marche sur la pointe des pieds

La marche sur la pointe des pieds idiopathique se définit par une démarche persistante sur l'avant-pied sans cause médicale identifiable15. Le terme idiopathique signifie qu'aucune cause n'a été trouvée après avoir recherché les autres explications possibles. Cette description vise des enfants sans cause médicale identifiée qui marchent encore sur les orteils après l'âge où la marche talon-pointe est attendue. La marche sur la pointe des pieds sans cause médicale se rencontre chez une partie des enfants d'âge préscolaire, et sa fréquence rapportée varie selon les études. En Suède, 1 436 enfants de cinq ans et demi ont été évalués au même âge. Parmi eux, 2,1 % marchaient encore sur l'avant du pied, et 4,9 % l'avaient fait à un moment ou à un autre16. Une autre équipe a fait le tour des travaux publiés sur la question. Elle rappelle que les données restent limitées, tant sur la fréquence que sur le classement de cette démarche17.

Caractéristiques:

  • Marche habituelle sur l'avant-pied, talons ne touchant pas le sol
  • Absence de cause identifiée au niveau du système nerveux, des muscles, des os ou des articulations après l'évaluation
  • La mobilité de la cheville, y compris le mouvement du pied vers le tibia, peut varier d'un enfant à l'autre. Une revue Cochrane portant sur la marche idiopathique sur la pointe des pieds acceptait dans ses études des enfants avec ou sans limitation de ce mouvement15

Approches thérapeutiques:

Les études ne permettent pas de choisir un même traitement pour tous les enfants qui marchent sur les pointes. La revue Cochrane de 2019 a retenu quatre études, mais une seule, auprès de 47 enfants, fournissait des données utilisables pour sa comparaison. Elle comparait le plâtre seul au plâtre avec injection de toxine botulinique, un produit qui relâche temporairement le muscle. Le bénéfice supplémentaire de l'injection reste très incertain15. Le choix entre observation, exercices, orthèses, c'est-à-dire des supports portés dans la chaussure ou autour de la cheville, et autres soins dépend de l'âge, des symptômes et des objectifs.18

Certains résultats sont favorables aux orthèses, mais restent limités. Dans un essai de 18 enfants, un support qui monte autour de la cheville et une semelle rigide placée sous le pied ont amélioré les mouvements de marche pendant leur port. Après six semaines, les gains mesurés immédiatement sans appareil persistaient dans le groupe avec la semelle, mais pas dans le groupe avec le support de cheville. Ce petit essai ne tranche pas leur effet durable. La revue de 2024 rassemble aussi des études chez des enfants ayant des causes différentes de marche sur les pointes; leurs résultats ne s'appliquent donc pas tous à la forme idiopathique18.

Exercices et conseils parfois proposés, avec des effets propres encore incertains dans la marche idiopathique sur les pointes:

  • Étirements des muscles du mollet, lorsque la mobilité le justifie
  • Exercices pour renforcer les muscles qui relèvent le pied vers le tibia
  • Pratique de la marche avec des consignes adaptées pour poser le talon
  • Éducation parentale sur les chaussures appropriées

Maladie d'Osgood-Schlatter

La maladie d'Osgood-Schlatter provoque une douleur sur la petite bosse osseuse à l'avant du tibia, juste sous le genou19. Cette bosse s'appelle la tubérosité tibiale. Un tendon est une bande de tissu résistante qui transmet la force d'un muscle à un os. Au genou, le tendon qui relie la rotule, le petit os à l'avant du genou, au tibia tire sur cette zone de croissance. L'irritation liée à ces tractions répétées porte le nom d'apophysite de traction20. Une revue de 2007 décrit surtout des garçons de 12 à 15 ans et des filles de 8 à 12 ans, avec douleur, gonflement et sensibilité à cet endroit20. Ces âges sont des repères, pas des critères qui excluent un enfant plus jeune ou plus vieux. Notre guide sur la maladie d'Osgood-Schlatter détaille l'évaluation et le traitement.

Mécanisme de la condition:

L'explication la plus acceptée est la traction répétée du tendon du genou sur la petite zone de croissance située juste sous la rotule, à l'avant du tibia21. Cette explication générale ne permet pas d'identifier une cause unique chez un enfant.

Éléments du contexte à évaluer:

  • Sports pratiqués et fréquence des sauts
  • Course, changements de direction et autres gestes pratiqués
  • Évolution récente de la croissance et du volume d'activité
  • Force, mobilité et tolérance aux activités

Prise en charge en physiothérapie:

L'évaluation décrit les symptômes, les activités limitées, la force, la mobilité et la réponse du genou aux efforts. Ces observations servent à adapter les activités et les exercices22.

La physiothérapie peut accompagner la gestion des symptômes, le travail de la force et de la mobilité, ainsi que le retour graduel aux activités23. Une revue rapporte qu'environ 90 % des personnes vont mieux sans chirurgie, avec du repos, de la glace, des activités adaptées et des exercices20. Une autre décrit l'évaluation en physiothérapie, les moyens de soulager la douleur et les exercices d'étirement22. Ces résultats concernent un ensemble de soins; ils ne permettent pas d'isoler la part de chaque intervention.

Évolution:

La maladie d'Osgood-Schlatter se règle généralement avec la fin de la croissance de cette zone du tibia20. Une minorité de jeunes garde toutefois une gêne, notamment à genoux, ou des limites dans ses activités19. Les soins visent surtout à soulager les symptômes et à adapter les activités pendant cette période. Chez un adulte qui garde des symptômes malgré les soins sans chirurgie, une opération peut parfois être envisagée19.

Maladie de Sever (apophysite calcanéenne)

La maladie de Sever touche une zone de croissance de l'os du talon, le calcanéum. Elle fait partie, avec la maladie d'Osgood-Schlatter, des douleurs liées aux sollicitations répétées des jambes chez les jeunes24. Elle peut être évoquée devant une douleur au talon pendant la croissance, particulièrement chez un enfant actif. Une revue systématique décrit la maladie de Sever comme une blessure de surutilisation. Elle provoque une douleur au talon qui peut limiter la marche et le sport25. Une autre revue, portant sur 11 études et 1 265 jeunes, compte l'âge et la pratique sportive parmi les facteurs étudiés26. Les études se contredisent toutefois entre elles: le sport est un facteur associé, pas une cause démontrée chez chaque enfant. L'évaluation tient compte des activités, des symptômes et des autres causes possibles de douleur au talon27.

Traitement physiothérapeutique:

La prise en charge peut inclure l'adaptation temporaire des activités, des explications et des exercices ajustés aux symptômes. Les étirements du mollet peuvent faire partie du plan si une limitation de mouvement le justifie; leur effet isolé sur cette douleur reste incertain27. Une revue Cochrane de 2026 conclut, avec une confiance modérée, que les orthèses plantaires et les talonnettes donnent peu ou pas de différence de douleur ou de capacité à faire les activités à court terme chez les enfants ayant une maladie de Sever. Elle ne comparait pas ces deux moyens à l'absence de soin. La plupart des autres comparaisons reposent sur des preuves de faible ou très faible certitude28. Une revue de 2013 rapportait des résultats limités favorables aux orthèses comparées aux talonnettes pour la douleur à court terme. Le petit nombre d'études et leurs différences empêchaient un regroupement fiable29.

Options à adapter avec le professionnel:

  • Adaptation temporaire de certaines activités, selon les symptômes et les activités possibles
  • Glace parfois utilisée pour un soulagement temporaire, sans effet démontré sur l'évolution
  • Talonnettes, qui relèvent le talon dans la chaussure, ou autres supports adaptés à la situation
  • Exercices choisis selon la force, la mobilité, les activités et la réponse de l'enfant
  • Reprise des activités discutée selon les symptômes, les capacités et les exigences du sport

Pour en savoir plus sur la gestion de la douleur au talon et à la cheville chez les jeunes, consultez notre guide sur la douleur au pied et à la cheville.

Quels sont les enjeux de croissance chez les jeunes athlètes?

La croissance des os expose les jeunes athlètes à des blessures particulières des zones où l'os s'allonge ou reçoit la traction d'un tendon. Les blessures de ces attaches restent moins fréquentes que l'ensemble des blessures sportives chez les adolescents. Une revue souligne que leurs facteurs de risque et leur prévention restent mal connus; elles perturbent rarement la croissance à long terme30. Une poussée de croissance ne permet donc pas, à elle seule, de prédire une blessure.

Plaques de croissance et risque de blessure:

Les plaques de croissance sont des zones de cartilage situées près des extrémités des os longs. Elles participent à la croissance osseuse en longueur. Une revue décrit les plaques de croissance comme la principale zone d'allongement de l'os chez l'enfant31. Une douleur après une chute, un choc ou des efforts répétés doit être évaluée en tenant compte de ces zones.

Types de blessures liées à la croissance:

  • Apophysites de traction: Irritations d'une zone de croissance où s'attache un tendon, comme dans les maladies d'Osgood-Schlatter et de Sever. Le cartilage de cette zone se transforme progressivement en os pendant la croissance32
  • Fractures de la plaque de croissance: Blessures qui nécessitent une évaluation après un choc, une chute ou des efforts répétés. La plaque de croissance est la structure la plus fragile du squelette encore en développement. Une blessure à cet endroit peut perturber l'ossification, soit la fabrication de l'os, et nuire à la croissance33
  • Ostéochondroses: Terme regroupant différentes conditions qui peuvent toucher des zones de croissance de l'os
  • Avulsions apophysaires: Arrachement d'un fragment d'os à l'endroit où s'attache un muscle, par son tendon. Une revue portant sur les arrachements du bassin décrit un accident qui touche surtout de jeunes sportifs. Il se produit lors d'une forte contraction musculaire, pendant que les plaques de croissance sont encore ouvertes34

Éléments du contexte à décrire:

  • Sports pratiqués au cours de l'année
  • Évolution récente du volume ou de l'intensité d'entraînement
  • Force, mobilité et tolérance aux efforts
  • Gestes sportifs et situations qui déclenchent les symptômes
  • Équipement utilisé et surfaces de pratique

Poussées de croissance:

Les apophysites surviennent pendant la croissance, mais aucun mécanisme unique ne permet d'expliquer leur apparition chez un jeune. La croissance récente et l'évolution de l'entraînement font partie du contexte à évaluer.

Gestion des activités:

  • Échauffement adapté aux exigences de l'activité
  • Étirements retenus seulement lorsqu'ils répondent à un objectif évalué
  • Renforcement progressif adapté aux objectifs et à la tolérance
  • Récupération ajustée aux symptômes, aux activités et au calendrier sportif
  • Choix des activités selon les intérêts, les objectifs et la situation du jeune
  • Suivi des symptômes pour guider l'adaptation des activités

Rôle du physiothérapeute:

Les physiothérapeutes peuvent évaluer les symptômes, les activités et les capacités pertinentes pour la situation. Ils peuvent aussi discuter avec la famille et l'équipe sportive des ajustements temporaires et d'une reprise graduelle. Pour en savoir plus sur notre approche en thérapie manuelle, consultez notre guide complet.

Pour en savoir plus sur la prise en charge de la douleur au genou chez les jeunes sportifs, consultez notre guide de physiothérapie pour la douleur au genou.

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Comment fonctionne l'approche par le jeu en physiothérapie pédiatrique?

Le jeu permet au physiothérapeute de proposer des mouvements à pratiquer dans une activité qui intéresse l'enfant.35 Un document de consensus est un texte où des spécialistes du domaine s'entendent sur une façon de faire. Un tel document décrit l'usage fréquent du jeu en physiothérapie pédiatrique. Il recommande d'ajuster l'activité à l'enfant, à son état, à ce qu'il propose lui-même, à son entourage et à sa famille35. Il décrit une approche proposée, sans comparer son efficacité à d'autres façons de faire. Le jeu offre des occasions de se motiver, de participer, d'explorer, de répéter des gestes et d'essayer des variantes36.

Principes de l'approche par le jeu:

Le jeu peut servir de contexte pour proposer des activités adaptées aux intérêts, aux besoins et au développement de l'enfant37. Le physiothérapeute peut suivre une initiative de l'enfant ou proposer une activité plus structurée. Il ajuste son choix aux objectifs et à la réponse de l'enfant.

Bénéfices du jeu:

Le jeu peut servir de contexte pour pratiquer des mouvements, explorer et participer aux activités thérapeutiques. Les travaux cités ne mesurent pas le gain attribuable au jeu seul, indépendamment des exercices et des autres soins.35

Trois exemples d'utilisation du jeu en thérapie:

Le physiothérapeute peut utiliser le jeu pour les buts suivants:

  1. Encourager la participation: Proposer un jeu qui donne envie à l'enfant de prendre part à la séance
  2. Pratiquer un mouvement: Attraper un jouet, par exemple, pour travailler l'équilibre en position assise
  3. Apprendre à jouer: Aider l'enfant à utiliser un jouet ou à participer à un jeu avec les autres38

Nouvelles habiletés motrices:

Le jeu offre des occasions de pratiquer et d'explorer des mouvements36. Dans une étude fondée sur des entretiens et des vidéos de séances, 14 physiothérapeutes travaillant avec des enfants de 0 à 3 ans décrivaient ces occasions d'apprendre et d'essayer de nouvelles façons de bouger36. Cette étude décrit leur expérience. Elle ne mesure pas l'effet du jeu seul sur l'acquisition des habiletés.

Exemples d'activités ludiques thérapeutiques:

  • Pour l'équilibre: Jeux de « statues musicales », parcours d'obstacles
  • Pour la force: Grimper sur des structures de jeu, tirer/pousser des jouets
  • Pour la coordination: Lancer et attraper des ballons colorés, jeux de poursuite
  • Pour la motricité fine: Pâte à modeler, bricolage, jeux de construction

Difficultés pendant le jeu:

Les physiothérapeutes interrogés décrivent des moments où il est difficile d'intéresser l'enfant ou de maintenir le jeu36. Ils peuvent changer de jouet, laisser plus de temps ou ajuster la difficulté selon les réactions de l'enfant36.

Facteurs à considérer pour choisir une activité:

  • Confort et exploration: Le choix d'une activité ne repose pas sur l'âge seul
  • Intérêts de l'enfant: Une activité peut être choisie selon ce qui retient son attention
  • Capacités actuelles: La difficulté peut être ajustée selon les habiletés observées
  • Activités visées: Les activités peuvent être reliées aux mouvements que l'enfant souhaite pratiquer
  • Réponse observée: Le choix et la difficulté sont réévalués selon ce qui se passe pendant l'activité

Implication parentale:

Selon la situation, le physiothérapeute peut proposer à la famille des activités à reprendre à domicile. Certaines peuvent prendre la forme d'un jeu pour faciliter leur intégration à la routine. La fréquence et les objectifs sont adaptés avec le physiothérapeute, sans attribuer le succès à l'implication parentale seule.

Quand consulter un physiothérapeute pour votre enfant?

Il faut consulter un physiothérapeute lorsque des difficultés de mouvement, une douleur persistante ou les suites d'une blessure limitent les activités de l'enfant ou préoccupent sa famille. Certains signes demandent aussi un avis médical. Les exemples suivants servent à préparer la discussion; ils ne suffisent pas à poser un diagnostic.

Exemples d'observations à décrire chez le nourrisson:

  • Préférence marquée pour un seul côté (toujours tourner la tête du même côté)
  • Peu de progression du contrôle de la tête
  • Peu de progression des changements de position
  • Difficulté persistante à maintenir une position assise adaptée à son développement
  • Asymétrie dans les mouvements des bras ou des jambes
  • Muscles qui semblent inhabituellement raides ou relâchés au repos, ce qu'on appelle le tonus musculaire

Signes à surveiller chez le jeune enfant (1-3 ans):

  • Peu de progression vers la marche indépendante
  • Marche persistante sur la pointe des pieds qui préoccupe la famille ou limite les activités
  • Chutes fréquentes ou maladresse excessive
  • Difficulté persistante à monter les escaliers par rapport aux autres habiletés motrices
  • Asymétrie dans la démarche ou les mouvements

Exemples d'observations à décrire chez l'enfant d'âge scolaire:

  • Douleur persistante aux genoux, talons ou autres articulations
  • Évitement des activités physiques
  • Diminution des performances sportives
  • Douleur ou fatigue qui revient toujours dans la même région, par exemple au cou ou aux épaules, quand l'enfant est assis longtemps
  • Difficultés d'équilibre ou de coordination comparativement aux enfants du même âge

Exemples d'observations à décrire chez l'adolescent:

  • Douleur persistante ou récurrente, sans cause présumée
  • Blessure sportive récente
  • Douleurs récurrentes dans la même région
  • Difficulté à faire les activités quotidiennes ou sportives

Situations qui peuvent être discutées avec un professionnel:

  • Après une blessure, comme une entorse d'un ligament ou une fracture d'un os
  • Acquisition plus tardive de certaines habiletés de mouvement
  • Problème de santé reconnu qui demande des exercices ou des activités pour retrouver ou développer des capacités
  • Questions sur la reprise d'un sport après une blessure
  • Douleurs persistantes pendant la croissance
  • Recommandation du médecin ou pédiatre

Repères qui demandent une évaluation médicale: NICE recommande une orientation vers les services de développement si un bébé ne tient pas assis sans aide à 8 mois, si une fille ne marche pas sans aide à 15 mois ou un garçon à 18 mois. Une préférence nette pour une main avant un an mérite aussi cette orientation. Pour un enfant né prématurément, on utilise l'âge corrigé, calculé à partir de la date prévue de naissance. Une perte d'habileté déjà acquise demande une évaluation médicale, sans attendre la prochaine séance de physiothérapie.

Quand demander des soins immédiats: Une faiblesse soudaine, ou qui augmente en quelques heures ou quelques jours, d'un bras, d'une jambe ou du visage demande une évaluation immédiate. Il en va de même pour une nouvelle anomalie de la marche. Une position anormale du cou après une blessure à la tête ou au cou demande une évaluation à l'urgence. Une faiblesse qui progresse plus lentement demande un avis médical urgent. Ces situations sont distinctes des repères de développement : consultez les recommandations de NICE pour les enfants.

À quoi s'attendre lors de la première visite:

L'évaluation initiale comprend généralement:

  • Discussion sur le développement, les problèmes de santé passés et présents et les activités
  • Observation des mouvements et des activités que l'enfant peut faire
  • Tests de force, de souplesse, d'équilibre et de coordination
  • Évaluation de la posture et de la démarche
  • Établissement d'objectifs avec l'enfant et les parents
  • Plan de traitement personnalisé

Approche adaptée à l'âge:

Les physiothérapeutes adaptent leurs explications et leurs évaluations à l'âge de l'enfant. Une revue de portée recense ce qui a été publié sur un sujet. Une revue de 2024 décrit des façons de faire participer l'enfant à l'évaluation et au choix des objectifs, comme donner des explications claires et proposer des activités qu'il peut réussir39. Une synthèse sur la paralysie cérébrale recommande aussi des soins ajustés à l'âge et au développement1. Chez un jeune enfant, le physiothérapeute peut observer les mouvements pendant le jeu. Chez un adolescent, il peut discuter directement des objectifs et des attentes. Le niveau de communication de l'enfant guide aussi cette adaptation.

Quelles sont les questions fréquemment posées sur la physiothérapie pédiatrique?

Les questions fréquentes sur la physiothérapie pédiatrique concernent l'adaptation à l'âge, la présence des parents, la durée des soins, l'inconfort, la poursuite du sport, les activités entre les séances et l'âge du début des soins.

Quelle est la différence entre la physiothérapie pédiatrique et la physiothérapie pour adultes?

La physiothérapie pédiatrique adapte l'évaluation, les explications et les activités au développement et aux besoins de l'enfant. La famille peut participer au choix des objectifs et à certaines activités à domicile selon la situation, sans que son implication détermine à elle seule le succès.

Mon enfant doit-il être présent à chaque séance ou les parents peuvent-ils venir seuls?

La présence de l'enfant ou du parent dépend de l'objectif de la séance, de l'âge, de l'autonomie et du type d'évaluation nécessaire. Le physiothérapeute précise avec la famille ce qui est requis pour chaque rencontre.

Combien de temps durent les traitements en physiothérapie pédiatrique?

La durée dépend du problème traité et de la progression de l'enfant. Pour donner un repère concret, une étude de 45 nourrissons ayant un torticolis musculaire congénital rapportait une durée moyenne de 3,2 mois. Ces enfants avaient commencé les soins tôt; ce résultat ne prédit pas la durée pour les autres enfants ou les autres problèmes. Le physiothérapeute fixe avec vous des objectifs observables et réévalue la progression pour adapter la suite.

Est-ce que la physiothérapie fait mal pour les enfants?

La tolérance varie selon la condition, l'activité et l'enfant. Certaines activités peuvent être inconfortables et doivent être ajustées selon la réponse observée. Le jeu peut être intégré lorsque cela correspond aux intérêts et aux objectifs de l'enfant, sans garantir que toute séance sera agréable. Signalez une douleur importante, inhabituelle ou qui persiste afin que l'approche soit réévaluée.

Mon enfant peut-il continuer le sport durant le traitement physiothérapique?

La possibilité de continuer un sport dépend des symptômes, des capacités de l'enfant, de la condition évaluée et des exigences de l'activité. Certaines activités peuvent être adaptées, réduites ou interrompues temporairement selon la réponse de l'enfant; une activité différente se teste au cas par cas.

Comment puis-je aider mon enfant entre les séances de physiothérapie?

Le physiothérapeute peut vous proposer des activités à reprendre entre les séances. Leur fréquence dépend de la condition, des objectifs, de la tolérance de l'enfant et de la routine familiale. Certaines activités peuvent être transformées en moments de jeu pour soutenir la participation. Les recommandations concernant le positionnement, les activités ou l'équipement sont adaptées à la situation.

À quel âge peut-on commencer la physiothérapie?

La physiothérapie peut débuter dès la naissance si nécessaire. Le dépistage et le traitement précoces du torticolis congénital, par exemple, commencent souvent dans les premières semaines de vie. Le guide de pratique de 2018 décrit une déformation visible peu après la naissance. Il conseille d'orienter l'enfant en physiothérapie dès que les asymétries sont repérées10. Dans l'étude de 45 nourrissons suivis au fil du temps, la première évaluation avait lieu en moyenne à 38,6 jours de vie40. Le moment des soins reste adapté aux besoins de chaque nourrisson. Une évaluation peut se faire dès qu'une préoccupation apparaît. L'intérêt et le moment d'une intervention dépendent de la condition et de la situation de l'enfant. N'hésitez jamais à consulter si vous avez des préoccupations concernant le développement moteur de votre enfant, même très jeune.

Que faire si votre enfant a besoin de physiothérapie?

Les parents peuvent prendre rendez-vous pour une évaluation, décrire leurs préoccupations et convenir d'un plan avec le physiothérapeute. Une douleur persistante, une difficulté de mouvement ou une progression qui vous inquiète peut justifier cette démarche. Les signes urgents décrits plus haut demandent d'abord les soins médicaux indiqués.

Le plan est discuté avec vous et votre enfant selon les symptômes, les capacités, les contraintes et les activités visées, sans garantir un résultat précis.

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Références

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