Comprendre les os | Physioactif

Comprendre les os

Écrit par:
Alexis Gougeon
Révisé scientifiquement par :
Ariel Desjardins Charbonneau
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Une fracture soulève souvent des questions sur la guérison, la solidité de l’os et le retour aux activités. Les fractures touchent tous les âges, mais leur fréquence et leur localisation changent au cours de la vie. Une grande étude britannique a confirmé ces différences selon l’âge et le sexe, sans permettre de prédire le risque d’une personne à partir de ces seuls facteurs.1

Les os sont des tissus vivants qui se renouvellent et peuvent réparer une fracture. La consolidation, c’est-à-dire la réparation qui réunit les fragments osseux, dépend notamment de l’os atteint, de la stabilité de la fracture et du traitement. L’équipe soignante suit cette réparation par l’examen et, au besoin, les images radiologiques.

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Quatre points à retenir sur les os :

  • Les os se renouvellent constamment : Votre squelette se renouvelle grâce au remodelage osseux, qui remplace l'os ancien par de l'os nouveau tout au long de la vie.2
  • L’exercice peut améliorer la densité osseuse : La densité osseuse mesure la quantité de minéraux dans une région de l’os. Une revue de 162 essais avec répartition aléatoire des participants rapporte des gains faibles à modérés dans plusieurs régions du squelette, mais pas dans toutes. Les résultats varient selon les exercices et les populations. Cette revue ne détermine pas un programme idéal valable pour tous.3
  • La guérison est un processus actif : Une fracture peut guérir avec un cal visible, c'est-à-dire un manchon de réparation qui se forme autour du trait de fracture et qui durcit avec le temps, ou directement sous une fixation rigide, quand une plaque ou des vis tiennent les fragments serrés sans qu'ils bougent. La forme et la solidité finales varient selon la fracture, son alignement, sa stabilité, le traitement et la personne.4, 5
  • La physiothérapie soutient la récupération : Une revue de 26 études chez des adultes d’âge moyen de 50 ans ou plus après une fracture de fragilité, survenue lors d’un choc léger, rapporte des améliorations des capacités quotidiennes et de la douleur avec l’exercice. Les résultats sur la force et l’équilibre sont moins constants. Les programmes sont adaptés à la fracture et aux restrictions médicales.6

Pour connaître les soins offerts après une blessure osseuse, consultez notre guide complet sur la physiothérapie.


Qu'est-ce que les os?

Les os sont des organes vivants qui soutiennent le corps, protègent des organes et abritent la moelle osseuse. Ils contiennent des cellules, des vaisseaux sanguins et une matière solide appelée matrice. Cette matrice associe du collagène, une protéine en fibres, à des cristaux riches en calcium et en phosphate appelés hydroxyapatite.7

Le squelette humain compte habituellement 206 os à l’âge adulte et environ 270 à la naissance. Plusieurs os fusionnent pendant la croissance; certaines variations anatomiques modifient aussi ce nombre.8

Les fibres de collagène permettent à l’os de se déformer légèrement et d’absorber de l’énergie avant de céder. Les minéraux contribuent à sa rigidité et à sa résistance. L’eau présente dans le tissu influence aussi ces propriétés. L’organisation de ces composants permet à l’os de résister aux efforts tout en gardant une certaine souplesse.9

Le remodelage du tissu osseux fait notamment intervenir trois types de cellules spécialisées :

  • Ostéoblastes : Cellules qui fabriquent la matrice du nouvel os, puis participent à sa minéralisation, l’accumulation de minéraux qui la durcit10
  • Ostéoclastes : Cellules qui résorbent (détruisent) l'ancien tissu osseux, c'est-à-dire qu'elles le défont morceau par morceau, d'abord la partie minérale qu'elles dissolvent, puis la trame de collagène qu'elles digèrent10
  • Ostéocytes : cellules intégrées dans l’os qui détectent les efforts appliqués au tissu et transmettent des signaux aux autres cellules osseuses10

Le remodelage remplace de petites zones d’os ancien ou endommagé. Ce renouvellement entretient le tissu et contribue à son adaptation aux efforts. Un déséquilibre durable entre la quantité retirée et la quantité reconstruite peut toutefois fragiliser les os. Le cycle de remodelage repose sur la coordination de plusieurs cellules11.


Comment sont structurés les os?

Les os comprennent une couche externe dense, l’os cortical, et un réseau interne de petites pièces osseuses, l’os trabéculaire. Les espaces entre ces pièces et les cavités osseuses contiennent la moelle. La répartition de ces deux structures varie selon l’os.12

Structure en couches

Os cortical : L’os cortical, aussi appelé os compact, forme l’enveloppe solide de l’os.

Os trabéculaire : L’os trabéculaire, aussi appelé os spongieux, forme un réseau de fines pièces osseuses. Il est particulièrement présent dans les vertèbres, les os de la colonne, et aux extrémités des os longs.

Entre chaque vertèbre, ce sont plutôt les disques entre les vertèbres qui absorbent les chocs et protègent la colonne.

Les espaces du réseau trabéculaire rendent cette structure plus poreuse que l’os cortical. La quantité de chaque type d’os change selon la région examinée. Le chapitre sur la structure du tissu osseux décrit ces différences13.

La moelle osseuse

Moelle osseuse : Ce tissu mou occupe les cavités de nombreux os. Il comprend des régions rouges et des régions jaunes.

  • Moelle rouge : Elle produit les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes. Cette production s’appelle l’hématopoïèse.14
  • Moelle jaune : moelle principalement riche en cellules graisseuses, surtout présente dans la cavité de nombreux os longs chez l'adulte.15

Le périoste

Le périoste est une enveloppe qui recouvre l’extérieur des os, sauf notamment les surfaces qui se rencontrent dans les articulations. Il contient des vaisseaux sanguins, des nerfs et des cellules capables de participer à la formation osseuse. Le périoste contribue à la croissance en épaisseur et à la réparation après une fracture.16

Cette structure complexe en plusieurs couches permet aux os de remplir leurs multiples fonctions tout en s'adaptant continuellement aux besoins du corps.


À quoi servent les os dans le corps humain?

Les os soutiennent le corps, protègent des organes, permettent le mouvement avec les muscles, abritent la production des cellules sanguines et servent de réserve de minéraux. Les échanges entre les os et le sang participent aussi au maintien du taux de calcium.8

Pour situer ces fonctions dans l’ensemble du système, notre guide sur l’anatomie du corps humain explique comment les os, les muscles et les articulations travaillent de concert.

1. Soutien structurel

Le squelette constitue la charpente rigide sur laquelle reposent tous les tissus mous du corps. Sans cette structure osseuse, le corps humain ne pourrait pas se tenir debout ni maintenir sa forme. Les os longs des jambes, par exemple, supportent l'ensemble du poids corporel pendant la marche et la course.

2. Protection des organes vitaux

Plusieurs os forment des structures protectrices autour des organes les plus vulnérables :

  • Le crâne protège le cerveau des chocs
  • La cage thoracique (côtes et sternum, l’os au milieu de la poitrine) protège le cœur et les poumons
  • Les vertèbres, les os de la colonne, protègent la moelle épinière, le cordon nerveux qui relie le cerveau au reste du corps
  • Le bassin protège les organes de la reproduction et une partie du système digestif

3. Facilitation du mouvement

Les muscles tirent sur les os par les tendons, les bandes de tissu qui les relient. Les articulations, où les os se rencontrent, permettent les mouvements produits par cette traction.

4. Production de cellules sanguines (hématopoïèse)

La moelle osseuse rouge produit tous les types de cellules sanguines :

  • Globules rouges (érythrocytes) : transportent l'oxygène
  • Globules blancs (leucocytes) : défendent contre les infections
  • Plaquettes (thrombocytes) : participent à la formation des caillots qui arrêtent les saignements

La moelle rouge fournit un milieu où les cellules sanguines se forment et mûrissent avant de rejoindre la circulation. La structure des cavités osseuses permet d’abriter ce tissu13.

5. Stockage de minéraux

Les os stockent du calcium et du phosphore. Ces minéraux peuvent être libérés dans le sang lorsque le corps en a besoin. Le calcium participe notamment aux contractions musculaires, aux messages nerveux et à la formation des caillots sanguins. Son taux dans le sang dépend aussi de l’absorption par l’intestin et de l’élimination par les reins.17

6. Régulation des échanges de calcium

Des hormones, des messagers transportés dans le sang, règlent ces échanges. La parathormone aide à augmenter le calcium sanguin lorsque son taux baisse. Le calcitriol, la forme active de la vitamine D, favorise notamment son absorption par l’intestin.17


Comment les os se renouvellent-ils?

Les os se renouvellent grâce au remodelage : les ostéoclastes retirent du tissu ancien et les ostéoblastes fabriquent du tissu nouveau. Ces étapes se déroulent dans de nombreuses petites zones du squelette.

Pendant la croissance, la formation de tissu osseux dépasse sa résorption, c’est-à-dire la quantité retirée. Le squelette gagne ainsi de la masse.18 Plus tard, le vieillissement peut déséquilibrer ce renouvellement et favoriser une perte osseuse. La baisse des hormones sexuelles, notamment après la ménopause, y contribue. La revue sur le vieillissement osseux décrit aussi d’autres mécanismes19.

Le cycle de remodelage

Le remodelage osseux est décrit en plusieurs phases qui se chevauchent2 :

Phase 1 : Activation. Des signaux liés aux contraintes mécaniques ou aux hormones déclenchent le renouvellement d’une petite zone. Des cellules encore capables de changer de fonction se transforment alors en ostéoclastes.

Phase 2 : Résorption. Les ostéoclastes se fixent à la surface osseuse. Ils dissolvent les minéraux et dégradent les protéines, ce qui creuse une petite cavité.

Phase 3 : Transition. La résorption ralentit et des signaux favorisent l’arrivée et la maturation des cellules qui formeront le nouvel os. Cette coordination relie le retrait du vieux tissu à sa reconstruction.

Phase 4 : Formation. Les ostéoblastes déposent une matrice riche en collagène, puis des minéraux s’y accumulent. Certaines de ces cellules deviennent des ostéocytes intégrés au tissu. Le cycle se termine ensuite par une période de repos de cette surface, jusqu’à une nouvelle activation.

Régulation du remodelage

Le remodelage osseux est régulé par plusieurs facteurs20 :

  • Contraintes mécaniques : Les efforts transmis par le poids du corps et les muscles participent à l’adaptation osseuse. À l’inverse, les séjours en apesanteur entraînent souvent une perte osseuse dans les régions habituellement chargées, surtout les membres inférieurs. L’ampleur dépend notamment du site et de la durée.21
  • Hormones : Les œstrogènes freinent notamment la résorption excessive. La parathormone et la vitamine D active participent aussi aux échanges de calcium et au renouvellement.
  • Vitamine D et calcium : Le calcium entre dans les cristaux qui durcissent l’os. La vitamine D aide l’intestin à absorber ce calcium.
  • Facteurs de croissance : Ces protéines servent de signaux locaux. Elles influencent la multiplication et la maturation des cellules qui résorbent ou forment l’os.

Le remodelage entretient l’os pendant la vie courante et réorganise aussi le tissu produit après certaines fractures. La réparation d’une fracture ajoute toutefois d’autres étapes, décrites ci-dessous.


Quelles étapes générales sont observées après une fracture osseuse?

La réparation d’une fracture passe généralement par une inflammation initiale, la formation d’un cal puis son remodelage. Le cal est le tissu de réparation qui relie progressivement les fragments. Certaines fractures bien alignées et stabilisées rigidement peuvent guérir directement, sans cal externe important.4

Phase 1 : Réponse inflammatoire initiale

La rupture de petits vaisseaux entraîne un saignement autour de la fracture. Ce sang forme un hématome, une accumulation de sang qui forme un caillot. Des cellules de défense, notamment les macrophages, participent au nettoyage des tissus endommagés et libèrent des signaux de réparation.22

Les signaux locaux attirent des cellules capables de former du cartilage, de l’os et des vaisseaux sanguins. Leur origine peut varier selon la blessure; le périoste et les tissus voisins y contribuent. La réaction inflammatoire commence tôt et chevauche les premières étapes de reconstruction. La biologie de la réparation osseuse décrit ces processus4.

Phase 2 : Formation et minéralisation du cal, selon le type de fracture et sa stabilité

Cette phase se subdivise en deux étapes :

Formation du cal mou : Du cartilage et d’autres tissus de réparation se développent entre les fragments. Ce pont initial aide à les relier. Il ne possède pas encore la résistance de l’os reconstruit.23

Formation du cal osseux : Le cartilage se minéralise, puis il est progressivement résorbé et remplacé par du tissu osseux. De nouveaux vaisseaux accompagnent cette transformation. La stabilité augmente, mais l’équipe médicale détermine quand et comment reprendre l’appui.

Un cal peut être visible à la radiographie pendant certaines formes de guérison indirecte. Son apparence et son évolution dépendent du type de fracture, de la stabilité et du traitement.

Phase 3 : Remodelage sur une durée variable

Les ostéoclastes et les ostéoblastes réorganisent ensuite le cal osseux. Le tissu initial est remplacé par un os dont les couches sont mieux organisées, et la cavité contenant la moelle peut se reformer.

Le cal diminue progressivement et l’os peut se rapprocher de sa forme d’origine. Ce remodelage peut se poursuivre pendant des années après la réunion des fragments. Il est souvent plus rapide chez l’enfant. La forme et la résistance finales dépendent aussi de l’alignement, de la stabilité et de l’irrigation sanguine.24 Marsell et Einhorn4 distinguent cette longue réorganisation des premières étapes de consolidation.

Facteurs influençant la guérison

Plusieurs éléments affectent la vitesse et la qualité de la consolidation :

  • Âge : La réparation et le remodelage sont souvent plus rapides chez l’enfant, notamment grâce au périoste. L’âge ne suffit toutefois pas à fixer un délai.4
  • Type de fracture et site : Le délai varie selon l'os, la région, la stabilité, l’arrivée de sang et le traitement. Une fracture ouverte, dont la plaie communique avec l’os, ou une perte importante de tissu peut compliquer la réparation.25
  • Arrivée de sang : Le sang apporte l’oxygène, les nutriments et les cellules nécessaires à la réparation. Une circulation insuffisante peut la compromettre.
  • Immobilisation : Le degré de stabilité et de mouvement permis dépend du type de fracture et du traitement choisi.
  • Nutrition : Les besoins en calcium, vitamine D et protéines varient; une carence ou un risque nutritionnel mérite une évaluation adaptée.
  • Tabagisme : Une synthèse d’études observe environ deux fois plus de retards ou d’absences de consolidation chez les fumeurs. Elle regroupe des fractures et différentes opérations osseuses; ce risque moyen ne prédit pas votre délai.26
  • Certaines maladies : Le diabète, l’ostéoporose, une maladie qui fragilise les os, et leurs traitements font partie des éléments considérés dans l'évaluation globale.

Les décisions de traitement et le moment des exercices dépendent de la fracture, de sa stabilité, du traitement et des consignes médicales.

Un retard de consolidation signifie que la réparation avance plus lentement que prévu. Une non-consolidation signifie que les fragments ne s’unissent pas. Une douleur persistante ou une évolution jugée insuffisante par l’équipe médicale demande un suivi; le diagnostic combine l’examen et les images.27, 25


Comment la physiothérapie aide-t-elle après une blessure osseuse?

La physiothérapie aide à retrouver la mobilité, la force et les activités après une blessure osseuse. Le physiothérapeute choisit les exercices et leur progression selon la stabilité de la fracture, les restrictions médicales et vos objectifs.

Moment de l'intervention en physiothérapie

Le rôle du physiothérapeute évolue selon les phases de guérison :

Pendant la période de protection : Certaines fractures exigent une immobilisation; d’autres permettent des mouvements précoces. Le physiothérapeute suit les restrictions médicales et entretient les mouvements autorisés, notamment dans les articulations voisines. Il peut proposer des contractions isométriques, où le muscle travaille sans faire bouger l’articulation, lorsque la fracture le permet.

Après l’immobilisation : Les mouvements reprennent progressivement selon les consignes de l’équipe soignante. Une revue de 40 études confirme que l’immobilisation d’un membre réduit sa force et la taille de ses muscles, de façon variable selon la durée et la région.28 La raideur peut aussi persister après le retrait d’un plâtre, comme l’explique le guide sur les fractures du bras et du poignet29. La physiothérapie peut aider à récupérer ces capacités.

Phase de remodelage avancée : Le physiothérapeute peut guider une reprise graduelle des activités, du travail ou du sport selon les restrictions et les objectifs.

Interventions principales

Mobilité articulaire : Les exercices font bouger les articulations dans les directions permises. Vous pouvez les effectuer vous-même, avec l’aide de l’autre membre ou avec le physiothérapeute. L’ampleur du mouvement augmente selon les restrictions et les symptômes.

Renforcement musculaire : Les exercices peuvent commencer par des contractions adaptées, puis inclure des bandes élastiques ou des poids lorsque l’appui et les efforts sont permis. Le physiothérapeute ajuste la difficulté, le nombre de répétitions et les pauses pour travailler la force et la capacité à répéter un effort.

Mise en charge progressive : Après une fracture de jambe, le physiothérapeute vous apprend à poser le poids permis sur le membre. Il peut guider l’utilisation de béquilles, les transferts de poids et la marche. L’appui suit les consignes médicales; il ne se décide pas uniquement selon la douleur.

Exercices d’équilibre : Des exercices adaptés entraînent le contrôle du corps en position debout ou pendant les déplacements. Après une fracture de fragilité, les résultats de recherche sur l’équilibre restent variables. Chez les adultes plus âgés, les programmes d’équilibre et de gestes quotidiens peuvent réduire les chutes.

Gestion du gonflement : Après la prise en charge de la fracture, des mouvements permis, l’élévation du membre ou une compression adaptée peuvent faire partie des conseils. Le drainage manuel utilise des gestes doux pour aider au déplacement du liquide accumulé. Une revue de huit essais après fracture du radius près du poignet rapporte moins de gonflement avec l’ajout de drainage aux soins habituels30. Un autre essai comparant deux méthodes de gestion du gonflement ne trouve pas de différence de réduction du volume à six et neuf semaines, mais rapporte moins de séances avec la méthode modifiée31. Ces résultats ne s’appliquent pas automatiquement à toutes les fractures. Un gonflement qui augmente, un membre engourdi ou des doigts qui changent de couleur demandent une réévaluation médicale.

Retour aux activités : Les exercices reproduisent progressivement les gestes utiles, comme se lever d’une chaise, monter un escalier, saisir un objet ou porter une charge. Les objectifs dépendent du membre atteint et des activités que vous souhaitez reprendre.

Effets possibles selon l'intervention et la population

Une revue de 26 études rapporte des gains dans les activités et la douleur avec des programmes d’exercices après une fracture de fragilité. Les participants avaient un âge moyen d’au moins 50 ans; ces résultats ne décrivent donc pas toutes les fractures ni tous les âges. Cette revue de 2026 montre aussi des résultats moins constants pour la force et l’équilibre6.
Selon la situation, la physiothérapie peut :

  • Cibler la mobilité selon la fracture, les restrictions et les besoins de la personne
  • Cibler la force selon les restrictions et les activités à reprendre
  • Tenir compte de la douleur et de son effet sur les activités
  • Préparer le retour graduel aux activités quotidiennes et au travail
  • Travailler les capacités physiques pertinentes pour la personne

Pour en savoir plus sur les soins des os, des muscles et des articulations, consultez notre guide complet sur la physiothérapie.


Comment maintenir la santé de ses os?

L’activité physique, une alimentation qui couvre vos besoins et l’arrêt du tabac contribuent à la santé de vos os. Le dépistage et les traitements de l’ostéoporose, une maladie qui fragilise les os, complètent ces mesures lorsque votre risque le justifie.

L'exercice : la base de la santé osseuse

Les exercices qui font travailler les muscles contre une résistance et ceux qui mettent le squelette en charge peuvent améliorer la densité osseuse. Les gains sont généralement modestes et varient selon la région mesurée. L’équilibre est un autre objectif important, puisqu’il aide à prévenir les chutes.

Activités à privilégier :

  • Exercices avec mise en charge : La marche, la danse et les escaliers font porter le poids du corps au squelette. La course et les sauts ajoutent des impacts. Leur choix dépend de votre expérience et de votre risque de fracture; les impacts peuvent demander une adaptation en présence d’ostéoporose.

  • Entraînement en résistance : Les muscles travaillent contre des poids, des bandes élastiques ou le poids du corps. La difficulté augmente graduellement. Les recommandations canadiennes de 2023 proposent ce travail au moins deux fois par semaine aux femmes ménopausées et aux hommes de 50 ans ou plus. Le guide canadien conseille aussi des exercices d’équilibre et de gestes quotidiens32.

  • Exercices d’équilibre : Se tenir sur un pied près d’un appui, déplacer son poids ou pratiquer un tai-chi adapté peut travailler l’équilibre. La difficulté doit rester sécuritaire. Le guide canadien recommande ces exercices et les gestes quotidiens au moins deux fois par semaine dans la même population. Consultez nos exercices de prévention des chutes.

La natation et le vélo restent utiles pour la condition physique et le cœur. Une revue ne trouve toutefois pas de bénéfice clair de ces activités sur la masse osseuse; plusieurs études chez des cyclistes de haut niveau observent même une densité plus basse.33 Pour un objectif de santé osseuse, vous pouvez les combiner avec des exercices adaptés de résistance et d’appui. Le yoga peut aussi compléter vos activités pour la mobilité et le bien-être, avec des mouvements adaptés si vos os sont fragiles.

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Nutrition pour des os solides

Calcium : le minéral osseux par excellence

Les sels de calcium et de phosphate contribuent à la dureté de l’os.34 Les apports recommandés de calcium sont de 1 000 milligrammes (mg) par jour chez les adultes de 19 à 50 ans et les hommes de 51 à 70 ans. Ils passent à 1 200 mg chez les femmes de 51 ans ou plus et tous les adultes de plus de 70 ans. Ces quantités comprennent l’alimentation et les suppléments, selon les valeurs de référence de Santé Canada35.

Plusieurs aliments apportent du calcium. Les teneurs dépendent du produit et de la portion; l’étiquette permet de les comparer. Santé Canada36 décrit plusieurs sources, et le tableau des aliments riches en calcium37 donne d’autres exemples :

  • Produits laitiers : lait, yogourt et fromage
  • Poissons avec arêtes comestibles : sardines ou saumon en conserve
  • Légumes verts : pak-choï ou chou frisé
  • Noix et graines : les amandes et les graines de chia peuvent compléter les autres sources; vérifiez leur teneur par portion
  • Boissons végétales enrichies : choisissez un produit dont l’étiquette indique le calcium ajouté
  • Tofu : plusieurs produits sont riches en calcium, selon leur fabrication

Un supplément de calcium peut compléter des apports insuffisants. Si votre alimentation couvre déjà les besoins recommandés, en ajouter ne prévient généralement pas davantage les fractures. Un professionnel peut vérifier vos apports, vos médicaments et la nécessité d’un supplément.

Vitamine D et absorption du calcium

La vitamine D aide l’intestin à absorber le calcium et contribue à la santé osseuse.38 Elle est présente naturellement dans peu d’aliments; les produits enrichis en fournissent aussi.

  • Poissons gras : saumon et truite, par exemple
  • Œufs : surtout le jaune
  • Produits enrichis : lait, boissons végétales et certains jus; vérifiez la vitamine D sur l’étiquette

La peau fabrique aussi de la vitamine D au soleil. La saison, l’âge, la couleur de peau et les vêtements influencent cette production. Une durée fixe au soleil ne garantit donc pas un apport suffisant.

Après 50 ans, Santé Canada recommande un supplément quotidien de 400 unités internationales, ou UI, de vitamine D en plus des aliments qui en contiennent. Ce supplément contribue à l’apport total recommandé : 600 UI par jour de 51 à 70 ans et 800 UI au-delà de 70 ans. Un besoin particulier peut demander un ajustement professionnel. Les conseils de Santé Canada expliquent les sources alimentaires et les suppléments39.

Protéines : des matériaux pour les os et les muscles

Les protéines fournissent les matériaux nécessaires à la fabrication du collagène et à l’entretien musculaire. La revue de Bonjour décrit des bénéfices osseux et certains gains de récupération avec un apport protéique amélioré après une fracture de hanche.40 Ce résultat ne signifie pas qu’un supplément est utile à tout le monde. Une alimentation variée qui couvre les besoins reste la base; les besoins particuliers se discutent si vous ne mangez pas assez pour couvrir vos besoins ou si une maladie modifie ceux-ci.

Facteurs de mode de vie

Éviter le tabagisme : Le tabagisme est associé à un risque accru de fracture, dont une partie seulement s’explique par la densité osseuse.41 Il est aussi associé à une consolidation moins favorable après certaines fractures. Un accompagnement peut faciliter l’arrêt du tabac.

Limiter l'alcool : Une consommation importante d'alcool est un facteur à discuter dans l'évaluation globale de la santé osseuse.42

Éviter un poids trop faible : Un faible poids est associé à un risque accru de fracture, particulièrement de hanche. Il peut justifier une évaluation des apports alimentaires et de la santé globale, sans suffire à diagnostiquer l’ostéoporose.43

Dépistage de l'ostéoporose

Qui devrait passer un test de densité osseuse? Les recommandations d’Ostéoporose Canada de 2023 suggèrent ce test chez les femmes ménopausées et les hommes :

  • de 70 ans ou plus, même sans autre facteur de risque
  • de 65 à 69 ans, avec au moins un facteur clinique de risque de fracture
  • de 50 à 64 ans, après une fracture liée à l’ostéoporose ou avec au moins deux facteurs cliniques de risque

Ces seuils orientent une discussion avec le médecin. Les recommandations de dépistage diffèrent entre organismes canadiens, notamment chez les hommes; vos antécédents et vos préférences comptent aussi. Le guide d’Ostéoporose Canada précise ces indications32.

L’ostéodensitométrie est un examen qui mesure la quantité de minéraux dans les os. Le résultat aide à estimer leur fragilité, mais le risque de fracture dépend aussi de l’âge, des fractures antérieures et d’autres facteurs.44 Notre guide sur l’ostéoporose et l’ostéopénie explique ces changements de densité.

La santé osseuse se travaille à tout âge. Pendant la croissance, l’activité et l’alimentation contribuent à construire le squelette. Plus tard, les exercices entretiennent les capacités physiques, et certains médicaments réduisent le risque de fracture lorsque l’ostéoporose le justifie. La revue sur l’ostéoporose après la ménopause décrit les traitements possibles45.

Une revue de 2017 cite une estimation mondiale selon laquelle environ une femme sur trois et un homme sur cinq de plus de 50 ans subiront une fracture liée à l’ostéoporose au cours de leur vie. Ces proportions donnent un ordre de grandeur collectif; elles ne remplacent pas l’évaluation de votre risque.46


Quand consulter un professionnel de la santé pour vos os?

Une fracture suspectée, une douleur osseuse persistante ou des signes de fragilité justifient une évaluation médicale. Certains signes, comme un membre déformé ou engourdi après une blessure, nécessitent l’urgence. La physiothérapie intervient ensuite selon le diagnostic et les soins permis.

Signes nécessitant une consultation rapide

Le délai de consultation dépend des signes suivants. N’essayez pas de remettre vous-même un os en place.

Après une blessure : Une fracture possible doit être évaluée rapidement. Consultez le jour même pour les signes suivants :

  • douleur intense, qui augmente ou empêche d’utiliser le bras
  • douleur à l’appui sur la jambe ou impossibilité de porter le poids
  • mouvement très difficile ou raideur marquée
  • gonflement ou bleu importants, ou qui augmentent
  • douleur très localisée sur l’os après le choc

Allez à l’urgence si le membre blessé est déformé, si un os traverse la peau, si une plaie saigne abondamment, ou si le bras, la main, la jambe ou le pied devient engourdi, très pâle ou bleu. Des picotements après une blessure du bras ou du poignet nécessitent aussi une évaluation urgente. Appelez le 911 en cas de blessure grave avec difficulté à respirer, malaise important ou signes de choc. Les guides sur les fractures du bras et du poignet29 et les fractures de jambe47 détaillent ces signes.

Sans blessure évidente :

  • Une douleur osseuse persistante, surtout la nuit, demande un rendez-vous médical.
  • Une douleur nouvelle avec un antécédent de cancer doit être signalée au médecin.
  • Une douleur osseuse avec fièvre ou un état général qui se détériore demande un avis médical rapide. Une zone osseuse douloureuse, rouge, chaude et gonflée doit aussi être évaluée rapidement, même sans fièvre.
  • Une fracture après un choc léger, ou sans choc clair, demande une prise en charge et une recherche de fragilité osseuse.

Ces signes n’établissent pas à eux seuls un diagnostic. Les informations sur l’infection osseuse48 et sur les symptômes osseux à faire évaluer49 expliquent pourquoi consulter.

Facteurs de risque à discuter lors du bilan

L’ostéoporose peut rester silencieuse jusqu’à une fracture. Une évaluation peut donc être utile même sans douleur, selon les facteurs de risque et les indications de dépistage décrites plus haut.

Facteurs de risque à discuter :

  • ménopause, surtout lorsqu’elle survient tôt
  • antécédent parental de fracture de hanche ou antécédents familiaux d’ostéoporose
  • faible poids pour la taille, évalué notamment par l’indice de masse corporelle
  • prise prolongée de corticostéroïdes, comme la prednisone, des médicaments qui réduisent l’inflammation
  • hyperthyroïdie, c’est-à-dire une activité excessive de la thyroïde, une glande du cou; maladie cœliaque, une réaction qui abîme l’intestin en présence de gluten, un ensemble de protéines de certaines céréales; ou maladie inflammatoire de l’intestin
  • fracture de fragilité antérieure ou chutes répétées

Signes possibles de fracture vertébrale :

  • une perte de taille mesurée, surtout si elle apparaît depuis la dernière mesure
  • un dos qui devient plus voûté, appelé cyphose
  • une douleur persistante ou nouvelle dans le dos

Ces signes peuvent avoir plusieurs causes. Ils justifient une discussion médicale; une fracture vertébrale ne peut pas être confirmée par la posture seule.

Le rôle de la physiothérapie

Les physiothérapeutes jouent un rôle important dans plusieurs aspects de la santé osseuse :

Après une fracture : si un programme de récupération est indiqué, son moment et son contenu dépendent de la fracture, du traitement, des consignes médicales, des capacités et des objectifs :

  • Récupération de l’ampleur des mouvements permis
  • Renforcement musculaire progressif
  • Travail de l’équilibre et de la perception de la position du membre
  • Retour graduel aux gestes quotidiens, au travail ou au sport

Prévention de l'ostéoporose : Le physiothérapeute peut :

  • Choisir des exercices de résistance et d’appui adaptés à la santé osseuse
  • Entraîner l’équilibre pour réduire le risque de chute
  • Travailler la force selon les capacités et les activités visées
  • Adapter les activités quotidiennes selon les antécédents, les capacités et le risque évalué

Après un diagnostic d’ostéoporose : Le programme tient compte des fractures antérieures, des capacités et des préférences. Certains mouvements où le dos se penche ou tourne demandent une adaptation lorsqu’ils sont rapides, répétés, maintenus longtemps, réalisés avec une charge ou poussés jusqu’au bout du mouvement. Les conseils d’un professionnel formé sont particulièrement utiles après une fracture récente ou lorsque le risque est élevé.

Douleurs osseuses persistantes : Une évaluation en physiothérapie peut aider à :

  • Examiner les symptômes, les mouvements et les activités limitées
  • Déterminer si une consultation médicale est nécessaire
  • Développer un plan de gestion de la douleur si approprié

Quand agir?

Une fracture récente ou des signes nouveaux ne doivent pas attendre un bilan de prévention. Si vos préoccupations concernent plutôt la fragilité des os sans signe urgent, prenez rendez-vous pour discuter du dépistage et des mesures utiles.

Chez Physioactif, le physiothérapeute évalue vos capacités après une blessure osseuse et prépare avec vous la reprise des activités autorisées.


Besoin d’un avis professionnel?

Une évaluation en physiothérapie peut documenter la fonction et les activités après une blessure osseuse, puis orienter vers un médecin lorsque nécessaire.

Prendre rendez-vous

Références

  1. Curtis EM, van der Velde R, Moon RJ, van den Bergh JP, Geusens P, de Vries F, et al. Epidemiology of fractures in the United Kingdom 1988-2012: Variation with age, sex, geography, ethnicity and socioeconomic status. Bone. 2016;87:19-26. ↩ Retour au texte
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