
Qu'est-ce que l'ergonomie au travail?
L’ergonomie au travail adapte les tâches, les équipements et l’environnement aux capacités de la personne. Elle vise à améliorer le confort et à réduire les risques de blessure. Elle concerne le bureau, la chaise et les outils, mais aussi les efforts demandés, les pauses et l’organisation du travail. Les troubles musculosquelettiques, ou TMS, touchent notamment les muscles, les articulations, les tendons et les nerfs. Les tendons relient les muscles aux os.1
Chez Physioactif, les physiothérapeutes évaluent les douleurs qui gênent le travail. L’examen tient compte de vos tâches, de vos capacités et de ce qui modifie vos symptômes. Les conseils qui suivent combinent des repères pratiques d’aménagement et les résultats de la recherche.
L’ergonomie peut aider à prévenir certaines blessures liées au travail.1 Elle cherche notamment à adapter les outils, à réduire les efforts excessifs et à varier les tâches répétitives. Un réglage de chaise ne suffit toutefois pas à expliquer toutes les douleurs au dos ou aux bras.
La revue Cochrane de 2018 rapporte que les études antérieures estiment entre 20 et 60 % la proportion de travailleurs de bureau ayant des TMS2. Ces problèmes ne touchent pas seulement votre confort, ils peuvent affecter votre performance au travail, votre qualité de vie et même votre capacité à effectuer vos tâches quotidiennes.
10 mini-trucs pour comprendre votre douleur
Un conseil par jour pendant 10 jours pour mieux comprendre votre douleur. Environ 2 minutes de lecture.
Une bonne ergonomie ne se limite pas à acheter une chaise coûteuse. Il s'agit de comprendre comment votre corps interagit avec votre environnement de travail et d’adapter votre poste à vos tâches. Une position dite neutre garde, par exemple, le poignet dans le prolongement de l’avant-bras et les épaules détendues. Ce repère de confort permet aussi de changer de position.
Quelles douleurs peuvent être liées au travail de bureau?
Le travail de bureau peut être associé à des douleurs au cou, au dos, aux épaules, aux poignets et aux mains. La douleur lombaire, aussi appelée lombalgie, touche le bas du dos. Cette douleur est une cause majeure de limitations dans les activités à l’échelle mondiale.3 Une étude publiée en 2014 attribue aux expositions professionnelles 26 % du poids mondial de la lombalgie en 2010, mesuré en années de vie en bonne santé perdues.4 Une estimation antérieure, publiée en 2005, attribuait 37 % des cas de lombalgie au travail.5 Ces chiffres reposent sur des périodes et des mesures différentes; ils ne décrivent pas uniquement le travail de bureau.
Dans sa fiche de 2022, l’Organisation mondiale de la Santé indique que les TMS sont la principale source de limitations des activités dans le monde. La douleur lombaire arrive au premier rang dans 160 pays (données de l’OMS). Le travail contribue à une partie de ce problème, mais ces estimations mondiales ne mesurent pas combien de cas un simple réglage de poste éviterait.
Au travail, les contraintes physiques du poste ne sont pas seules en cause: le manque de contrôle sur son travail et le peu de soutien du supérieur sont aussi associés aux douleurs du cou et des membres supérieurs, soit les épaules, les bras et les mains. Ces associations apparaissent dans une étude de population et une revue systématique6, 7. (étude)
Les douleurs les plus courantes incluent:
Douleur au cou et aux épaules: La douleur au cou et aux épaules peut avoir plusieurs origines. Un écran mal placé n'en est qu'un facteur possible parmi d'autres, pas une cause certaine. Une douleur au cou peut aussi accompagner des céphalées de tension, un type de mal de tête. Cette coexistence ne prouve pas que la tension musculaire en est la cause unique. Si vous souffrez déjà de douleur au cou, une évaluation en physiothérapie peut repérer les éléments du poste qui pourraient contribuer à vos symptômes.
Douleur lombaire: La douleur peut être liée à une chaise mal ajustée, à un manque de support lombaire ou à une position assise prolongée sans changement de posture. Rester longtemps assis sans changer de position peut devenir inconfortable pour le bas du dos. Cette gêne ne prouve pas que la position abîme votre colonne : un changement de position peut aider à retrouver du confort. Pour en savoir plus sur les douleurs lombaires et leur traitement, consultez notre guide complet sur le mal de dos.
Douleur aux poignets et aux mains: Les douleurs aux poignets et aux mains sont fréquentes chez les travailleurs de bureau. La position du clavier et de la souris est un des facteurs sur lesquels on peut agir, sans être à elle seule la cause de ces douleurs. La compression du nerf médian, qui traverse le poignet dans un passage appelé canal carpien, peut causer des engourdissements, des picotements et une faiblesse dans la main. Le guide sur la douleur au poignet et à la main présente aussi d’autres causes possibles.
Douleur aux épaules: La douleur peut survenir lorsque vous devez constamment étendre le bras pour atteindre votre souris ou lorsque vos accoudoirs sont mal ajustés, créant une élévation constante des épaules ou une absence de support.
Les efforts élevés, les gestes répétés, les positions difficiles à maintenir et le manque de variation font partie des éléments à examiner. L’intensité et la durée des tâches comptent aussi, comme le soutien reçu au travail.1
Comment ajuster votre poste de travail pour améliorer le confort?
L’ajustement du poste de travail vise des pieds soutenus, un écran facile à lire et des outils accessibles sans tendre les bras. Réglez d’abord la chaise, puis le bureau, l’écran, le clavier et la souris selon vos tâches et votre confort.
L'ajustement correct de votre poste de travail repose sur plusieurs repères à adapter à votre taille et à votre travail:
La hauteur de votre chaise: Réglez la hauteur pour que vos pieds soient fermement ancrés au sol ou sur un repose-pieds, avec vos cuisses approximativement parallèles au sol8. Ce réglage aide à soutenir les pieds sans pression excessive sous les cuisses. Si vos pieds ne touchent pas le sol même avec la chaise à sa position la plus basse, utilisez un repose-pieds.
La hauteur de votre bureau: La surface de travail devrait être alignée avec la hauteur de vos coudes au repos9. Cela permet à vos avant-bras de rester parallèles au sol lorsque vous tapez, en gardant les épaules détendues.
La distance et la hauteur de l'écran: Placez votre écran à peu près à une longueur de bras. Ce repère pratique suffit, sans viser une distance précise au centimètre près. Ajustez ensuite la distance pour lire clairement sans avancer la tête.
La position du clavier et de la souris: Positionnez-les à la même hauteur, au niveau ou juste sous vos coudes10, permettant à vos avant-bras de rester parallèles au sol. Gardez votre souris aussi près de votre corps que possible pour éviter l'extension répétée du bras.
Le support lombaire: Réglez l’appui du bas du dos de votre chaise pour maintenir la courbure naturelle de votre bas du dos. Une bonne chaise vous permettra d'ajuster ce support en hauteur et en profondeur pour qu’il corresponde à la forme de votre dos.
Ces ajustements cherchent une position confortable avec le dos et les bras soutenus. Ils vous permettent de travailler sans devoir atteindre constamment des objets éloignés. Le poste doit aussi permettre de bouger : aucune position n’a besoin d’être tenue toute la journée.
Quelle est la bonne position pour votre écran d'ordinateur?
L’écran d’ordinateur se place devant vous, à environ une longueur de bras, avec le haut de la zone d’affichage à la hauteur des yeux ou légèrement plus bas. Adaptez sa hauteur et son inclinaison pour lire avec le regard légèrement dirigé vers le bas (réglages de l’écran).
La hauteur et la distance de l’écran influencent la position choisie pour lire. Le but est de voir clairement sans devoir lever le menton ou se pencher longtemps.
Distance optimale: Positionnez votre écran à environ une longueur de bras8. À cette distance, vos yeux peuvent lire confortablement le texte sans avoir à se pencher vers l'avant ou à plisser les yeux. Si vous trouvez le texte difficile à lire à cette distance, augmentez plutôt la taille de la police ou le zoom de votre navigateur au lieu de rapprocher l'écran.
Hauteur de l'écran: Placez le haut de la zone d’affichage à la hauteur des yeux ou légèrement plus bas.11 Ce repère concerne l’image affichée, pas l’épaisseur du boîtier. Réglez la hauteur de l'écran pour garder la tête dans une position confortable, sans avoir à regarder vers le haut ni à forcer vers le bas. Vous pouvez abaisser davantage l’écran si vos lunettes progressives vous obligent à relever le menton.
Inclinaison de l'écran: Inclinez légèrement l'écran vers l'arrière, de façon à le garder bien en face de votre regard. Vérifiez aussi les reflets après ce changement. Ajustez l’éclairage ou l’emplacement de l’écran si une source lumineuse gêne la lecture.
Configuration avec deux écrans: Si vous utilisez deux moniteurs, placez celui que vous utilisez le plus souvent directement devant vous et le secondaire à un léger angle si vous ne l'utilisez qu'occasionnellement11. Si vous utilisez les deux écrans également, placez-les côte à côte de manière à ce que leurs bords se touchent au centre de votre champ de vision.
Une position d'écran incorrecte peut contribuer aux douleurs cervicales chez les travailleurs de bureau. Un écran trop haut ou trop bas finit par être inconfortable pour le cou. Ajuster sa hauteur rend la journée plus agréable; ce n'est pas une réparation à faire d'urgence.
Comment positionner votre clavier et souris?
Le clavier et la souris se placent devant vous, près du corps et à une hauteur qui permet de garder les épaules détendues. Les avant-bras restent à peu près parallèles au sol et les poignets dans leur prolongement.
La position du clavier et de la souris fait partie des choses qu'on peut ajuster pour être plus confortable au poignet et à la main.
Hauteur du clavier: Placez votre clavier au niveau ou juste sous vos coudes10, permettant à vos avant-bras de rester parallèles au sol lorsque vous tapez. Vérifiez que vous n’avez pas besoin de lever les épaules pour atteindre les touches.
Inclinaison du clavier: Essayez un clavier à plat ou légèrement incliné, avec le bord éloigné plus bas que le bord proche.8 Choisissez le réglage qui laisse les poignets dans le prolongement des avant-bras. Les petits pieds à l’arrière ne conviennent pas à toutes les installations (choix et réglage du clavier).
Position neutre des poignets: Gardez les poignets à peu près dans le prolongement des avant-bras, sans les courber longtemps vers le haut, le bas ou les côtés. Ce repère vise le confort; il ne suffit pas à prévoir un syndrome du canal carpien ou d’autres douleurs au poignet et à la main.
Position de la souris: Placez votre souris sur le même plan que votre clavier et aussi près de votre corps que possible12. Évitez d'étendre constamment votre bras pour atteindre la souris, car cette position crée une tension dans l'épaule et peut mener à des douleurs. Un repose-poignets peut soutenir la base des paumes pendant les pauses. Évitez d’y appuyer directement les poignets ou d’y laisser les mains pendant la frappe.
Pavé numérique: Si votre travail ne nécessite pas l'utilisation fréquente du pavé numérique, envisagez un clavier sans pavé numérique. Cela permet de rapprocher votre souris de votre corps, réduisant l'extension du bras.
Une mauvaise position du clavier et de la souris force vos poignets, coudes et épaules dans des positions non neutres pendant des heures chaque jour. Garder longtemps les poignets, les coudes et les épaules dans des positions contraignantes est un des facteurs associés aux douleurs des membres supérieurs.
Quelle est la bonne posture pour travailler assis?
Une position assise confortable permet de soutenir le dos, de poser les pieds et de garder les bras détendus. Un léger recul du dossier peut convenir. Ajustez les appuis, puis changez de position selon vos besoins.
Contrairement à une croyance répandue, la littérature scientifique ne montre pas que rester assis au travail, pris isolément, cause le mal de dos13, 14. (étude)
La posture assise n’exige pas de rester parfaitement droit. Un dossier peut soutenir le dos, mais vous pouvez aussi vous avancer ou modifier l’inclinaison à certains moments. Le confort et les tâches guident ces changements.
Votre colonne est capable de bouger et de s’adapter à des efforts progressifs. Une revue de 41 revues systématiques trouve des résultats variables sur les liens entre posture et mal de dos. Elle ne permet pas de conclure qu’une posture précise cause à elle seule la lombalgie.14 Un texte de réflexion clinique invite aussi à éviter les messages qui entretiennent la peur de la posture (réflexion sur la posture).
Choisissez un angle de dossier confortable que vous pouvez modifier. La revue sur les postures ne détermine pas un angle de chaise optimal.14 Ce réglage pratique reste à adapter à votre personne et à votre tâche (réflexion clinique).
Support lombaire: L’appui du bas du dos de votre chaise devrait être ajusté pour maintenir la courbure naturelle de votre bas du dos15. Ajustez la hauteur et la profondeur de ce support pour qu’il corresponde à la forme de votre dos. Vous devriez sentir une pression douce mais ferme dans le creux de votre dos. Si votre chaise n'a pas de support lombaire ajustable, utilisez un coussin lombaire ou une serviette roulée.
Support des pieds: Gardez vos pieds à plat au sol ou sur un repose-pieds16 pour soutenir vos pieds sans pression excessive sous les cuisses. Vos genoux devraient être approximativement au même niveau que vos hanches ou légèrement plus bas. Si vos pieds ne touchent pas le sol confortablement avec la chaise à la bonne hauteur pour vos bras, un repose-pieds est essentiel.
Profondeur du siège: Ajustez la profondeur du siège pour laisser 2 à 3 doigts d'espace entre l'arrière de vos genoux et le bord avant de la chaise8. Le bord du siège ne devrait pas appuyer contre l’arrière des genoux.
Distribution du poids: Votre poids devrait être réparti sur toute la surface du siège, pas seulement sur les deux os sur lesquels on s'assoit. Cette distribution réduit les points de pression et favorise le confort lors de périodes assises prolongées.
Les courbures naturelles de votre colonne vertébrale incluent une lordose cervicale (courbure vers l'avant dans le cou), une cyphose thoracique (courbure vers l'arrière dans le haut du dos) et une lordose lombaire (courbure vers l'avant dans le bas du dos). Ces courbures changent quand vous bougez. Vous n’avez pas à les maintenir immobiles toute la journée. Pour en savoir plus sur le traitement des douleurs lombaires qui gênent la position assise, consultez notre guide sur le mal de dos.
Comment réduire les contraintes répétées au bureau?
La variation des tâches, les pauses et des outils bien placés permettent de réduire les contraintes répétées au bureau. Alternez les activités et les positions pour répartir les efforts au cours de la journée.
Les expressions « microtraumatismes répétés » ou « lésions dues aux mouvements répétitifs » désignent des problèmes associés à des gestes répétés ou à des efforts prolongés. Leur apparition dépend aussi de l’intensité des tâches, des possibilités de récupération et d’autres facteurs. Une répétition n’est pas automatiquement une blessure.1
Pauses fréquentes: Prévoyez des pauses pour vous lever ou bouger, à peu près une fois par heure comme point de départ à adapter.16 Marchez jusqu'à la fontaine, faites quelques étirements simples, ou changez simplement de position.
Changements de position: Alternez entre la position assise et la position debout au cours de la journée16 si vous avez accès à un bureau ajustable en hauteur. Cette variation change les efforts demandés au corps. Les bureaux ajustables en hauteur permettent de varier les positions tout au long de la journée17, offrant la flexibilité nécessaire pour répondre aux besoins changeants de votre corps.
Variation des tâches: Alternez entre différentes tâches qui sollicitent différents groupes musculaires plutôt que de passer des heures sur une seule activité répétitive. Par exemple, alternez entre la saisie de données, la lecture de documents, les appels téléphoniques et les réunions.
Éviter les positions statiques: Une position gardée longtemps peut devenir inconfortable, même avec de bons appuis. Essayez de varier la position avant que l’inconfort s’installe, selon les possibilités de votre travail.
Exercices de micro-pauses: Pendant vos pauses, effectuez de simples exercices comme des cercles avec les épaules, de petits mouvements du cou vers l’arrière, des mouvements des poignets vers le haut et le bas, et de légers étirements des avant-bras. Choisissez des mouvements confortables.
L’aménagement du poste et la variation des tâches se complètent. Une revue de 2009 ne trouve pas d’association constante entre la sédentarité, c’est-à-dire le fait de passer beaucoup de temps assis, et le mal de dos lorsqu’elle est considérée seule.13 Bouger reste utile au confort et à la santé générale. Ce conseil n’exige pas de considérer chaque période assise comme une lésion (revue sur le travail assis).
Quelles sont les bonnes techniques de levage au travail?
Un levage adapté garde la charge près du corps, répartit l’effort entre les jambes et le dos et respecte vos capacités. Demandez de l’aide ou utilisez un équipement lorsque l’objet est trop lourd ou volumineux. Le choix du geste dépend aussi de la prise et de l’espace disponible.
Bien que la plupart du travail de bureau implique d'être assis à un ordinateur, de nombreux travailleurs doivent occasionnellement soulever des objets comme des boîtes de fournitures, des piles de documents ou de l'équipement. Quelques repères simples peuvent rendre ces gestes plus confortables.
Choisir la façon qui vous convient: Il n'y a pas une seule bonne technique de levage. Plier les genoux est une option, mais soulever avec le dos rond ou le dos droit peut convenir: votre bas du dos est solide et fait pour bouger sous charge. Choisissez la façon qui vous semble la plus confortable et la plus stable.
Garder la charge près du corps: Tenez l'objet aussi près de votre corps que possible pendant le levage et le transport. Un objet éloigné demande plus d’effort pour être tenu ou soulevé. Rapprocher la charge peut rendre le geste plus facile.
Pivoter avec les pieds au besoin: Si vous devez changer de direction avec une charge, pivoter avec vos pieds est souvent plus simple et plus confortable. Adaptez le mouvement au poids de l’objet et à l’espace disponible; évitez de tourner brusquement avec une charge difficile à maîtriser.
Utiliser la force des jambes: Les muscles des cuisses et des fessiers sont parmi les plus puissants de votre corps et aident beaucoup à soulever. Le dos participe lui aussi au mouvement: il est solide et conçu pour ça.
Demander de l'aide: Pour les charges lourdes ou volumineuses, demandez toujours de l'aide. Les soulèvements en équipe réduisent la charge sur chaque personne et permettent un meilleur contrôle de l'objet.
L'équation de levage du NIOSH: Le NIOSH, un organisme américain de recherche en santé et sécurité du travail, propose un calcul pour évaluer les tâches de levage à deux mains.18 Cet outil tient compte notamment du poids, de la fréquence et de la distance du levage. Un professionnel formé peut l’utiliser pour adapter la tâche; il ne fournit pas une limite personnelle valable pour toutes les situations.
Même avec une bonne technique, il existe des limites à ce qu'une personne devrait soulever seule. Si un objet est trop lourd, trop volumineux, ou si vous devez le soulever fréquemment, explorez des solutions mécaniques comme des chariots, des diables ou des systèmes de levage.
Que peuvent faire les employeurs pour améliorer l'ergonomie?
Les employeurs peuvent améliorer l’ergonomie en adaptant les équipements, les tâches et l’organisation du travail avec les employés. L’évaluation du poste, la formation, les pauses et les programmes d’exercices peuvent faire partie de cette démarche.
10 mini-trucs pour comprendre votre douleur
Un conseil par jour pendant 10 jours pour mieux comprendre votre douleur. Environ 2 minutes de lecture.
Dans une enquête britannique publiée en 2006, les auteurs estiment que 24 % des cas de douleur au cou ou aux bras étaient attribuables aux activités physiques du travail, et 12 % aux facteurs psychosociaux. Ces derniers comprennent notamment le soutien reçu et le contrôle sur les tâches.6 Il s’agit d’estimations fondées sur des associations observées à un moment donné, pas du nombre de cas réellement évités par un programme (enquête de population).
Un programme d’ergonomie comprend aussi le suivi des changements : les employés peuvent signaler ce qui les aide et ce qui reste difficile.
Participation des employés : Les travailleurs contribuent à reconnaître les difficultés et à essayer des solutions. Une revue de 2025 consacrée au personnel infirmier rapporte des améliorations de douleur dans plusieurs programmes combinant des exercices avec de l’éducation, des conseils ou des changements au travail. Des bénéfices sont observés à six ou douze mois.19 Les programmes et les groupes comparés diffèrent; ces résultats ne prouvent pas qu’une même combinaison est supérieure dans tous les milieux.
Résultats sur la douleur : Une revue de 2025 regroupant plusieurs métiers trouve une petite diminution moyenne de l’intensité de la douleur avec des interventions ergonomiques.20 Dans les résultats détaillés, la différence de -0,28 est une mesure standardisée : elle permet de combiner différentes échelles et ne représente pas 0,28 point sur une seule échelle de douleur. Pour les douleurs lombaires rapportées, l’analyse principale donne un rapport de cotes de 0,58. Les auteurs répètent ensuite l’analyse sans l’étude de Yu de 2013 pour vérifier si son inclusion modifie le résultat : le rapport est alors de 0,53. Les deux analyses favorisent les interventions ergonomiques. Un rapport de cotes compare les chances de rapporter une douleur entre les groupes; il ne donne pas directement le pourcentage de personnes soulagées. Les résultats varient selon le programme, le métier et la région douloureuse.
Évaluations des risques: Des évaluations régulières des postes de travail permettent de repérer les difficultés et de suivre l’effet des changements. Ces évaluations devraient examiner la configuration physique du poste de travail, les tâches effectuées et les facteurs organisationnels.
Équipement ajustable: Fournir des chaises ergonomiques de qualité avec ajustements multiples, des bureaux ajustables en hauteur, des supports pour moniteurs, des claviers ergonomiques et d'autres équipements adaptables permet aux employés de personnaliser leur poste de travail selon leurs besoins.
Formation continue: Offrir de la formation sur les principes ergonomiques, les bonnes techniques de travail et l'importance des pauses aide les employés à comprendre comment protéger leur santé musculosquelettique.
Prendre en compte l’ensemble du travail : Les efforts physiques et les facteurs sociaux ou psychologiques comptent tous.21 Les programmes doivent examiner les tâches, mais aussi le rythme, les possibilités de pause et le soutien reçu. Une publication de 2024 recommande de réévaluer ces facteurs avec la participation des travailleurs.21
Les gains possibles ne se limitent pas à la douleur : certains programmes améliorent aussi la capacité de travailler ou réduisent les absences. La revue consacrée au personnel infirmier trouve toutefois des résultats variables sur ces deux points.19 L’employeur doit suivre les résultats réels du programme, sans présumer un gain garanti de productivité.
Quand consulter un physiothérapeute pour des douleurs liées au travail?
Une consultation en physiothérapie est utile lorsque la douleur persiste malgré les ajustements, gêne votre travail ou limite vos activités. Une évaluation du poste peut aussi aider à choisir des réglages adaptés avant l’apparition de douleurs.
Une douleur au travail n’est pas toujours causée par le poste. Le physiothérapeute peut examiner les autres facteurs en jeu et vous orienter vers un avis médical au besoin.
Douleur persistante : Une douleur qui reste présente malgré des ajustements mérite une évaluation. Le professionnel examine ce qui la modifie et propose des moyens de reprendre les tâches difficiles.
Impact sur le travail: Lorsque la douleur commence à affecter votre capacité à effectuer vos tâches, votre productivité ou votre concentration, il est temps de consulter. Des adaptations temporaires peuvent aider à poursuivre certaines tâches pendant les soins. Le niveau de douleur ne mesure pas à lui seul un dommage en cours.
Évaluation préventive: Vous n'avez pas besoin d'attendre d'avoir mal pour consulter un physiothérapeute. Des consultations préventives permettent une évaluation personnalisée de votre poste de travail et de vos habitudes posturales avant que des problèmes ne se développent. Cette démarche peut être utile si vous commencez un nouveau travail de bureau ou si votre environnement change.
Évaluation personnalisée: Chaque personne a une anatomie unique, une histoire de santé différente et des exigences de travail variées. Un physiothérapeute peut évaluer votre situation spécifique, identifier les facteurs de risque qui vous concernent et proposer des solutions sur mesure.
Approche intégrée: La physiothérapie pour les troubles musculosquelettiques liés au travail ne se limite pas à traiter la douleur. Elle inclut l'éducation sur les principes ergonomiques, des exercices pour travailler la force et la mobilité selon l’évaluation, et des conseils sur les habitudes de travail. Des techniques de thérapie manuelle, des gestes faits avec les mains, peuvent aussi être utilisées selon l’évaluation. Pour en savoir plus sur le traitement de la douleur liée au travail, consultez notre guide sur la physiothérapie pour les travailleurs de bureau.
Dans nos cliniques Physioactif du Grand Montréal, nous offrons des évaluations ergonomiques complètes et des plans de traitement personnalisés pour les travailleurs souffrant de douleurs musculosquelettiques liées au travail. Notre approche basée sur les données probantes combine les modifications ergonomiques avec un traitement actif pour vous aider à mieux gérer la douleur et à retrouver vos capacités au travail.
Questions fréquentes sur l'ergonomie au travail
Les questions fréquentes sur l’ergonomie concernent le bureau ajustable, la chaise, l’écran, la durée assise, le repose-pieds, la fatigue visuelle et les pauses.
Faut-il un bureau ajustable en hauteur?
Un bureau ajustable permet de varier entre les positions assise et debout. Les revues sur les postures ne permettent pas de conclure que la position debout, à elle seule, cause ou prévient la lombalgie.14 La revue Cochrane de 2018 comprend un essai de bureau assis-debout qui ne trouve pas de différence claire de douleur ou d’inconfort du cou et des épaules à huit semaines par rapport au bureau habituel.2 Ce résultat concerne cet équipement et ces symptômes, pas l’ensemble des soins en physiothérapie. Une autre revue ne soutient pas l’idée que la station debout serait, à elle seule, une cause de lombalgie (revue sur le travail debout). Choisissez ce bureau s’il facilite vos tâches et vos changements de position; il ne remplace pas les pauses ni les autres réglages.
Comment savoir si ma chaise est bien ajustée?
Votre chaise est bien ajustée si vos pieds reposent au sol ou sur un repose-pieds et si le dos trouve un appui confortable. Les cuisses restent à peu près horizontales. Gardez un espace d’environ deux à trois doigts derrière les genoux. Un léger recul du dossier peut convenir, sans point de pression désagréable. Vérifiez ces repères pendant vos vraies tâches, puis ajustez au besoin.
Quelle est la meilleure distance entre mes yeux et l'écran?
Une longueur de bras est un bon point de départ pour placer l’écran. Ajustez la distance selon votre vision et la taille du texte. Augmentez les caractères ou le zoom si vous devez avancer la tête pour lire. Vos lunettes et vos préférences peuvent aussi modifier le réglage (distance de l’écran).
Combien de temps puis-je rester assis sans bouger?
Il n’existe pas de durée assise précise qui garantisse l’absence de mal de dos. La revue sur les postures ne trouve pas de relation dose-effet constante avec la lombalgie : plus de temps dans une position n’y correspond pas toujours à plus de douleur.14 Prévoyez des occasions de vous lever et de bouger, puis adaptez-les à vos tâches et à votre confort. Les conseils posturaux peuvent encourager la variation sans créer la peur de s’asseoir (réflexion clinique). Un poste confortable ne remplace pas l’activité physique au cours de la journée.
Les repose-pieds sont-ils nécessaires?
Un repose-pieds est nécessaire si vos pieds ne touchent pas confortablement le sol lorsque votre chaise est ajustée à la bonne hauteur pour vos bras. Un repose-pieds sert surtout au confort: il enlève la pression sous les cuisses et vous permet de vous asseoir sans chercher le sol du bout des pieds. Si vos pieds touchent déjà le sol confortablement, un repose-pieds n'est pas nécessaire, mais il peut tout de même être utilisé pour varier légèrement votre position au cours de la journée.
Comment éviter la fatigue visuelle à l'ordinateur?
La fatigue visuelle peut être réduite par un écran lisible, moins de reflets et des pauses pour regarder au loin. Ajustez la luminosité à la pièce et pensez à cligner des yeux. Si votre vision gêne la lecture, faites vérifier vos besoins en lunettes (conseils pour les yeux). Le repère 20-20-20 propose de regarder à environ six mètres pendant vingt secondes, toutes les vingt minutes. Les études restent petites et leurs résultats diffèrent : une étude chez 29 utilisateurs ayant des symptômes observe une amélioration après deux semaines de rappels, tandis qu’un essai chez 30 jeunes adultes ne trouve pas d’avantage pendant une tâche de lecture de quarante minutes (étude avec rappels, essai pendant la lecture). Des symptômes oculaires persistants, douloureux ou accompagnés d’une vision trouble méritent une consultation.
Est-ce que les pauses fréquentes réduisent vraiment les TMS?
Les pauses supplémentaires peuvent diminuer un peu l’inconfort du cou, des épaules et des avant-bras ou poignets. La revue Cochrane de 2018 fonde ce résultat sur deux études chez des travailleurs de saisie de données, avec une très faible certitude.2 Elle ne permet pas de promettre que ces pauses éviteront de nouveaux TMS. Les pauses restent un moyen pratique de varier les gestes et de retrouver du confort.
Quand devrais-je remplacer ma chaise de bureau?
Remplacez votre chaise lorsque le support lombaire ne peut plus être ajusté ou ne maintient plus sa forme, les mécanismes d'ajustement ne fonctionnent plus correctement, le rembourrage est affaissé ou comprimé de façon permanente, ou vous ressentez de l'inconfort malgré des ajustements appropriés.
Besoin d'un avis professionnel?
Nos physiothérapeutes peuvent évaluer votre condition et vous proposer un plan de traitement personnalisé.
Prendre rendez-vousRéférences
Les références s’ouvrent dans un nouvel onglet.
- National Institute for Occupational Safety and Health. About Ergonomics and Work-Related Musculoskeletal Disorders. 2024. (Retour aux passages : 1, 2, 3, 4)
- Hoe VC, Urquhart DM, Kelsall HL, Zamri EN, Sim MR. Ergonomic interventions for preventing work-related musculoskeletal disorders of the upper limb and neck among office workers. Cochrane Database Syst Rev. 2018;10(10):CD008570. (Retour aux passages : 1, 2, 3)
- Ferreira ML, de Luca K, Haile LM, Steinmetz JD, Culbreth GT, Cross M, et al. Global, regional, and national burden of low back pain, 1990–2020, its attributable risk factors, and projections to 2050: a systematic analysis of the Global Burden of Disease Study 2021. The Lancet Rheumatology. 2023;5(6):e316-e329. (Retour au passage : 1)
- Driscoll T, Jacklyn G, Orchard J, Passmore E, Vos T, Freedman G, et al. The global burden of occupationally related low back pain: estimates from the Global Burden of Disease 2010 study. Annals of the Rheumatic Diseases. 2014;73(6):975-981. (Retour au passage : 1)
- Punnett L, Prüss‐Ütün A, Nelson DI, Fingerhut MA, Leigh J, Tak S, et al. Estimating the global burden of low back pain attributable to combined occupational exposures. American Journal of Industrial Medicine. 2005;48(6):459-469. (Retour au passage : 1)
- Sim J, Lacey RJ, Lewis M. The impact of workplace risk factors on the occurrence of neck and upper limb pain: a general population study. BMC Public Health. 2006;6:234. (Retour aux passages : 1, 2)
- Kraatz S, Lang J, Kraus T, Münster E, Ochsmann E. The incremental effect of psychosocial workplace factors on the development of neck and shoulder disorders: a systematic review of longitudinal studies. International Archives of Occupational and Environmental Health. 2013;86(4):375-395. (Retour au passage : 1)
- CUergo: Computer Workstation Ergonomics Guidelines. (Retour aux passages : 1, 2, 3, 4)
- How to Set Up an Ergonomic Workstation | Expert Guide. (Retour au passage : 1)
- WorkCare. Office Ergonomics Tips + Self Assessment Checklist. (Retour aux passages : 1, 2)
- Office Ergonomics - Positioning the Monitor. (Retour aux passages : 1, 2)
- Kwazzy Sells. Desktop Ergonomics: Monitor Height, Keyboard and Mouse Ergonomics, and Posture. 2025. (Retour au passage : 1)
- Chen SM, Liu MF, Cook J, Bass S, Lo SK. Sedentary lifestyle as a risk factor for low back pain: a systematic review. Int Arch Occup Environ Health. 2009;82(7):797-806. (Retour aux passages : 1, 2)
- Swain CTV, Pan F, Owen PJ, Schmidt H, Belavy DL. No consensus on causality of spine postures or physical exposure and low back pain: A systematic review of systematic reviews. J Biomech. 2020;102:109312. (Retour aux passages : 1, 2, 3, 4, 5)
- OSHA Ergonomic Guidelines for a Healthier Workspace. (Retour au passage : 1)
- Mount-It!. 10 Best Ergonomic Equipment for Office: 2025 Edition. (Retour aux passages : 1, 2, 3)
- Office Ergonomics - Sit/Stand Desk. (Retour au passage : 1)
- Barim MS, Nasarwanji M, Zheng L, Meyers A, Victoroff T, Baker BA, et al. Celebrating National Ergonomics Month. 2024. (Retour au passage : 1)
- Krishnanmoorthy G, Rampal S, Karuthan SR, Baharudin F, Krishna R. Effectiveness of Participatory Ergonomic Interventions on Work-Related Musculoskeletal Disorders, Sick Absenteeism, and Work Performance Among Nurses: Systematic Review. JMIR Hum Factors. 2025;12:e68522. (Retour aux passages : 1, 2)
- Santos W, Rojas C, Isidoro R, Lorente A, Dias A, Mariscal G, et al. Efficacy of Ergonomic Interventions on Work-Related Musculoskeletal Pain: A Systematic Review and Meta-Analysis. J Clin Med. 2025;14(9). (Retour au passage : 1)
- Macdonald WA, Oakman J. Changes needed to reduce risk of musculoskeletal disorders. American Journal of Industrial Medicine. 2024;67(7):575-581. (Retour aux passages : 1, 2)
- BenQ. Ergonomic Desk Setup: How Monitor Light Bars Boost Work Comfort & Productivity.
La satisfaction de nos clients est notre priorité
À Physioactif, l’excellence guide chaque intervention, mais ce sont nos patients qui en parlent le mieux. Consultez plutôt leurs avis vérifiés pour vous faire une idée concrète de leur expérience.
Découvrez nos cliniques de physiothérapie
Nous sommes présents dans plusieurs emplacements pour mieux vous servir.
Blainville
190 Chem. du Bas-de-Sainte-Thérèse Bureau 110,
Blainville, Quebec
J7B 1A7
Située à Blainville, à proximité de Rosemère, la clinique Physioactif est facilement accessible pour les résidents du secteur et des alentours
Boucherville
690 rue de Montbrun, Local S,
Boucherville, Quebec
J4B 8H2
Établie à Boucherville, la clinique Physioactif est facilement accessible pour les gens du secteur
Laval
3224 Av. Jean-Béraud Bureau 220 Laval,
QC H7T 2S4
Située à Chomedey, au cœur de Laval, la clinique Physioactif est facilement accessible pour les personnes à proximité
Montréal
8801 Rue Lajeunesse,
Montréal,
QC H2M 1R8
Située à Ahuntsic, à proximité de Villeray, la clinique Physioactif est facilement accessible pour les résidents des deux quartiers
Saint-Eustache
180 25e Avenue Bureau
201 Saint-Eustache
QC J7P 2V2
Située à Saint-Eustache, la clinique Physioactif est facilement accessible pour les résidents du secteur et des environs
Vaudreuil
21 Bd de la Cité-des-Jeunes Bureau 240,
Vaudreuil-Dorion, Quebec
J7V 0N3
Établie à Vaudreuil-Dorion, la clinique Physioactif est facilement accessible pour les gens du secteur
Prenez rendez-vous dès maintenant


