Silhouette sur une balance face à des haltères, une horloge et des éclairs: blessures de surcharge en physiothérapie

Des douleurs qui apparaissent «sans raison»… vraiment?

Écrit par:
Claudine Farah
Révisé scientifiquement par :
Alexis Gougeon
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«Je me suis réveillée lundi matin avec le cou endolori, pourtant… je n’ai rien fait de spécial dans la nuit!?»

«Je suis revenu de ma course, tout allait bien et quelques heures plus tard ma cheville était raide et douloureuse, pourtant je ne suis pas tombé?»

Ces situations vous sont-elles familières? Peut-être que vous-même ou un membre de votre famille avez déjà vécu quelque chose de semblable. Une douleur peut apparaître sans accident ni cause évidente. L’évaluation aide à comprendre ce qui contribue à vos symptômes.

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Quelle est la différence entre une blessure et une douleur?

Une blessure est une lésion d’un tissu, tandis que la douleur est une expérience désagréable à la fois physique et émotionnelle. Une lésion peut toucher la peau, un muscle, un ligament ou un autre tissu. La douleur peut accompagner une blessure, mais elle peut aussi exister sans lésion détectable. Son intensité ne mesure pas directement les dommages.1

Une chute à vélo peut provoquer une éraflure, un muscle blessé ou une entorse. Ces blessures peuvent faire mal. L’inflammation qui suit une blessure participe à la réparation des tissus et peut aussi augmenter leur sensibilité. La douleur ressentie dépend toutefois de plusieurs facteurs, pas seulement de la blessure.

Une crampe ou une courbature qui survient sans traumatisme trouve d’ailleurs souvent sa source ailleurs que dans une vraie blessure musculaire, comme l’explique notre article sur la vraie cause des crampes musculaires.La douleur après une blessure peut diminuer au fil des jours ou des semaines, mais elle ne suit pas toujours le rythme de guérison du tissu. Une blessure et une douleur sont donc liées dans certaines situations, sans être équivalentes.

Certains épisodes récents de mal de dos s’améliorent rapidement. Dans une étude de 1994 auprès de 103 personnes dont la douleur avait commencé depuis moins de 72 heures, 90 % ne rapportaient plus de douleur ni de limitation après deux semaines.2 Ce résultat concerne ce groupe précis. Une douleur qui persiste mérite une évaluation et un plan adapté. Notre guide complet sur la douleur au dos explique les différentes situations.

Une douleur réelle peut être présente même lorsqu’aucune blessure n’est trouvée. L’absence de lésion visible ne rend pas votre douleur moins réelle.

Le bref mal de tête provoqué par un aliment très froid en est un exemple. Cette douleur peut être forte et disparaître rapidement quand le contact avec le froid cesse. La classification des maux de tête décrit ce phénomène.

Cette explication ne s’applique pas à tous les maux de tête. Un mal de tête soudain et extrêmement intense, ou accompagné d’une faiblesse, de confusion ou de difficultés à parler, demande une évaluation urgente. Les signes d’alerte d’un mal de tête doivent être pris au sérieux.

La douleur vous pousse souvent à protéger une région du corps, mais elle ne prouve pas qu’un tissu reçoit trop de contraintes. Votre santé, vos émotions et votre contexte de vie peuvent influencer cette expérience.1 Une douleur persistante peut rester présente même après la guérison d’une blessure. Notre guide sur la douleur chronique explique ces interactions.

Comment se produit une blessure de surcharge?

Une blessure de surcharge peut se développer quand les efforts imposés à un tissu dépassent sa capacité à les supporter et à récupérer. Elle peut apparaître sans chute ni choc unique. La durée des activités, leur intensité, leur répétition et les périodes de récupération entrent en jeu. Une douleur après l’activité ne confirme toutefois pas une lésion : l’évaluation distingue la blessure possible et les autres causes de douleur.

Lorsque la douleur apparaît pendant ou après une activité, examinez ce qui a changé récemment :

  • Une séance sportive plus longue ou plus intense, avec davantage de sauts, de torsions ou d’efforts
  • Une activité inhabituelle exigeante, comme le ménage du printemps, un déménagement ou le pelletage
  • Une position tenue longtemps, par exemple rester debout à un concert ou assis sur un divan
  • Un changement de siège, de poste de travail ou d’organisation des tâches
  • Moins de pauses ou de récupération entre les activités

Chez les coureurs, la manière dont les forces augmentent à chaque pas peut aussi être étudiée. Une revue de treize études comparait des personnes avec et sans antécédent de fracture de fatigue. Ce type de fracture est lié aux contraintes répétées. Les études portaient sur le tibia, l’un des deux os de la jambe, ou sur les os du pied. La vitesse d’augmentation de la force verticale différait entre les groupes, alors que la force maximale ne différait pas clairement.3 Cette association ne classe pas les causes de toutes les blessures de course. Si les blessures reviennent, voyez pourquoi je me blesse toujours à la course.

Quels facteurs prédisposent à une blessure de surcharge?

Une récupération insuffisante et des changements importants dans les efforts font partie des facteurs à considérer pour les blessures de surcharge. Le sommeil peut aussi compter : une synthèse de sept études associe un sommeil régulièrement insuffisant ou de mauvaise qualité à davantage de blessures sportives chez les adolescents. Les résultats sont moins clairs pour une seule mauvaise nuit.4 Cette association ne prouve pas qu’un meilleur sommeil évitera une blessure.

Votre professionnel peut aussi vous demander si certains aspects de votre santé ou de vos habitudes ont changé. Ces renseignements servent à adapter les soins; ils ne démontrent pas à eux seuls la cause de votre douleur.

  • Maladie
  • Manque de sommeil
  • Changement d’alimentation 
  • Davantage de temps passé assis en bougeant très peu
  • Baisse de forme physique, par exemple entre l’été et l’hiver
  • Consommation fréquente d’alcool ou de tabac

La douleur à l’avant du genou peut apparaître pendant une période d’entraînement exigeante. Dans une étude de 1 008 recrues militaires suivies pendant douze semaines, 8,75 % ont consulté pour ce problème.5 L’étude décrit la fréquence pendant l’entraînement, sans isoler une seule cause. Notre guide sur la douleur à l’avant du genou explique les soins possibles.

Comment contrôler la douleur de surcharge?

L’adaptation des activités et la reprise graduelle de l’effort aident à gérer une douleur liée à la surcharge. Vous pouvez réduire temporairement la durée ou l’intensité des tâches qui aggravent les symptômes, tout en conservant les mouvements tolérables. Le physiothérapeute ajuste ensuite les exercices et la progression à votre problème. Une douleur nouvelle, importante ou qui s’aggrave mérite une évaluation.

Comment doser les efforts appliqués aux tissus?

Vous pouvez imaginer les efforts de la journée comme des dépenses dans un budget. Une longue course, le travail et le ménage s’additionnent. Cette image aide à organiser les activités et les pauses. Elle ne permet pas de mesurer exactement la résistance d’un tissu ni de conclure qu’une douleur signifie que le budget est dépassé. En particulier, la douleur chronique peut persister sans excès de charge.

Pour une douleur autour de la rotule, appelée douleur fémoro-patellaire, les exercices adaptés au genou et parfois à la hanche, accompagnés d’explications, constituent les soins de base recommandés. Un guide clinique de 2024 soutient cette approche. Une douleur à l’avant du genou ne conduit donc pas d’emblée à une chirurgie.

Les résultats d’une opération doivent être évalués pour chaque problème. Une revue de six essais, portant sur 277 personnes et certaines interventions orthopédiques, trouvait des résultats semblables entre une opération réelle et une opération simulée, qui reproduit certains aspects de l’intervention sans réaliser le geste étudié.6 Le petit nombre d’études et la diversité des interventions limitent la généralisation. Ce résultat ne signifie pas que toutes les chirurgies sont inutiles.

Lorsque vous ajoutez une activité, augmentez progressivement sa durée ou sa difficulté selon votre réponse. Par exemple, évitez de transformer soudainement une courte course habituelle en très longue sortie. Une étude de 5 205 coureurs a associé les sorties nettement plus longues que la plus longue sortie des 30 jours précédents à davantage de blessures. Elle ne définit pas une progression garantie sans risque. Notre article comment commencer la course sans se blesser donne un exemple de progression.

Les injections de plasma riche en plaquettes utilisent une préparation provenant de votre sang. Le sang est traité pour concentrer les plaquettes, de petits éléments du sang qui aident à arrêter les saignements, puis la préparation est injectée dans la région visée. Un essai publié dans le New England Journal of Medicine a suivi 80 sportifs blessés aux ischio-jambiers, les muscles à l’arrière de la cuisse. Les deux groupes recevaient la même réadaptation. Le groupe avec plasma ne reprenait pas son sport plus rapidement que le groupe recevant une injection de solution saline sans produit actif : dans chaque groupe, la moitié des participants avaient repris leur sport dans les 42 jours.7 Ce résultat concerne ces blessures musculaires récentes et ce protocole.

La Clinique du Coureur propose un outil pour comprendre la quantification du stress mécanique, c’est-à-dire le dosage des forces appliquées aux tissus pendant les activités.

Notre guide explique quoi faire pour une blessure en course à pied.

Nos conseils sur le retour au sport après une blessure vous aident à préparer la reprise et à réduire les risques de récidive.

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Références

Les références s’ouvrent dans un nouvel onglet.

  1. Raja SN, Carr DB, Cohen M, Finnerup NB, Flor H, Gibson S, et al. The revised International Association for the Study of Pain definition of pain: concepts, challenges, and compromises. Pain. 2020;161(9):1976-1982. (Retour aux passages : 1, 2)
  2. Coste J, Delecoeuillerie G, Cohen de Lara A, Le Parc JM, Paolaggi JB. Clinical course and prognostic factors in acute low back pain: an inception cohort study in primary care practice. BMJ. 1994;308(6928):577-80. (Retour au passage : 1)
  3. Zadpoor AA, Nikooyan AA. The relationship between lower-extremity stress fractures and the ground reaction force: a systematic review. Clin Biomech (Bristol). 2011;26(1):23-8. (Retour au passage : 1)
  4. Gao B, Dwivedi S, Milewski MD, Cruz AI. Lack of Sleep and Sports Injuries in Adolescents: A Systematic Review and Meta-analysis. J Pediatr Orthop. 2019;39(5):e324-e333. (Retour au passage : 1)
  5. Wills AK, Ramasamy A, Ewins DJ, Etherington J. The incidence and occupational outcome of overuse anterior knee pain during army recruit training. J R Army Med Corps. 2004;150(4):264-9. (Retour au passage : 1)
  6. Louw A, Diener I, Fernández-de-Las-Peñas C, Puentedura EJ. Sham Surgery in Orthopedics: A Systematic Review of the Literature. Pain Med. 2017;18(4):736-750. (Retour au passage : 1)
  7. Reurink G, Goudswaard GJ, Moen MH, Weir A, Verhaar JA, Bierma-Zeinstra SM, et al. Platelet-rich plasma injections in acute muscle injury. N Engl J Med. 2014;370(26):2546-7. (Retour au passage : 1)

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