Illustration 3D d'une tête tenue par la main, cerveau avec impact lumineux: commotion cérébrale traitée en physiothérapie

Mythes et réalités de la commotion cérébrale

Écrit par:
Claudine Farah
Révisé scientifiquement par :
Philippe Paradis
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Vous avez entendu des conseils contradictoires sur les commotions cérébrales : « Si tu n'as pas perdu connaissance, ce n'est pas grave », « Reste dans le noir pendant une semaine », « Ne fais surtout pas d'exercice ». Face à toute cette désinformation, difficile de savoir quoi faire. Cette confusion est normale, les recommandations ont beaucoup changé ces dernières années.

Les recherches sur les commotions cérébrales ont fait évoluer les conseils de récupération.¹ Plusieurs conseils qui circulent encore ne tiennent plus. Avec ces informations, vous pouvez mieux comprendre les soins et la reprise de vos activités.

Ce que la science nous apprend sur les commotions :

  • La majorité des commotions cérébrales liées au sport surviennent sans perte de conscience.¹
  • Le repos complet dans le noir est déconseillé après une commotion liée au sport.²
  • Une activité légère, comme la marche, peut commencer pendant les premières 24 à 48 heures si elle n'augmente les symptômes que légèrement et brièvement.²
  • Les symptômes peuvent apparaître immédiatement et évoluer dans les heures ou les jours suivants.

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Cet article démystifie les croyances les plus répandues. Pour les étapes concrètes de récupération, consultez notre guide sur traiter la commotion cérébrale.

Est-ce que ça prend une perte de conscience pour subir une commotion cérébrale?

Une commotion cérébrale peut survenir sans perte de conscience; c’est le cas de la majorité des commotions liées au sport.¹

Dans une étude chez des joueurs professionnels de rugby à XIII, une perte de conscience possible observée sur vidéo ne prédisait pas le délai de retour au jeu après une commotion diagnostiquée.[4] Ce résultat ne permet pas d’ignorer une perte de conscience : après un impact, ce signe demande une évaluation urgente. Restez aussi vigilant si des symptômes apparaissent sans perte de conscience. Notre page sur la commotion cérébrale décrit les signes possibles.

Est-ce que je dois être retiré du jeu si j’ai eu un coup à la tête sans aucun symptôme?

Le retrait du jeu est nécessaire dès qu’une commotion est soupçonnée, même si l’athlète ne rapporte aucun symptôme.² Un coup ne prouve pas à lui seul une commotion. Toutefois, des signes observés par l’entourage, un doute après l’impact ou des symptômes même brefs imposent le retrait et une évaluation.

Un seul signe ou symptôme après un impact peut faire soupçonner une commotion. Par exemple, une douleur au cou après un plaqué au football ou des étourdissements après avoir reçu un ballon à la tête justifient le retrait du jeu. Des étourdissements qui disparaissent en quelques minutes demandent aussi une évaluation. La décision ne dépend pas de la durée du symptôme.

La consigne à retenir : après un coup ou une chute, un signe, un symptôme ou un doute sur une commotion suffit pour retirer l’athlète du jeu et le faire évaluer.

En cas d’incertitude, retirez l’athlète du jeu.

Aucun enjeu sportif, peu importe le niveau, n’est plus important que la santé de votre cerveau.

Un athlète qui a subi une commotion ne retourne pas au même match ni à la même pratique. Un médecin ou une infirmière praticienne spécialisée évalue la blessure initiale et donne les recommandations de reprise. Cette infirmière a une formation qui lui permet notamment de poser des diagnostics. Le physiothérapeute peut amorcer les soins et encadrer la récupération. Notre équipe de physiothérapie sportive encadre ces retours au jeu.

Au Québec, un physiothérapeute formé qui traite régulièrement des commotions peut autoriser le retour aux activités à risque lorsque l’évaluation confirme la récupération et l’absence de symptômes persistants. Si les symptômes persistent, un médecin ou une infirmière praticienne spécialisée participe à la décision. Une nouvelle évaluation médicale est nécessaire dans chacune des situations suivantes :

  • Des signes d’alerte ou une aggravation anormale des symptômes.
  • Une maladie du cerveau ou du cordon nerveux situé dans la colonne.
  • Un autre problème qui complique l’examen des nerfs.
  • Une commotion dans l’année précédente ou au moins deux commotions antérieures.
  • De nouveaux symptômes au retour au jeu.

L’avis conjoint québécois précise ces conditions.

Pourquoi évaluer aussi le cou?

Une commotion et une blessure du cou peuvent survenir au même moment et causer des symptômes semblables, comme un mal de tête ou des étourdissements. Un mouvement brusque de la tête, comme un coup de fouet cervical, peut blesser le cou. L’examen du cou aide à reconnaître sa contribution possible aux symptômes et à choisir les soins. Les symptômes seuls ne permettent pas de distinguer ces blessures.[8][9]³

Un essai chez des jeunes et de jeunes adultes de 12 à 30 ans, avec des étourdissements, des douleurs au cou ou des maux de tête persistants après une commotion sportive, a observé un bénéfice. L’ajout de physiothérapie vestibulaire, qui travaille l’équilibre et la stabilité du regard, et de soins du cou a accéléré l’autorisation médicale de retour au sport par rapport au programme de comparaison. Les deux groupes recevaient déjà des conseils, des exercices pour bouger le cou et une reprise graduelle de l’effort. Ce résultat concerne cette combinaison de soins et cette population.[10]

Que change une commotion antérieure?

Une commotion antérieure demande une attention particulière lors du retour au sport. Chez les enfants et les adolescents de 5 à 18 ans, une revue de sept études a observé un risque de nouvelle commotion plus de trois fois supérieur à celui des jeunes sans commotion antérieure.[11]¹ Ce chiffre décrit les jeunes étudiés; il ne donne pas le risque individuel de chaque adulte.

Les études sur la durée de récupération après plusieurs commotions donnent des résultats variables. Dans une étude chez des athlètes du secondaire, au moins deux commotions antérieures étaient associées à une plus grande proportion de jeunes toujours sans retour au sport à 28 jours. Les délais globaux de retour à l’école et au sport ne différaient toutefois pas clairement entre les groupes. Le suivi doit donc tenir compte de l’histoire de chaque personne.[12]¹

J'ai fait une commotion cérébrale. Est-ce que je devrais prendre 24 à 48 heures de repos ou une semaine complète?

Le repos relatif, qui consiste à réduire les activités sans tout arrêter, est recommandé pendant les premières 24 à 48 heures après une commotion.²

Après cette période, augmentez progressivement les tâches et les activités du quotidien, selon vos symptômes.

Le conseil de rester une semaine dans le noir ne correspond pas aux recommandations actuelles. Le repos physique strict jusqu’à la disparition des symptômes n’accélère pas la récupération après une commotion liée au sport. Une revue de 2023 conclut plutôt qu’une reprise précoce d’activité légère, des exercices adaptés et une réduction du temps d’écran pendant les deux premiers jours favorisent la récupération.[5]²

Le repos relatif permet de courtes activités faciles : lire un peu, jouer à un jeu de société simple, marcher doucement ou parler à des amis. Limitez les écrans pendant les deux premiers jours et évitez les activités qui demandent beaucoup de concentration ou présentent un risque de chute ou de contact.

Une petite hausse des symptômes peut être tolérée si elle reste brève : au plus 2 points sur une échelle de 0 à 10, pendant moins d’une heure. Si la hausse dépasse ces limites, faites une pause jusqu’au retour au niveau habituel, puis réduisez la durée ou l’intensité de l’activité. Les conseils de l’INESSS expliquent comment ajuster cette reprise.

Combien de temps prend la récupération après une commotion cérébrale?

La récupération après une commotion liée au sport prend souvent quelques semaines, mais sa durée varie beaucoup d’une personne à l’autre. Une revue de 2023 rapporte une disparition des symptômes en 14 jours en moyenne. Dans les études regroupées, 93 % des athlètes avaient repris complètement l’école sans aide supplémentaire en 10 jours ou moins. Le retour au sport prenait environ 20 jours en moyenne. Ces repères ne remplacent pas une évaluation ni une autorisation de reprise. La revue sur les délais de récupération détaille ces résultats.

Chez l’adulte, des symptômes peuvent persister plus longtemps. Dans une étude auprès de 343 adultes évalués en moyenne sept mois après un traumatisme crânien léger, 18,7 % rapportaient au moins trois symptômes après la blessure. Ce taux dépend de la définition retenue et du moment de l’évaluation.[14] Nos étapes de traitement expliquent comment adapter la reprise.

Consultez si votre état s’aggrave, s’améliore peu après deux semaines, ou si des symptômes empêchent encore certaines activités après un mois. Des difficultés répétées à progresser ou une forte inquiétude justifient aussi une consultation. Les signes d’alerte décrits plus bas demandent plutôt une évaluation immédiate. L’INESSS précise quand consulter de nouveau.

Quand est-ce que je peux reprendre l’activité physique après une commotion cérébrale?

L’activité physique légère peut reprendre progressivement pendant les premières 24 à 48 heures, si elle ne fait augmenter les symptômes que légèrement et brièvement.² La marche douce fait partie du repos relatif.

Après 24 à 48 heures d’activités réduites, augmentez doucement l’activité légère. Un professionnel peut ensuite prescrire un exercice qui fait travailler le cœur, comme le vélo stationnaire, pendant les deux premières semaines. Cette reprise aide à récupérer; le repos complet prolongé peut ralentir la récupération.[5] Le programme reste adapté à vos symptômes et à votre situation.

Un exercice aérobique fait travailler le cœur et la respiration. Lorsqu’un professionnel ajuste son intensité à votre tolérance après un test qui observe vos symptômes pendant un effort progressif, ce traitement commencé de 2 à 10 jours après une commotion sportive aide à réduire le risque de symptômes au-delà d’un mois.²

La reprise du sport suit des étapes séparées d’au moins 24 heures. Les activités à risque de collision, de chute ou de contact attendent l’autorisation d’un professionnel qualifié. Selon le guide québécois, les symptômes doivent avoir disparu au repos et pendant les activités, et les activités intellectuelles, comme les études ou le travail, doivent être reprises sans adaptation avant l’étape 4. Cette étape comprend les exercices avec ou sans coéquipier, sans contact. Les étapes suivantes réintroduisent l’entraînement avec contact, puis la compétition. Si les symptômes reviennent à ces étapes, revenez à l’étape 3 et consultez si la progression reste difficile. Le guide québécois présente les six étapes.

Quand les symptômes d’une commotion cérébrale peuvent-ils apparaître?

Les symptômes d’une commotion peuvent apparaître immédiatement et évoluer dans les heures ou les jours qui suivent l’impact.² L’absence de symptôme immédiat ne suffit donc pas à exclure une commotion.

Chez certains enfants et adolescents, les symptômes ont commencé plusieurs minutes ou plusieurs heures après la blessure sportive.[6] Une autre étude, menée chez des joueurs adultes de rugby de haut niveau, a montré que le nombre et la gravité des symptômes pouvaient encore évoluer pendant les 48 premières heures.[7]

Après un impact qui fait soupçonner une commotion, ne retournez pas au jeu, même si vous ne ressentez pas encore de symptôme. Faites-vous évaluer et surveillez votre état avec votre entourage dans les heures et les jours suivants.² Les symptômes d’une commotion vont bien au-delà du mal de tête.

Quels signes demandent d’aller à l’urgence?

Après la blessure, allez immédiatement à l’urgence si un seul des signes suivants apparaît :

  • Un mal de tête sévère ou qui s’aggrave.
  • Des vomissements répétés.
  • Une vision double ou une perte de vision.
  • Des convulsions, c’est-à-dire des mouvements incontrôlables et répétés du corps.
  • Une difficulté à marcher ou à parler.
  • Une faiblesse ou une perte de sensation dans un bras ou une jambe.
  • Une difficulté à rester éveillé, de la confusion, une perte de conscience ou une difficulté à reconnaître les gens ou les lieux.
  • Une agitation ou une agressivité croissante, des pleurs excessifs ou un comportement inhabituel.

Ces signes d’alerte se distinguent des symptômes fréquents, comme la fatigue ou un mal de tête léger. Le dépliant de l’INESSS les décrit.

Où trouver plus d'information sur la commotion cérébrale?

Physioactif propose un guide sur la commotion, deux articles sur les symptômes et le traitement, et un épisode de balado consacré aux commotions cérébrales.

Pour en savoir davantage sur la commotion cérébrale, consultez la section commotion cérébrale et lisez ces deux articles, les commotions cérébrales, c'est plus que des maux de tête et traiter la commotion cérébrale une étape à la fois, pour connaître plus en détail les étapes du traitement de la commotion cérébrale.

Vous pouvez aussi écouter le balado Parle-moi de santé, animé par Alexis Gougeon, physiothérapeute. L’épisode 6, publié en octobre 2020, porte sur les commotions cérébrales avec Dave Ellemberg. Les conseils de reprise évoluent : pour votre situation actuelle, suivez les recommandations de votre professionnel de la santé.

Épisode 6 de Parle-moi de santé : les commotions cérébrales

Écouter l’épisode 6 avec Dave Ellemberg sur Apple Podcasts.

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