
Que dit la science sur la thérapie par ondes de choc?
La science montre que les ondes de choc peuvent aider certaines tendinopathies, avec des effets qui varient beaucoup selon la région du corps et le type de tendinopathie1. Elles ne remplacent pas le traitement actif : pour les tendinopathies d'Achille, rotulienne et fessière, les meilleures synthèses recommandent l'exercice en première intention, pendant au moins trois mois, avant même d'envisager un traitement ajouté2. Et quand une personne dit que le traitement conservateur n'a pas marché chez elle, la première question n'est pas de savoir quelle autre modalité essayer, c'est de savoir si ce traitement a vraiment été fait comme il faut.
Vous avez peut-être entendu parler des ondes de choc comme option pour une tendinite qui n'arrive pas à guérir. Cette modalité existe depuis les années 1990 et fait partie des outils utilisés en physiothérapie musculo-squelettique3. Mais ce n'est pas une solution miracle, et ce n'est pas non plus l'approche centrale de tous les physiothérapeutes.
Voici ce que les études contrôlées disent sur cette modalité, dans quels cas elle peut aider, et comment Physioactif aborde les tendinopathies au-delà de l'utilisation des ondes de choc.
Qu'est-ce que la thérapie par ondes de choc?
La thérapie par ondes de choc utilise des ondes acoustiques transmises à travers la peau vers une zone précise. Ces ondes portent de l'énergie dans les tissus et y déclenchent une série de réponses biologiques4. La revue qui décrit ce mécanisme porte sur les tissus musculosquelettiques en général, pas sur le tendon en particulier. La technologie a d'abord été conçue pour fragmenter les calculs rénaux5.
10 mini-trucs pour comprendre ta douleur
Ceux qui ont le plus changé la vie de mes patients. 1 par jour, 2 min.
La technologie a été développée autour des années 1980 pour la lithotritie, puis étudiée en orthopédie et en traumatologie4. Elle est utilisée en physiothérapie depuis plusieurs années.
Il existe deux types principaux d'ondes de choc :
Les ondes de choc radiales sont générées par un projectile accéléré qui frappe un applicateur au contact de la peau. Leur pression est maximale à la source et se disperse ensuite, ce qui donne un champ plus superficiel6. En clinique, on les utilise notamment pour des structures proches de la surface, comme la fasciite plantaire ou les tendinites d'Achille. Le protocole Cochrane décrit la physique de l'appareil dans le contexte de la douleur au talon, sans établir la tendinopathie d'Achille comme indication.
Les ondes de choc focalisées peuvent être produites par différentes technologies. Leur champ de pression est réglé pour converger vers un point choisi à l'intérieur du corps, généralement à quelques centimètres de la peau, ce qui permet d'atteindre des structures profondes6. En clinique, on les privilégie pour les calcifications tendineuses ou les structures profondes. Il faut savoir que les essais qui comparent les deux modes ne montrent pas d'avantage clair de l'un sur l'autre pour la douleur, la fonction ou l'amplitude de mouvement7.
Comment fonctionne la thérapie par ondes de choc?
La thérapie par ondes de choc transmet de l'énergie mécanique aux tissus, ce qui peut modifier temporairement la douleur et déclencher des réponses biologiques observées surtout en laboratoire.
Analgésie locale. Certaines personnes ressentent un soulagement dès la séance. Plusieurs mécanismes pourraient expliquer ce changement, mais aucun mécanisme précis n'est démontré chez les personnes traitées. Ce soulagement ne prouve pas que le tendon a guéri.
Hypothèse de micro-lésions dans le tissu tendineux. Des travaux fondamentaux suggèrent que de faibles densités d'énergie déclenchent des réponses biologiques et amorcent la réparation du tendon8. D'autres travaux rapportent des changements dans la substance qui entoure les cellules du tendon, appelée matrice, et dans le nombre de ces cellules, mais aussi qu'une énergie trop élevée peut abîmer la structure du tendon5. Ces résultats viennent surtout d'études en laboratoire. Ils ne démontrent pas que le traitement crée toujours des micro-lésions contrôlées et sans danger chez une personne.
Stimulation vasculaire. Les ondes de choc peuvent provoquer une hypervascularisation et une néovascularisation : une augmentation du flux sanguin et la formation de nouveaux capillaires. Les travaux qui rapportent ces effets, avec l'activation de voies liées à l'angiogenèse, à la multiplication des cellules et au collagène, sont surtout des études en laboratoire8, et la néovascularisation y est observée principalement chez l'animal ou sur des tissus isolés5. Que cette meilleure irrigation facilite ensuite l'arrivée des facteurs de croissance et la réparation chez une personne traitée n'a pas été montré.
Réorganisation du tissu cicatriciel. En laboratoire, on observe après les ondes de choc des changements de la matrice du tendon et de la formation de collagène5. Les études chez l'humain ne démontrent toutefois pas que les ondes brisent des adhérences, réorganisent un tissu cicatriciel ou réalignent les fibres de collagène.
Pour les calcifications tendineuses (comme certaines tendinites de la coiffe des rotateurs), on parle souvent d'un effet décalcifiant. Ce qui est mesuré, c'est que le diamètre moyen des dépôts calciques diminue à l'imagerie après le traitement9. La séquence qu'on décrit d'habitude, une fragmentation progressive suivie d'une réabsorption par le corps dans les semaines qui suivent, n'est pas établie par ces études.
Il faut nuancer : ces mécanismes sont documentés en laboratoire, et les études cliniques montrent des bénéfices qui changent beaucoup d'une condition à l'autre. L'effet est bien appuyé pour la fasciite plantaire, négligeable ou incertain pour les tendinopathies rotulienne et d'Achille10, et il diffère aussi entre les membres supérieurs, les membres inférieurs et les formes calcifiantes1. Que la taille de l'effet dépende aussi du protocole et de la combinaison avec l'exercice est une idée courante, que ces synthèses n'ont pas testée directement.
Quelles conditions sont étudiées dans la littérature?
Les ondes de choc ont été étudiées pour les tendinopathies chroniques, c'est-à-dire les problèmes tendineux qui persistent depuis un bon moment. Les résultats rapportés varient beaucoup selon la condition traitée : une synthèse de 45 essais trouve les effets les plus faibles pour l'épicondylite et les plus forts pour la coiffe des rotateurs, avec des différences importantes entre les essais d'une même condition11. Ces essais ne portaient pas tous sur des formes chroniques.
La fasciite plantaire est l'indication la mieux documentée : les meilleures synthèses y trouvent un effet important sur la douleur et sur la fonction10. Les ondes de choc sont aussi utilisées pour les tendinopathies de l'épaule, dont la tendinite calcifiante. Du côté de la coiffe des rotateurs, par contre, la revue Cochrane trouve très peu de bénéfices cliniquement importants, avec des protocoles qui varient beaucoup d'un essai à l'autre3.
La tendinite calcifiante de l'épaule est un cas particulier : les ondes de choc peuvent y réduire la douleur, améliorer la fonction et faire disparaître une partie des dépôts, surtout à haute énergie, mais la certitude de ces résultats est très faible12. Les ondes focalisées ne se montrent pas supérieures aux ondes radiales pour cet effet12.
L'épicondylite latérale (coude du joueur de tennis) est le cas où l'attente est la plus déçue : la méta-analyse ne trouve pas d'amélioration cliniquement importante de la douleur ni de la force de préhension, même si le sous-groupe traité avec des ondes radiales montre un signal favorable qui n'atteint pas ce seuil13. Pour l'épicondylite médiale (coude du golfeur), les données demeurent insuffisantes pour appliquer automatiquement la conclusion sur le coude du joueur de tennis.
La tendinopathie rotulienne (genou du sauteur) répond de façon variable : ajoutées à un exercice où le muscle travaille en s'allongeant (exercice excentrique), les ondes de choc n'apportent pas de bénéfice à court terme sur la douleur ni sur la fonction, et leur effet est négligeable contre un traitement simulé10. Ce qui reste la base, c'est un programme de charge progressive encadré : les meilleures synthèses recommandent l'exercice seul en première intention, pendant au moins trois mois, avant même d'envisager un traitement ajouté2. Les ondes de choc s'ajoutent parfois par-dessus, jamais à sa place.
La tendinopathie d'Achille est le cas où les données ont le plus changé : la synthèse la plus récente ne trouve aucun bénéfice cliniquement important sur la douleur ou l'incapacité, ni pour la forme d'insertion ni pour la portion moyenne du tendon, que les ondes de choc soient données seules ou ajoutées à un autre traitement, et ses auteurs en déconseillent l'usage courant14. Ici, le programme de charge progressive n'est pas la base sur laquelle on ajoute quelque chose : il est le traitement.
D'autres conditions ont été étudiées, avec des preuves plus minces. Pour le syndrome douloureux du grand trochanter, qui regroupe la bursite trochantérienne et la tendinopathie des moyens fessiers, un soulagement à court terme est rapporté, avec une grande incertitude parce que les essais disponibles présentent un risque de biais élevé15. Du côté de l'os, la périostite tibiale, certaines lésions de stress et les fractures qui consolident mal ou pas du tout ont fait l'objet d'indications spécialisées en milieu médical, sur des données de faible niveau16. Pour le syndrome de la bandelette ilio-tibiale, les données sont insuffisantes pour conclure à un bénéfice.
L'évaluation tient compte de la durée du problème, de la qualité du diagnostic et de la zone à traiter. Ces facteurs orientent la décision clinique, mais les études ne permettent pas de prédire précisément le résultat d'une personne.
Que se passe-t-il pendant une séance de thérapie par ondes de choc?
Pendant une séance, le physiothérapeute applique un gel conducteur sur la peau puis déplace un applicateur sur la zone affectée pour y transmettre les ondes acoustiques, après une évaluation qui localise la région à traiter.
Comprendre le déroulement d'une séance peut aider à savoir à quoi s'attendre.
L'évaluation initiale commence par une discussion sur l'historique médical, les symptômes actuels et les traitements déjà tentés. Le physiothérapeute examine la zone affectée pour localiser les points douloureux et évaluer l'amplitude de mouvement. Les recommandations de pratique utilisent les zones de douleur maximale pour guider l'application17.
Le positionnement se fait sur une table de traitement, dans une position qui expose bien la région à traiter.
L'application du gel conducteur sur la peau permet la transmission des ondes acoustiques vers les tissus profonds.
Le traitement consiste à déplacer l'applicateur sur la zone affectée. La durée de chaque séance varie selon la zone traitée et l'appareil utilisé. L'intensité est ajustée progressivement selon la tolérance.
Une zone très sensible peut rendre les premières séances plus inconfortables. La revue de pratique décrit la douleur pendant le traitement comme un effet attendu, sans l'attribuer à un niveau d'inflammation mesuré17.
Immédiatement après, la zone peut être légèrement rouge ou sensible. Certaines personnes ressentent un soulagement immédiat, d'autres une sensation de courbature passagère après la séance. Ces réactions sont généralement passagères. Une réaction intense ou persistante doit être signalée au physiothérapeute.
Le nombre de séances varie selon la condition traitée et selon la réponse au traitement.
Entre les séances, le physiothérapeute adapte les activités et les exercices selon votre condition et votre tolérance.
Quelles sont les questions fréquentes sur la thérapie par ondes de choc?
Les questions fréquentes sur la thérapie par ondes de choc concernent la douleur pendant le traitement, le délai avant de voir des résultats, les effets secondaires, les contre-indications, le coût d'une séance et la place des exercices.
Est-ce que la thérapie par ondes de choc fait mal?
La sensation est décrite comme un inconfort qui doit rester tolérable. Son intensité varie avec la sensibilité locale, les paramètres de l'appareil et l'énergie utilisée. Les premières séances peuvent être plus inconfortables. L'intensité peut être ajustée à tout moment. Les recommandations de pratique favorisent un traitement sans anesthésie17, tandis que le protocole Cochrane inclut des traitements avec ou sans anesthésie6. On ne peut donc pas affirmer qu'elle n'est jamais nécessaire.
Combien de temps avant de voir des résultats?
Des personnes rapportent un soulagement rapide, sans qu'on sache encore par quel mécanisme. Dans la coiffe calcifiante, des améliorations de la douleur et de la fonction ont aussi été mesurées à 24 semaines12, sans que ces résultats permettent de les attribuer directement à une guérison mesurée des tissus.
Quels sont les effets secondaires possibles?
Les effets secondaires rapportés sont surtout locaux : douleur au point d'application, rougeur, ecchymoses, hématome, irritation d'un nerf avec engourdissement ou picotements et gonflement superficiel17. La même revue mentionne aussi des maux de tête et des migraines parmi les effets possibles ailleurs dans le corps, ainsi que quelques complications importantes publiées. La fréquence exacte des complications graves reste incertaine.
Quelles sont les contre-indications?
Les précautions dépendent du type d'appareil, de l'énergie utilisée et de la zone traitée. La revue de pratique classe l'infection active et la grossesse parmi les contre-indications absolues pour toutes les énergies, ainsi qu'une tumeur maligne dans la zone pour les ondes focalisées. Pour un traitement à haute énergie, un trouble important de la coagulation et un cartilage de croissance situé dans la zone sont des contre-indications relatives. La prise d'anticoagulants, un stimulateur cardiaque ou un autre appareil implanté sont des facteurs importants à évaluer, pas des interdictions absolues uniformes17. Une thrombose veineuse doit être signalée avant le traitement afin que le professionnel évalue les précautions nécessaires. Un dépistage médical est effectué avant tout traitement.
Combien coûte une séance d'ondes de choc?
Le coût d'une séance varie d'une clinique à l'autre. Comme il s'agit d'un traitement de physiothérapie, certaines assurances privées peuvent le couvrir. La Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) ne rembourse pas les séances de physiothérapie offertes en clinique privée.
La thérapie par ondes de choc remplace-t-elle les exercices?
Non. Les ondes de choc peuvent réduire la douleur, avec un effet qui varie beaucoup selon la condition11. Une séance d'ondes de choc ne remplace toutefois ni un programme de renforcement du tendon ni le travail actif sur les facteurs biomécaniques qui ont contribué à la blessure. Pour les tendinopathies d'Achille et rotulienne ainsi que le syndrome douloureux du grand trochanter, l'exercice reste le traitement de première intention, et aucun traitement ajouté ne s'est montré clairement supérieur à l'exercice seul2. Les ondes de choc peuvent accompagner un programme d'exercices, sans jamais le remplacer. Qu'elles réduisent les récidives ou corrigent les déséquilibres n'a pas été mesuré : les synthèses disponibles regardent la douleur et la fonction, pas les rechutes.
10 mini-trucs pour comprendre ta douleur
Ceux qui ont le plus changé la vie de mes patients. 1 par jour, 2 min.
Est-ce que les ondes de choc peuvent fragmenter les calcifications?
Les études ne permettent pas d'affirmer que les ondes de choc fragmentent directement les calcifications. Les radiographies de suivi montrent souvent une diminution, parfois une disparition, des dépôts calciques après une série de séances, et cette diminution est plus marquée à haute énergie12. Dans les essais regroupés, la disparition complète était notamment mesurée à 12 semaines; ces données ne permettent pas d'établir la durée exacte du processus. Le mécanisme souvent proposé, une fragmentation en petits morceaux que le corps réabsorbe ensuite, n'est pas établi par les études d'imagerie9. Les ondes focalisées ne se montrent pas plus efficaces que les ondes radiales pour cet effet12.
Puis-je continuer mes activités après une séance?
Il est conseillé d'éviter les activités intenses qui sollicitent la zone traitée après la séance. Les activités légères sont permises. Le physiothérapeute donne des directives précises selon votre condition.
Que faire si les ondes de choc ne fonctionnent pas?
Si aucune amélioration n'apparaît après une série complète de séances, la première question n'est pas de savoir quelle autre modalité essayer. C'est de savoir si le traitement actif a vraiment été fait, et bien fait. Cinq choses se vérifient. Le diagnostic a été confirmé, pas supposé à partir du mot « tendinite ». La charge a réellement augmenté au fil des semaines, au lieu de rester la même série de trois exercices. Le programme a duré assez longtemps pour la condition traitée. Pour les tendinopathies d'Achille et rotulienne ainsi que le syndrome douloureux du grand trochanter, les meilleures synthèses recommandent au moins trois mois d'exercice seul avant même d'envisager un traitement ajouté2; ce délai n'est pas une règle universelle pour toutes les conditions. Quelqu'un a suivi la progression et l'a ajustée, plutôt que de remettre une feuille d'exercices à la première visite. Et le repos, seul, ne compte pas comme un traitement conservateur. Si une de ces cinq choses manque, on ne peut pas encore conclure que le traitement conservateur a réellement échoué : il faut d'abord revoir comment il a été mené. Ensuite seulement, le diagnostic se réévalue et on regarde ce qui pourrait entretenir les symptômes : déficits de force, problèmes biomécaniques, douleur référée, atteintes nerveuses. Le nombre de séances d'une série varie selon la condition traitée. Les options médicales peuvent inclure des infiltrations ou, dans certains cas, une chirurgie. Une consultation avec un médecin spécialiste peut être indiquée si la condition est sévère.
Comment Physioactif aborde-t-il les tendinopathies?
Chez Physioactif, le traitement des tendinopathies commence par une évaluation du diagnostic et un programme d'exercices dont la charge augmente progressivement. Les ondes de choc peuvent compléter ce programme dans certains cas.
Premièrement, vérifier que c'est vraiment une tendinopathie
Plusieurs conditions donnent une douleur qui ressemble à une tendinopathie. Dans la région de l'épaule, les étiquettes tendinopathie de la coiffe, bursite et conflit sous-acromial se chevauchent, et l'évaluation doit aussi exclure une douleur projetée qui ne vient pas de l'épaule18. Dans plusieurs problèmes de surcharge, une atteinte d'un nerf périphérique peut imiter ou accompagner une douleur tendineuse19. Une sensibilisation du système nerveux peut aussi accompagner une tendinopathie qui dure, surtout au membre supérieur, sans remplacer pour autant le diagnostic tendineux20. Si on traite une « tendinite » qui n'en est pas une, les résultats sont décevants peu importe la modalité utilisée.
Notre évaluation initiale cherche à confirmer le diagnostic avant de proposer un plan. Cette priorité réduit le risque de traiter une structure qui n'explique pas les symptômes. Vous pouvez demander au physiothérapeute sur quels éléments son diagnostic repose.
Ensuite, la charge progressive plutôt que le simple « repos »
Le repos seul n'est pas un traitement de la tendinopathie : pour les tendinopathies d'Achille et rotulienne ainsi que le syndrome douloureux du grand trochanter, l'exercice est recommandé en première intention2. On utilise donc une charge mécanique adaptée. Il faut savoir que le bénéfice de cette charge ne s'explique pas nécessairement par une reconstruction visible de la structure du tendon : une revue systématique n'a pas retrouvé ce lien pour l'exercice excentrique, avec un appui limité du côté de la résistance lourde et lente21. La science actuelle ne réduit pas le traitement à une seule forme d'exercice. Pour les tendinopathies d'Achille et rotulienne ainsi que le syndrome douloureux du grand trochanter, les programmes recommandés varient selon la condition. Ils peuvent utiliser des exercices avec mouvement sous une charge contrôlée et, dans certains cas, des contractions sans mouvement lorsque le mouvement est mal toléré2. La progression vers les mouvements propres aux activités de la personne est ajustée au cas par cas; aucune séquence unique en trois phases ne convient à toutes les tendinopathies.
Le programme de charge progressive est ajusté à votre tendinopathie, à votre niveau de douleur, à votre capacité actuelle et à vos objectifs. Les synthèses appuient l'exercice comme traitement de première intention, sans permettre de mesurer la part exacte du résultat qui lui revient2.
Quand on considère les ondes de choc
Les ondes de choc peuvent être pertinentes dans des cas précis. La tendinite calcifiante de la coiffe des rotateurs, quand la calcification est documentée à l'imagerie : la douleur et la fonction peuvent s'améliorer, avec une certitude de preuve très faible12. La fasciite plantaire qui persiste malgré un traitement actif bien mené : c'est l'indication la mieux appuyée10. Bien mené, ça veut dire quelque chose de précis : le diagnostic a été confirmé, la charge a réellement augmenté au fil des semaines, le programme a duré assez longtemps pour la condition traitée, et quelqu'un a suivi la progression et l'a ajustée. Pour les tendinopathies d'Achille et rotulienne ainsi que le syndrome douloureux du grand trochanter, la meilleure synthèse recommande au moins trois mois d'exercice avant un traitement ajouté2; ce délai ne se transporte pas automatiquement à la fasciite plantaire. Si une de ces conditions manque, on ne peut pas encore conclure que le traitement actif a réellement échoué : il faut d'abord revoir comment il a été mené avant de passer à une autre modalité. Pour les tendinopathies d'insertion, la prudence s'impose : du côté du tendon d'Achille, les données récentes ne montrent aucun bénéfice cliniquement important14. Pour la coiffe calcifiante et la fasciite plantaire, quand les ondes de choc sont retenues, elles complètent le programme actif, elles ne le remplacent jamais.
Des résultats décevants après des ondes de choc justifient une réévaluation du diagnostic et du programme actif. Quelques exercices remis une seule fois, sans progression ni ajustement, ne correspondent pas à un programme complet de charge progressive. Le physiothérapeute vérifie donc la durée, la progression et la tolérance du programme avant de conclure que le traitement conservateur a échoué ou de proposer une autre modalité.
Articles spécifiques par condition
Voici nos guides détaillés pour les tendinopathies les plus fréquentes :
- Tendinopathie ou tendinite à l'épaule
- Tendinite calcifiante à l'épaule
- Tendinopathie rotulienne
- Tendinite ou tendinopathie du tendon rotulien
- Tendinite ou tendinopathie du tendon d'Achille
- Tendinite ou tendinopathie des muscles fessiers
- Tendinite ou tendinopathie de la patte d'oie
- Tendinite ou tendinopathie des muscles adducteurs
Chaque guide aborde les particularités de la condition, le diagnostic différentiel, les phases de traitement actif et les situations où une consultation médicale ou une modalité complémentaire comme les ondes de choc peut être considérée.
Pas certain que les ondes de choc soient ce qu'il vous faut?
Nos physiothérapeutes peuvent évaluer votre tendinopathie et vous orienter vers le bon plan, qu'il inclue ou non des ondes de choc.
Prendre rendez-vousRéférences
Les références s’ouvrent dans un nouvel onglet.
- Elgendy MH, Khalil SE, ElMeligie MM, Elazab DR. Effectiveness of extracorporeal shockwave therapy in treatment of upper and lower limb tendinopathies: A systematic review and meta-analysis. Physiother Res Int. 2024;29(1):e2042. (Retour aux passages : 1, 2)
- Challoumas D, Crosbie G, O'Neill S, Pedret C, Millar NL. Effectiveness of Exercise Treatments with or without Adjuncts for Common Lower Limb Tendinopathies: A Living Systematic Review and Network Meta-analysis. Sports Med Open. 2023;9(1):71. (Retour aux passages : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8)
- Surace SJ, Deitch J, Johnston RV, Buchbinder R. Shock wave therapy for rotator cuff disease with or without calcification. Cochrane Database Syst Rev. 2020;3(3):CD008962. (Retour aux passages : 1, 2)
- Simplicio CL, Purita J, Murrell W, Santos GS, Dos Santos RG, Lana JFSD. Extracorporeal shock wave therapy mechanisms in musculoskeletal regenerative medicine. J Clin Orthop Trauma. 2020;11(Suppl 3):S309-S318. (Retour aux passages : 1, 2)
- Poenaru D, Sandulescu MI, Cinteza D. Biological effects of extracorporeal shockwave therapy in tendons: A systematic review. Biomed Rep. 2023;18(2):15. (Retour aux passages : 1, 2, 3, 4)
- Jessup RL, Oates MJ, Johnston RV, Buchbinder R. Shockwave therapy for plantar heel pain (plantar fasciitis). Cochrane Database of Systematic Reviews. 2019. (Retour aux passages : 1, 2, 3)
- Ismail Hassan M, Ibrahim Abdelhamed A, Emad T, Hesham Sallam M, Samy H, Hesham Elkhodary H, et al. Focused shock wave versus radial pressure wave therapy for musculoskeletal disorders: A systematic review and meta-analysis. J Back Musculoskelet Rehabil. 2026:10538127261477948. (Retour au passage : 1)
- Chen Y, Lyu K, Lu J, Jiang L, Zhu B, Liu X, et al. Biological response of extracorporeal shock wave therapy to tendinopathy in vivo (review). Front Vet Sci. 2022;9:851894. (Retour aux passages : 1, 2)
- Al-Abbad H, Allen S, Morris S, Reznik J, Biros E, Paulik B, et al. The effects of shockwave therapy on musculoskeletal conditions based on changes in imaging: a systematic review and meta-analysis with meta-regression. BMC Musculoskelet Disord. 2020;21(1):275. (Retour aux passages : 1, 2)
- Charles R, Fang L, Zhu R, Wang J. The effectiveness of shockwave therapy on patellar tendinopathy, Achilles tendinopathy, and plantar fasciitis: a systematic review and meta-analysis. Front Immunol. 2023;14:1193835. (Retour aux passages : 1, 2, 3, 4)
- Majidi L, Khateri S, Nikbakht N, Moradi Y, Nikoo MR. The effect of extracorporeal shock-wave therapy on pain in patients with various tendinopathies: a systematic review and meta-analysis of randomized control trials. BMC Sports Sci Med Rehabil. 2024;16(1):93. (Retour aux passages : 1, 2)
- Brindisino F, Marruganti S, Lorusso D, Cavaggion C, Ristori D. The effectiveness of extracorporeal shock wave therapy for rotator cuff calcific tendinopathy. A systematic review with meta-analysis. Physiother Res Int. 2024;29(3):e2106. (Retour aux passages : 1, 2, 3, 4, 5, 6)
- Yoon SY, Kim YW, Shin IS, Moon HI, Lee SC. Does the Type of Extracorporeal Shock Therapy Influence Treatment Effectiveness in Lateral Epicondylitis? A Systematic Review and Meta-analysis. Clinical Orthopaedics & Related Research. 2020;478(10):2324-2339. (Retour au passage : 1)
- Korakakis V, Kotsifaki R, Sotiralis Y, Malliaras P. Shockwave Therapy for Midportion and Insertional Achilles Tendinopathy: A Nail in the Coffin? A Systematic Review With Meta-Analysis. J Orthop Sports Phys Ther. 2026;56(5):282-299. (Retour aux passages : 1, 2)
- Rhim HC, Shin J, Beling A, Guo R, Pan X, Afunugo W, et al. Extracorporeal Shockwave Therapy for Greater Trochanteric Pain Syndrome: A Systematic Review with Meta-Analysis of Randomized Clinical Trials. JBJS Rev. 2024;12(8). (Retour au passage : 1)
- Prisco LC, Zhao E, Lynch O, Hoo JS, Tenforde AS, Goolsby M. Use of Extracorporeal Shockwave Therapy for the Management of Bone Pathologies: A Systematic Review. Clin J Sport Med. 2026;36(4):e86-e114. (Retour au passage : 1)
- Tenforde AS, Borgstrom HE, DeLuca S, McCormack M, Singh M, Hoo JS, et al. Best practices for extracorporeal shockwave therapy in musculoskeletal medicine: Clinical application and training consideration. PM R. 2022;14(5):611-619. (Retour aux passages : 1, 2, 3, 4, 5)
- Haas R, Ibounig T, Buchbinder R. Management of Shoulder Pain in Primary Care: A Review. JAMA Intern Med. 2026. (Retour au passage : 1)
- Krish P, Kapur A, Patel K, Wolin S, Hershfeld B, Cohn RM, et al. Peripheral Nerve Entrapment Mimics of Overuse Syndromes: A Symptom-First Diagnostic Framework. Am J Phys Med Rehabil. 2026. (Retour au passage : 1)
- Plinsinga ML, Brink MS, Vicenzino B, van Wilgen CP. Evidence of Nervous System Sensitization in Commonly Presenting and Persistent Painful Tendinopathies: A Systematic Review. J Orthop Sports Phys Ther. 2015;45(11):864-75. (Retour au passage : 1)
- Drew BT, Smith TO, Littlewood C, Sturrock B. Do structural changes (eg, collagen/matrix) explain the response to therapeutic exercises in tendinopathy: a systematic review. Br J Sports Med. 2014;48(12):966-72. (Retour au passage : 1)
La satisfaction de nos clients est notre priorité
À Physioactif, l’excellence guide chaque intervention, mais ce sont nos patients qui en parlent le mieux. Consultez plutôt leurs avis vérifiés pour vous faire une idée concrète de leur expérience.
Découvrez nos cliniques de physiothérapie
Nous sommes présents dans plusieurs emplacements pour mieux vous servir.
Blainville
190 Chem. du Bas-de-Sainte-Thérèse Bureau 110,
Blainville, Quebec
J7B 1A7
Située à Blainville, à proximité de Rosemère, la clinique Physioactif est facilement accessible pour les résidents du secteur et des alentours
Boucherville
690 rue de Montbrun, Local S,
Boucherville, Quebec
J4B 8H2
Établie à Boucherville, la clinique Physioactif est facilement accessible pour les gens du secteur
Laval
3224 Av. Jean-Béraud Bureau 220 Laval,
QC H7T 2S4
Située à Chomedey, au cœur de Laval, la clinique Physioactif est facilement accessible pour les personnes à proximité
Montréal
8801 Rue Lajeunesse,
Montréal,
QC H2M 1R8
Située à Ahuntsic, à proximité de Villeray, la clinique Physioactif est facilement accessible pour les résidents des deux quartiers
Saint-Eustache
180 25e Avenue Bureau
201 Saint-Eustache
QC J7P 2V2
Située à Saint-Eustache, la clinique Physioactif est facilement accessible pour les résidents du secteur et des environs
Vaudreuil
21 Bd de la Cité-des-Jeunes Bureau 240,
Vaudreuil-Dorion, Quebec
J7V 0N3
Établie à Vaudreuil-Dorion, la clinique Physioactif est facilement accessible pour les gens du secteur
Prenez rendez-vous dès maintenant


