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Troubles du développement chez l'enfant : guide complet pour les parents

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Troubles du développement chez l'enfant : guide complet pour les parents

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Troubles du développement chez l'enfant : guide complet pour les parents

Votre enfant de 10 mois ne s'assoit pas encore seul? Votre tout-petit semble plus maladroit que les autres enfants de son groupe? Ces observations peuvent générer beaucoup d'inquiétude, surtout quand on compare son enfant aux autres. Cette inquiétude est normale. Quand on aime son enfant, on veut le meilleur pour lui. Environ 10 à 15% des enfants présentent une forme de trouble ou de retard du développement.1

Voici la bonne nouvelle : le cerveau de l'enfant possède une plasticité remarquable, particulièrement dans les premières années de vie.2 Avec un accompagnement approprié, la grande majorité des enfants progressent de façon significative. L'intervention précoce profite de cette fenêtre d'opportunité pour maximiser le potentiel de chaque enfant.

Ce que la science nous apprend :
  • Chaque enfant se développe à son propre rythme, avec des variations normales
  • L'intervention précoce améliore significativement les résultats à court et long terme3
  • Un retard ou un trouble n'est pas une condamnation, c'est un point de départ pour agir
  • Les parents sont des partenaires essentiels dans le développement de leur enfant

Ce guide vous aidera à comprendre les troubles du développement, à reconnaître les signes qui méritent attention, et à savoir comment agir. Nos physiothérapeutes pédiatriques accompagnent les familles québécoises dans cette démarche depuis plus de 15 ans.

Qu'est-ce qu'un trouble du développement chez l'enfant?

Un trouble du développement désigne une difficulté persistante dans l'acquisition des compétences motrices, sensorielles ou cognitives attendues pour l'âge de l'enfant. Contrairement à un simple retard qui se rattrape avec le temps, un trouble implique des difficultés qui nécessitent un accompagnement spécialisé pour progresser de façon optimale.

Un trouble du développement n'est pas une "maladie" à guérir. Il s'agit plutôt d'un écart dans la trajectoire du développement qui demande des stratégies adaptées. Avec le bon soutien, les enfants avec troubles du développement peuvent atteindre leur plein potentiel et mener une vie épanouie.

L'impact d'un trouble du développement varie selon sa nature et sa sévérité. Certains enfants présentent des difficultés légères qui affectent principalement certaines activités motrices. D'autres vivent avec des défis plus importants qui touchent plusieurs sphères de leur vie quotidienne : le jeu, les interactions sociales, et les apprentissages.

Pourquoi utiliser le terme "trouble" plutôt que "retard"?

La terminologie a une importance pratique. Un retard de développement signifie que l'enfant acquiert les compétences plus lentement que la moyenne, mais qu'il finit généralement par les atteindre. Le retard est souvent temporaire et se rattrape, surtout avec de la stimulation appropriée.

Un trouble, en revanche, indique un pattern de difficultés qui ne se résout pas spontanément avec le temps. L'enfant a besoin d'une intervention structurée pour développer des stratégies compensatoires ou pour acquérir les compétences de façon différente.

Cette distinction oriente le type d'accompagnement dont l'enfant a besoin. Dans les deux cas, l'intervention aide. La différence réside dans l'intensité et la durée du soutien requis.

Quels sont les différents types de troubles du développement?

Les principaux types de troubles du développement incluent les retards de développement moteur, les troubles de la coordination (dyspraxie), les troubles du traitement sensoriel, et les conditions neurologiques comme l'hypotonie ou l'hypertonie. Chaque type affecte différentes sphères du développement et requiert une approche adaptée.

Troubles du développement moteur

Les troubles du développement moteur (difficultés dans l'acquisition des compétences de mouvement) se manifestent par un retard dans l'acquisition des jalons moteurs attendus pour l'âge. L'enfant peut tarder à s'asseoir, à ramper, à se mettre debout ou à marcher. Ces troubles touchent la motricité globale (grands mouvements du corps) et parfois la motricité fine (mouvements précis des mains).

Ces troubles sont souvent les premiers que les parents remarquent, car les jalons moteurs sont facilement observables et comparables. Pour approfondir ce sujet, consultez notre guide sur les retards de développement moteur.

Troubles de la coordination (dyspraxie)

La dyspraxie (trouble développemental de la coordination) affecte la capacité de l'enfant à planifier et exécuter des mouvements coordonnés.4 L'enfant sait ce qu'il veut faire, mais son corps a du mal à exécuter le mouvement de façon fluide et efficace.

Les manifestations incluent une maladresse inhabituelle, des difficultés dans les activités de la vie quotidienne comme s'habiller ou manger avec des ustensiles, et des défis lors des jeux moteurs comme attraper un ballon ou faire du vélo.

Troubles du traitement sensoriel

Les troubles du traitement sensoriel (réponses atypiques aux informations sensorielles) se caractérisent par des réponses atypiques aux stimuli sensoriels.5 L'enfant peut être hypersensible (réagir fortement à certains sons, textures ou mouvements) ou hyposensible (rechercher des stimulations intenses).

Ces troubles peuvent affecter la posture, l'équilibre et la coordination. Un enfant qui évite certains mouvements par sensibilité vestibulaire (système d'équilibre de l'oreille interne), par exemple, aura moins d'occasions de développer ses compétences motrices.

Conditions associées

L'hypotonie (tonus musculaire bas) se manifeste par une "mollesse" musculaire. L'enfant semble moins tonique, a plus de difficulté à maintenir des positions et se fatigue plus rapidement lors d'activités motrices.

L'hypertonie (tonus musculaire élevé) se manifeste par une raideur musculaire. Les mouvements peuvent sembler rigides et l'amplitude de mouvement peut être limitée.

Le torticolis congénital est une autre condition fréquemment associée aux troubles du développement, particulièrement chez les nourrissons.

Type de trouble Manifestations principales Âge d'identification typique
Retard moteur Jalons en retard (assis, marche) 6-18 mois
Dyspraxie Maladresse, difficulté de planification 3-5 ans
Trouble sensoriel Réactions atypiques aux stimuli 1-3 ans
Hypotonie Mollesse musculaire, fatigue Naissance-6 mois

Quelles sont les étapes normales du développement moteur?

Le développement moteur suit une séquence prévisible : contrôle de la tête vers 2-3 mois, roulement vers 5-6 mois, position assise stable vers 7-9 mois, quatre pattes vers 8-10 mois, et marche vers 12-15 mois. Ces repères aident à identifier les écarts significatifs, tout en reconnaissant que chaque enfant a son propre rythme.

Ces jalons représentent des moyennes, pas des règles absolues. Un enfant peut atteindre certains jalons plus tôt et d'autres plus tard tout en se développant normalement. Ce qui compte, c'est la progression globale et la qualité des mouvements.

Âge Jalons attendus Signes d'alerte
0-3 mois Contrôle de la tête, suit des yeux Pas de contrôle tête à 4 mois
4-6 mois Roule, appui sur avant-bras Ne roule pas à 7 mois
7-9 mois Assis stable, commence à ramper Pas assis à 10 mois
10-12 mois Quatre pattes, debout avec appui Pas de déplacement à 12 mois
12-18 mois Marche, monte escaliers avec aide Pas de marche à 18 mois
18-24 mois Court, saute à deux pieds Chutes très fréquentes

Variations normales vs préoccupantes

Certains bébés sautent l'étape du quatre pattes et passent directement à la marche. Ce n'est généralement pas préoccupant si le développement global progresse normalement. L'ordre des acquisitions peut varier légèrement d'un enfant à l'autre.

Ce qui mérite attention, c'est l'absence de progression sur plusieurs mois, une asymétrie marquée dans les mouvements, ou la perte de compétences déjà acquises. Ces situations justifient une évaluation par un professionnel.

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Comment reconnaître les signes d'un trouble du développement?

Les signes d'un trouble du développement varient selon l'âge de l'enfant. Chez le nourrisson, surveillez l'absence de contrôle de la tête à 4 mois ou l'absence de roulement à 7 mois. Chez l'enfant plus grand, observez les difficultés de coordination, la maladresse inhabituelle, ou l'évitement systématique des activités motrices.

Signes chez le nourrisson (0-12 mois)

Les premiers mois de vie offrent plusieurs indices sur le développement de l'enfant :

  • Pas de contrôle de la tête à 4 mois
  • Ne roule pas à 7 mois
  • N'est pas assis de façon stable à 10 mois
  • Asymétrie marquée dans les mouvements (utilise toujours le même côté)
  • Raideur ou mollesse musculaire excessive
  • Difficulté persistante avec le temps sur le ventre
  • Ne porte pas d'objets à la bouche

Signes chez le jeune enfant (1-3 ans)

À cet âge, les difficultés motrices deviennent plus apparentes dans les activités quotidiennes :

  • Ne marche pas à 18 mois
  • Chutes très fréquentes, bien plus que les autres enfants du même âge
  • Difficulté à monter ou descendre les escaliers
  • Évite systématiquement les activités motrices
  • Maladresse importante et persistante
  • Difficulté à courir ou sauter

Signes chez l'enfant d'âge préscolaire (3-5 ans)

Les défis peuvent toucher la motricité fine (mouvements précis des doigts) et l'autonomie :

  • Difficulté avec les tâches fines (boutons, fermetures éclair, crayons)
  • Évite les jeux de motricité (vélo, ballon, grimper)
  • Se fatigue très rapidement lors d'activités physiques
  • Difficulté à s'habiller seul malgré des efforts répétés
  • Maladresse qui interfère avec les jeux et les apprentissages

L'intuition parentale compte

Les parents connaissent leur enfant mieux que quiconque. Si quelque chose vous semble "différent" dans le développement de votre enfant, cette perception mérite d'être prise au sérieux. Vous n'avez pas besoin d'un diagnostic pour consulter. Mieux vaut être rassuré par un professionnel que de rester avec une inquiétude qui persiste.

Signaux d'alarme nécessitant une consultation rapide :
  • Perte de compétences déjà acquises (régression)
  • Asymétrie marquée et persistante
  • Absence totale de progrès sur plusieurs mois
  • Raideur ou mollesse extrême
  • Difficultés à s'alimenter ou à avaler

Quelle est la différence entre un retard et un trouble du développement?

Un retard de développement signifie que l'enfant acquiert les compétences plus lentement mais les atteint éventuellement. Un trouble implique des difficultés persistantes qui ne se résolvent pas spontanément et nécessitent une intervention spécialisée pour optimiser le développement de l'enfant.

Cette distinction n'est pas toujours claire au début, et seul le temps et l'observation permettent parfois de la confirmer. Les deux répondent bien à l'accompagnement en physiothérapie, mais l'intensité et la durée de l'intervention diffèrent.

Caractéristique Retard Trouble
Progression Plus lente mais présente Difficultés persistantes
Pronostic Rattrapage habituel Amélioration significative avec aide
Cause fréquente Souvent contextuelle Variable (génétique, neurologique)
Intervention Stimulation, conseils aux parents Programme structuré et régulier

Pourquoi cette distinction est importante

La distinction entre retard et trouble aide à orienter l'intervention et à fixer des attentes réalistes. Un retard contextuel, comme celui d'un bébé qui a passé peu de temps sur le ventre, se rattrape généralement rapidement avec de la stimulation appropriée.

Un trouble, comme la dyspraxie, demande un accompagnement plus soutenu et des stratégies spécifiques. Cela ne signifie pas un moins bon pronostic, mais une approche différente pour aider l'enfant à développer son plein potentiel.

Qu'est-ce qui cause les troubles du développement chez l'enfant?

Les causes des troubles du développement sont multiples : facteurs génétiques, complications prénatales ou périnatales, prématurité, infections pendant la grossesse.6 Dans de nombreux cas, aucune cause précise n'est identifiée. Bonne nouvelle : l'absence de cause connue ne limite pas l'efficacité du traitement. Ce qui compte, c'est d'agir.

Facteurs contextuels (les plus courants)

Les facteurs contextuels représentent la cause la plus fréquente des retards de développement moteur. Ces facteurs sont souvent modifiables :

  • Manque de stimulation motrice et d'occasions de mouvement
  • Temps excessif passé dans des équipements restrictifs (coquilles, sièges, balançoires)
  • Peu de temps au sol ou sur le ventre
  • Environnement qui limite l'exploration

La bonne nouvelle : ces causes répondent particulièrement bien à l'intervention. Avec des ajustements dans les habitudes et de la stimulation appropriée, la plupart des enfants rattrapent rapidement leur retard.

Facteurs médicaux

Certains facteurs médicaux peuvent contribuer aux troubles du développement :

  • Prématurité (naissance avant 37 semaines)
  • Complications à la naissance (manque d'oxygène, traumatisme)
  • Conditions génétiques
  • Conditions neurologiques
  • Infections pendant la grossesse

Ces facteurs ne déterminent pas le pronostic. Beaucoup d'enfants nés prématurément ou ayant vécu des complications atteignent un développement tout à fait normal avec le bon accompagnement.

Pourquoi l'intervention précoce est-elle importante?

Le cerveau de l'enfant possède une plasticité remarquable, surtout avant 3 ans.7 Cette période représente une fenêtre d'opportunité où le cerveau forme des connexions à un rythme extraordinaire. Une intervention précoce profite de cette plasticité pour maximiser le développement. Les recherches démontrent que les enfants qui reçoivent un soutien tôt atteignent de meilleurs résultats à long terme.8

La plasticité cérébrale : votre alliée

Le cerveau du jeune enfant possède une capacité d'adaptation extraordinaire. Chaque expérience, chaque mouvement répété, renforce des connexions neuronales (liens entre les cellules du cerveau) et en crée de nouvelles. Cette plasticité permet au cerveau de développer des chemins alternatifs lorsque certaines voies sont moins efficaces.

Cette capacité d'adaptation diminue graduellement avec l'âge. Agir tôt permet de profiter pleinement de cette fenêtre d'opportunité pour aider l'enfant à développer les compétences dont il a besoin.

Ce que dit la recherche

Les études sur l'intervention précoce sont claires : plus l'intervention commence tôt, meilleurs sont les résultats.9 Les enfants qui reçoivent un accompagnement avant l'âge de 3 ans montrent des améliorations plus importantes et plus rapides que ceux qui commencent plus tard.

L'intervention précoce a aussi des effets à long terme. Les enfants qui ont bénéficié d'un soutien tôt dans leur développement présentent généralement de meilleures compétences motrices, une meilleure estime de soi, et une participation plus active aux activités physiques et sociales.

Comment la physiothérapie aide-t-elle les enfants avec troubles du développement?

La physiothérapie pédiatrique évalue les capacités motrices de l'enfant, identifie les difficultés spécifiques, et crée un programme personnalisé. Par le jeu et des activités adaptées, elle renforce la force musculaire, améliore la coordination et l'équilibre, tout en impliquant les parents comme partenaires actifs du développement de leur enfant.

L'évaluation : comprendre où en est votre enfant

L'évaluation en physiothérapie pédiatrique est une étape fondamentale. Le physiothérapeute observe l'enfant en mouvement et en jeu, dans un environnement adapté et sécuritaire. Il utilise des tests standardisés pour comparer les capacités de l'enfant aux normes de développement attendues pour son âge.

L'évaluation inclut aussi une discussion approfondie avec les parents. Vos observations quotidiennes, vos préoccupations et l'historique du développement de votre enfant sont des informations précieuses qui guident l'intervention.

Le traitement : le jeu comme outil thérapeutique

En physiothérapie pédiatrique, le jeu n'est pas une récompense : c'est l'outil thérapeutique principal. Les activités ludiques sont conçues pour atteindre des objectifs précis tout en gardant l'enfant engagé et motivé.10

Un parcours d'obstacles, par exemple, peut travailler simultanément l'équilibre, la coordination, la planification motrice et le renforcement musculaire. L'enfant s'amuse pendant que son corps développe les compétences dont il a besoin.

Les activités sont adaptées à l'âge et aux intérêts de chaque enfant. Un bébé travaillera par des jeux au sol et des exercices de positionnement. Un enfant d'âge préscolaire participera à des parcours moteurs, des jeux de ballon et des activités créatives.

L'approche Physioactif : centrée sur la famille

Nos physiothérapeutes considèrent les parents comme des partenaires essentiels. Vous connaissez votre enfant mieux que quiconque, et votre implication quotidienne entre les séances fait une différence majeure dans les progrès.

Chaque séance inclut un temps d'échange et d'enseignement. Nous vous montrons les exercices à faire à la maison, nous répondons à vos questions, et nous ajustons le programme selon vos observations. Cette collaboration garantit une continuité entre les séances et maximise les progrès de votre enfant.

Nos cliniques du Grand Montréal offrent des services de physiothérapie pédiatrique pour les enfants de 0 à 7 ans. Consultez notre page sur les douleurs pédiatriques pour en savoir plus sur notre approche.

Besoin d'un avis professionnel?

Nos physiothérapeutes peuvent évaluer votre condition et vous proposer un plan de traitement personnalisé.

Prendre rendez-vous

Quelles approches thérapeutiques sont utilisées?

Les physiothérapeutes utilisent plusieurs approches : la thérapie neuro-développementale, l'intégration des réflexes primitifs, les approches sensorimotrices, et les exercices ludiques adaptés à l'âge. Le choix dépend des besoins spécifiques de chaque enfant et peut combiner plusieurs méthodes pour optimiser les résultats.

Thérapie neuro-développementale (NDT)

La thérapie neuro-développementale s'appuie sur une compréhension approfondie du développement moteur normal.11 Elle utilise des techniques de facilitation pour aider l'enfant à produire des mouvements fonctionnels de meilleure qualité.

Cette approche est particulièrement utile pour les enfants avec des conditions neurologiques comme l'hypotonie ou l'hypertonie. Elle aide à améliorer le contrôle postural, l'équilibre et la coordination des mouvements.

Intégration des réflexes primitifs

Les réflexes primitifs (réponses automatiques présentes à la naissance) devraient normalement disparaître au cours des premiers mois de vie.12 Leur persistance peut interférer avec le développement de mouvements volontaires et coordonnés.

Le physiothérapeute utilise des exercices spécifiques pour aider à intégrer ces réflexes, permettant à l'enfant de développer un meilleur contrôle de ses mouvements.

Approches sensorimotrices

Les approches sensorimotrices combinent la stimulation sensorielle et le mouvement pour améliorer le développement global. Elles incluent des activités proprioceptives (conscience du corps dans l'espace) et vestibulaires (équilibre et mouvement).

Ces approches sont particulièrement utiles pour les enfants avec des troubles du traitement sensoriel ou des difficultés de coordination.

Le jeu dirigé

Le jeu dirigé consiste en des activités ludiques structurées avec des objectifs thérapeutiques précis. Les parcours moteurs, les jeux d'équilibre sur différentes surfaces, les activités de coordination comme attraper et lancer, sont tous des exemples de jeu dirigé efficace.

L'avantage du jeu dirigé est qu'il maintient la motivation de l'enfant tout en ciblant les compétences à développer.

Comment soutenir le développement de mon enfant à la maison?

Le temps de jeu au sol, le temps sur le ventre pour les bébés, les activités de motricité globale, et la limitation du temps d'écran favorisent le développement. Les exercices prescrits par le physiothérapeute, pratiqués régulièrement à la maison, accélèrent significativement les progrès de votre enfant.

Pour les bébés (0-12 mois)

Le temps sur le ventre (tummy time) est essentiel au développement des premiers mois. Il renforce les muscles du cou, du dos et des épaules, et prépare l'enfant à ramper et à se déplacer.13

  • Visez 30 à 60 minutes par jour, réparties en plusieurs courtes périodes
  • Variez les positions : sur le ventre au sol, sur votre poitrine, sur vos cuisses
  • Rendez le temps sur le ventre intéressant avec des jouets à hauteur des yeux
  • Si votre bébé proteste, commencez par de très courtes périodes (1-2 minutes)

Le jeu au sol est tout aussi important. Limitez le temps passé dans les équipements restrictifs comme les coquilles, les sièges et les balançoires. Ces équipements ont leur utilité, mais trop de temps dans des positions fixes limite les occasions de mouvement et d'exploration.

Pour les jeunes enfants (1-3 ans)

À cet âge, les enfants apprennent en bougeant. Encouragez les activités de motricité globale :

  • Courir, grimper, sauter
  • Parcours d'obstacles simples avec des coussins et des chaises
  • Jeux de ballon (lancer, faire rouler, attraper)
  • Danse et jeux de mouvement
  • Exploration extérieure

Ces activités développent naturellement la force, l'équilibre et la coordination. Elles permettent aussi à l'enfant de prendre confiance en ses capacités motrices.

Pour les enfants d'âge préscolaire (3-5 ans)

Les enfants de cet âge bénéficient d'activités plus structurées :

  • Sports adaptés à l'âge (soccer, natation, gymnastique)
  • Jeux de coordination comme le vélo ou la trottinette
  • Activités de motricité fine (bricolage, pâte à modeler, dessin)
  • Jeux actifs avec d'autres enfants

Encourager la participation aux activités physiques aide l'enfant à développer ses compétences tout en construisant son estime de soi.

Conseils généraux

Quelques principes s'appliquent à tous les âges :

  • Limitez le temps d'écran, qui remplace souvent le temps de jeu actif
  • Encouragez sans comparer votre enfant aux autres
  • Célébrez les progrès, même les plus petits
  • Faites les exercices prescrits de façon régulière et constante
  • Intégrez les exercices dans les routines quotidiennes pour plus de constance
Erreurs courantes à éviter :
  • Trop de temps dans les équipements (balançoire, siège, Jolly Jumper)
  • Comparer son enfant aux autres enfants
  • Attendre que "ça se corrige tout seul"
  • Négliger le temps sur le ventre parce que bébé proteste
  • Surprotéger l'enfant en limitant ses occasions d'explorer

Quand faut-il consulter un physiothérapeute pédiatrique?

Consultez si votre enfant n'atteint pas les jalons moteurs attendus pour son âge, montre une asymétrie dans ses mouvements, évite certaines positions ou activités, ou si vous avez des inquiétudes concernant son développement. Il vaut mieux consulter tôt et être rassuré que d'attendre et regretter.

Situations où consulter rapidement

Certaines situations justifient une consultation sans tarder :

  • Jalons moteurs non atteints selon les repères de développement
  • Asymétrie marquée ou persistante dans les mouvements
  • Régression (perte de compétences déjà acquises)
  • Raideur ou mollesse musculaire excessive
  • Absence de progrès malgré la stimulation

Situations où consulter pour être rassuré

Vous n'avez pas besoin d'un problème confirmé pour consulter. Voici des situations où une évaluation peut vous apporter de la clarté :

  • Inquiétude parentale, même si elle vous semble vague
  • Comparaison avec les frères et soeurs ou d'autres enfants
  • Recommandation du médecin, de la garderie ou de l'entourage
  • Antécédents familiaux de troubles du développement
  • Doutes persistants sur le développement de votre enfant

Pourquoi ne pas attendre?

L'approche "attendons pour voir" peut sembler prudente, mais elle fait perdre un temps précieux. L'intervention précoce est plus efficace. Plus le cerveau est jeune, plus il est adaptable.

Une consultation n'engage pas à un traitement. Le physiothérapeute peut simplement vous rassurer que le développement de votre enfant est dans les limites normales. Si un soutien est nécessaire, le commencer tôt optimise les chances de succès.

Comment se déroule une évaluation en physiothérapie pédiatrique?

L'évaluation comprend une discussion sur l'histoire du développement de votre enfant, l'observation de l'enfant en mouvement et en jeu, et des tests standardisés adaptés à son âge. Le physiothérapeute explique ensuite ses observations et propose, si nécessaire, un plan de traitement personnalisé.

Avant le rendez-vous

Pour préparer la consultation :

  • Rassemblez les documents pertinents (carnet de santé, rapports d'autres professionnels)
  • Notez vos observations et vos questions
  • Prévoyez des vêtements confortables pour votre enfant
  • Apportez une couche de rechange et une collation si nécessaire

Pendant l'évaluation

L'évaluation se déroule généralement ainsi :

Discussion initiale : Le physiothérapeute vous pose des questions sur la grossesse, la naissance, les premiers mois de vie et le développement de votre enfant. Vos préoccupations sont au centre de cette discussion. Observation : Le physiothérapeute observe votre enfant en mouvement et en jeu. Cette observation révèle la qualité des mouvements, la posture, l'équilibre et la coordination. Tests adaptés à l'âge : Des évaluations standardisées permettent de situer les capacités de votre enfant par rapport aux normes de développement. Ces tests sont non invasifs et adaptés pour être confortables. Échange continu : Vos questions sont bienvenues tout au long de l'évaluation. Le physiothérapeute explique ce qu'il observe et ce que cela signifie.

Après l'évaluation

Le physiothérapeute partage ses observations et ses conclusions avec vous. Il répond à vos questions et discute des options. Si un traitement est recommandé, il vous explique les objectifs, la fréquence suggérée et ce à quoi vous pouvez vous attendre.

Même si aucun traitement formel n'est nécessaire, le physiothérapeute peut vous donner des conseils pratiques pour soutenir le développement de votre enfant à la maison.

Questions fréquentes sur les troubles du développement

Mon enfant va-t-il se développer "normalement"?

Chaque enfant a son propre parcours de développement. Avec un accompagnement approprié, la grande majorité des enfants avec troubles du développement progressent de façon significative. L'objectif n'est pas de "normaliser" votre enfant, mais de l'aider à développer son plein potentiel unique.

Les troubles du développement se guérissent-ils?

Le terme "guérison" n'est pas toujours approprié pour les troubles du développement. Avec l'intervention, la plupart des enfants montrent une amélioration significative de leurs capacités. Certains enfants rattrapent complètement leurs pairs. D'autres développent des stratégies efficaces pour compenser leurs difficultés et mènent une vie tout à fait épanouie.

À quelle fréquence faut-il consulter?

La fréquence des séances dépend de la condition et des besoins de l'enfant. Typiquement, les séances sont hebdomadaires au début du traitement, puis s'espacent au fil des progrès. Le physiothérapeute ajuste la fréquence selon l'évolution de votre enfant.

L'assurance couvre-t-elle la physiothérapie pédiatrique?

La plupart des régimes d'assurance privés au Québec couvrent les services de physiothérapie, y compris pour les enfants. Les limites de couverture varient selon les régimes. Au Québec, aucune prescription médicale n'est requise pour consulter un physiothérapeute.

Puis-je continuer les activités sportives et la garderie?

Dans la plupart des cas, oui. Les activités physiques et sociales sont bénéfiques pour le développement. Le physiothérapeute peut recommander des adaptations si nécessaire. La garderie et les activités parascolaires offrent des occasions de stimulation et de socialisation importantes.

Prochaine étape : Si vous avez des préoccupations concernant le développement de votre enfant, nos physiothérapeutes pédiatriques peuvent vous aider. Une évaluation permettra de clarifier la situation et de vous proposer un plan personnalisé. Contactez-nous pour prendre rendez-vous.

Références

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Un homme reçoit un massage musculaire relaxant avec un support à sangle jaune.