Physiothérapie pour whiplash

Ce que la physiothérapie peut apporter après un whiplash
La physiothérapie peut aider à réduire la douleur, retrouver les mouvements du cou et reprendre les activités après un whiplash, aussi appelé coup du lapin. Elle combine des conseils et des exercices adaptés; des techniques manuelles peuvent compléter les soins. L’évolution et la durée de la récupération varient selon la blessure et la personne.11
Après un accident de voiture, une douleur au cou, une raideur, des maux de tête ou des étourdissements peuvent susciter beaucoup d'inquiétude. Une évaluation attentive est indiquée si les symptômes sont intenses ou progressent. Consultez sans attendre devant une nouvelle faiblesse, une nouvelle perte de sensibilité, une vision double ou une perte d'équilibre.
Plusieurs personnes s’améliorent au cours des semaines ou des mois suivant un whiplash. Une synthèse de 38 groupes de personnes suivies après une collision observe une amélioration moyenne surtout dans les trois premiers mois, puis des changements moyens plus faibles.[28] Cela ne signifie pas qu’une personne cesse de récupérer après trois mois. Une douleur plus forte, davantage de symptômes et plus de difficultés dans les activités au départ sont associés à une récupération plus lente.[14] Ces facteurs aident à planifier le suivi; ils ne permettent pas d’annoncer votre date de guérison.
10 mini-trucs pour comprendre votre douleur
Un conseil par jour pendant 10 jours pour mieux comprendre votre douleur. Environ 2 minutes de lecture.
Les études permettent de dégager quelques repères utiles, tout en laissant une place importante à l'évaluation individuelle :
- Une approche active aide à reprendre les activités : les conseils et les mouvements graduels font partie des recommandations après un whiplash sans complication.3 Une synthèse internationale de 2008 rapporte des résultats favorables pour les vidéos d’information, les mobilisations et les exercices, par rapport aux soins habituels ou à certains traitements physiques. Les mobilisations sont des mouvements du cou réalisés par la personne ou guidés par le professionnel.[41]
- Les résultats diffèrent selon les soins et les personnes : les traitements conservateurs sont les soins sans opération, comme les conseils, les exercices et les techniques manuelles.4 Une revue Cochrane de 2007 a trouvé 23 études très différentes, dont plusieurs de faible qualité. Elle ne permettait pas de recommander avec assurance un traitement précis pour tous les whiplash de grades I et II, définis plus loin.[4] Cette incertitude ne signifie pas que tous ces soins sont inefficaces.
- Les symptômes peuvent apparaître plus tard : la douleur, la raideur ou la sensibilité peuvent devenir perceptibles plusieurs heures après la collision.5 Ce délai n’exclut pas une blessure et ne suffit pas à en déterminer la gravité.[43]
- Certains facteurs aident à estimer le risque de difficultés persistantes : une règle étudiée en 2013 combinait l’âge, les limitations des activités et des signes d’hyperexcitation liés au stress après l’accident.6 L’hyperexcitation désigne ici le fait de rester sur ses gardes ou de sursauter facilement, par exemple; elle est mesurée par un questionnaire de stress post-traumatique.[6] Elle est distincte d’une sensibilité accrue à la pression ou au froid et ne suffit pas à diagnostiquer un trouble de stress. Une validation publiée en 2015, chez 101 autres personnes, a soutenu l’utilité de cette règle pour estimer deux évolutions possibles : récupération complète ou limitations modérées à importantes.[20] La règle ne donne pas une certitude pour chaque personne.
Le plan de soins relie les symptômes et les résultats de l’examen aux activités que vous voulez reprendre. Pour comprendre les autres causes de douleur cervicale, c’est-à-dire de douleur au cou, consultez aussi notre guide complet.
L'objectif est de vous aider à comprendre la situation, à suivre votre évolution et à reprendre progressivement les activités importantes pour vous.
Comprendre le whiplash, aussi appelé coup du lapin
Le whiplash, ou coup du lapin, est un mouvement brusque d’accélération puis de décélération de la tête et du cou. Lors d’une collision par l’arrière, la tête peut partir vers l’arrière puis vers l’avant.[43] Ce mécanisme peut survenir dans d’autres traumatismes et causer une blessure au cou, mais il ne désigne pas une lésion précise à lui seul.7
Une étude a comparé 419 personnes ayant une douleur persistante au cou à 246 personnes ayant une douleur persistante au bas du dos. Les premières rapportaient plus souvent un antécédent de collision routière.[39] Cette comparaison de groupes, appelée étude cas-témoins, montre une association. Elle ne permet pas d’attribuer à un accident toutes les douleurs au cou dans la population.
Le terme médical est « troubles associés au whiplash ». Il décrit un ensemble de symptômes et de signes après le traumatisme, sans désigner automatiquement une structure précise comme un muscle, un ligament reliant deux os, un disque servant de coussin entre les vertèbres ou un nerf transmettant des messages dans le corps. Les vertèbres sont les os de la colonne. L'anatomie de la colonne vertébrale aide à comprendre les régions examinées, mais ne permet pas à elle seule d'identifier la source des symptômes.
La classification de la Québec Task Force
La Québec Task Force décrit cinq grades, numérotés de 0 à IV[44]. Le nom désigne un groupe de travail québécois qui a classé les suites d'un whiplash en 1995. L'échelle va de l'absence de symptôme jusqu'à la fracture ou la luxation, un déboîtement entre des os. Entre les deux, elle décrit les plaintes au cou, les signes relevés à l'examen et les signes neurologiques. Voici les cinq grades :
- Grade 0 : aucune plainte cervicale et aucun signe physique relevé
- Grade I : plainte cervicale, sans signe physique relevé à l'examen
- Grade II : douleur ou autre plainte au cou avec des signes touchant les muscles ou les articulations, comme des mouvements réduits ou une sensibilité à la pression des doigts
- Grade III : douleur ou autre plainte au cou avec des signes touchant les nerfs, comme une diminution des réflexes, une faiblesse ou une perte de sensibilité; les réflexes sont des réponses automatiques, par exemple à une petite percussion du tendon
- Grade IV : douleur ou autre plainte au cou avec fracture ou luxation. Cette situation demande une évaluation médicale urgente avant les exercices.
Quels symptômes peuvent accompagner un whiplash?
Un whiplash peut s’accompagner de douleur et de raideur au cou, de maux de tête, de tensions aux épaules, de vertiges ou d’étourdissements et de fatigue. Un vertige donne une impression de rotation; un étourdissement peut donner une sensation d’instabilité. Les symptômes varient selon la personne.
Chez 71 personnes ayant une douleur persistante au cou après un accident, un essai a comparé deux programmes pendant dix semaines. Un tirage au hasard déterminait le programme reçu. Les deux groupes s’amélioraient, mais la physiothérapie combinant plusieurs approches réduisait davantage la douleur et les limitations que les conseils et exercices à gérer soi-même.9 La sensibilité étudiée concernait notamment une douleur accrue à la pression ou au froid. Une analyse complémentaire suggérait une amélioration plus faible avec les deux programmes chez certaines personnes très sensibles; elle ne suffit pas à choisir un traitement à elle seule.
Symptômes à décrire lors de l'évaluation :La douleur et la raideur peuvent limiter les mouvements du cou, le sommeil, la conduite ou le travail. Les autres symptômes et leur évolution aident à déterminer ce qui doit être examiné en priorité.
Les symptômes peuvent être présents immédiatement ou devenir plus perceptibles au cours des heures suivantes10.
Consultez sans attendre si vous présentez l'un de ces signes :- Nouvelle faiblesse dans une main, un bras ou une jambe
- Nouvelle perte d’équilibre, difficulté à marcher ou à rester assis droit
- Nouvelle perte de contrôle de la vessie ou des intestins
- Douleur très intense, qui augmente rapidement ou qui s'accompagne d'un malaise important
- Vision double persistante ou apparue récemment
- Picotements ou engourdissements d’un côté ou des deux côtés du corps
- Sensation soudaine de décharge électrique dans le cou ou le dos, qui peut aussi atteindre les bras ou les jambes
- Douleur forte malgré les médicaments conseillés pour la soulager
Le NHS, le service de santé public britannique, signale notamment la faiblesse des membres, la difficulté à marcher et les sensations de décharge comme des raisons de demander un avis urgent. Ne conduisez pas pour vous y rendre. Si les symptômes ne s’améliorent pas après une semaine, si les médicaments conseillés n’aident pas ou si vous êtes inquiet, demandez aussi un avis médical. Les signes urgents ci-dessus n’attendent pas ce délai.
Quel rôle la physiothérapie peut-elle jouer après un whiplash?
La physiothérapie aide à retrouver les mouvements du cou et à reprendre les activités limitées par la douleur grâce aux conseils et aux exercices adaptés. Le physiothérapeute recherche d’abord les signes préoccupants et mesure vos capacités. Le guide australien SIRA, destiné aux professionnels qui traitent les blessures après un accident, recommande une approche active pour les whiplash sans fracture ni luxation.11 Une synthèse internationale soutient aussi les soins qui visent la reprise des activités, sans désigner un traitement supérieur dans toutes les situations.[41]
L’essai MINT, publié en 2013, a comparé deux étapes de soins. Aux urgences, un programme de conseils actifs n’a pas montré d’avantage sur les conseils usuels à douze mois. Chez 599 personnes dont les symptômes persistaient ensuite, jusqu’à six séances de physiothérapie ont réduit un peu plus les limitations à quatre mois qu’une seule séance de conseils. Cet avantage n’était plus clairement observé à huit ou douze mois.[2] Ces résultats comparent des soins précis; ils ne signifient pas que toute physiothérapie est inutile.
Des soins qui favorisent les mouvements et les activités
Une revue Cochrane de 2015 a évalué les exercices pour différentes douleurs du cou, avec ou sans maux de tête ou atteinte d’une racine nerveuse. Une racine est la partie d’un nerf près de la colonne. Pour les douleurs persistantes, certains programmes de force et d’endurance du cou, des épaules et des bras amélioraient la douleur et les activités. La confiance dans ces résultats était modérée pour plusieurs comparaisons. Aucun essai ne portait uniquement sur des douleurs toutes récentes : cette absence d’étude ne démontre pas une absence de bénéfice.12
Un essai de 1986 chez 61 personnes après un whiplash a comparé des mouvements précoces au repos avec collier souple. À huit semaines, les personnes qui bougeaient tôt avaient davantage de mobilité et moins de douleur.[40] Le résultat concerne ces deux programmes et ces personnes.
Selon les résultats de l'évaluation, l'approche active peut comprendre :
- Thérapie manuelle comme option de soulagement à court terme pour faciliter le mouvement, si l'évaluation et vos préférences la rendent pertinente
- Exercices thérapeutiques choisis selon les capacités à travailler, les activités visées et la réponse aux exercices
- Information et conseils pour comprendre les symptômes, surveiller leur évolution et prendre part aux décisions
- Reprise graduelle des activités selon les capacités observées et les exigences de la vie quotidienne
Les soins sans chirurgie qui soutiennent le mouvement et les activités sont généralement préférés à une immobilisation prolongée sans indication médicale.[41] Les comparaisons restent toutefois variables. Un essai chez 458 personnes a comparé un collier rigide suivi de mouvements, des conseils de poursuivre les activités et un programme de mouvements actifs. À un an, les analyses ne montraient pas de différence claire entre ces stratégies pour la douleur, les limitations ou la capacité de travail.[25] Cela ne prouve pas que les trois options donnent le même résultat à chaque personne.
Comprendre le risque de symptômes persistants
Chez certaines personnes, la douleur ou les limitations persistent après le traumatisme. Cette possibilité justifie un suivi adapté, sans permettre de prévoir l'évolution individuelle.
Les facteurs suivants peuvent être associés à une récupération plus difficile ou nécessiter une attention particulière :
- Incapacité importante dès le début[45] : le mot incapacité désigne ici la gêne dans les gestes de tous les jours, pas un diagnostic. Une méta-revue publiée en 2017, qui relit les synthèses déjà parues, associe la gêne des premiers jours à sa persistance
- Douleur initiale importante[15] : une revue de 2009 avec méta-analyse classe une douleur du cou élevée au départ parmi les facteurs associés à des difficultés persistantes. Le mot initial renvoie ici aux tout premiers jours après la collision
- Nouveau symptôme neurologique, nouvelle faiblesse ou nouvelle perte de sensibilité : consultez sans attendre
- Immobilisation prolongée lorsqu'elle n'est pas médicalement requise
- Peur du mouvement qui limite fortement les activités[32] : en clinique, un drapeau jaune désigne un signal psychologique ou social qui peut compliquer la reprise des activités. Une étude publiée en 2009 auprès de 147 personnes relie la peur de bouger à plus de gêne et à plus de symptômes dépressifs
Le plan peut être ajusté en fonction des résultats de l'examen, des activités visées et de la réponse observée. Le prochain rendez-vous permet de vérifier si ces ajustements vous aident.
Comment se passe l'évaluation en physiothérapie?
L’évaluation en physiothérapie comprend un entretien sur l’accident et les symptômes, puis un examen des mouvements, de la force et de la sensibilité. Le physiothérapeute vérifie aussi les signes qui demandent un avis médical et les activités difficiles. L’évaluation initiale en physiothérapie sert à déterminer les causes possibles et à construire un plan avec vous. Aucun test isolé ne permet de désigner avec certitude le tissu responsable de tous les symptômes.
Comprendre le traumatisme et son évolution
Le physiothérapeute vous questionne notamment sur :
- Le mécanisme de la blessure, notamment le type d'impact et le port de la ceinture, comme éléments de contexte plutôt que comme prédicteurs certains de la récupération
- Le moment où chaque symptôme est apparu et les changements observés depuis
- Les symptômes qui s'améliorent, demeurent stables ou s'aggravent
- Les activités quotidiennes, professionnelles ou sportives qui sont devenues difficiles
- Les antécédents de santé qui peuvent modifier l'examen ou les précautions à prendre
Le Neck Disability Index (NDI) est un questionnaire de dix questions sur la douleur au cou et ses effets, notamment sur les activités, le sommeil et la concentration. Le score aide à comparer les difficultés rapportées d’une visite à l’autre. L’étude de 1991 a examiné la stabilité des réponses répétées et leur concordance avec d’autres mesures.16 Le questionnaire complète l’entretien et l’examen; il ne mesure pas à lui seul la guérison et ne désigne pas le tissu atteint.
Mesurer les capacités et rechercher les signes préoccupants
L'examen peut inclure les éléments suivants, selon les symptômes :
Mesure des mouvements du cou : le physiothérapeute mesure jusqu’où vous pouvez tourner la tête, regarder vers le bas ou vers le haut, et incliner la tête de côté. Ces mesures ne confirment pas à elles seules la gravité de la blessure.
Tests de force et d’endurance : le physiothérapeute vérifie l’effort que les muscles du cou et des épaules peuvent produire et maintenir. Ces capacités guident le choix et la progression des exercices.
Examen des zones sensibles : le physiothérapeute exerce une pression avec les doigts pour examiner les muscles du cou et des épaules. La reproduction de la douleur est interprétée avec les autres mesures; elle ne suffit pas à prouver quel tissu la cause.
Examen des nerfs : le physiothérapeute vérifie les réflexes, la sensibilité et la force des bras pour repérer une atteinte possible et décider si un avis médical est nécessaire.
Tests complémentaires : selon les symptômes, le physiothérapeute vérifie aussi la stabilité des articulations et la précision des mouvements de la tête. Plusieurs résultats doivent être réunis avant d’attribuer les symptômes à une articulation, à un disque ou à un ligament.
Résultats de l’examen et évolution possible
Après l’entretien et l’examen, les résultats servent à choisir les prochaines étapes :
- Le physiothérapeute situe les symptômes et les résultats dans la classification du whiplash, lorsque c’est pertinent.
- Le physiothérapeute explique les facteurs associés à l’évolution, sans prédire votre résultat avec certitude.
- Le plan relie les résultats de l’examen à vos priorités.
- La fréquence des rencontres est choisie avec vous et révisée selon l’évolution.
- Les objectifs décrivent les activités importantes que vous souhaitez reprendre.
Quelles interventions peuvent faire partie du plan?
Le plan de physiothérapie peut combiner des exercices, des conseils, des techniques manuelles et des moyens de soulagement temporaire. Le choix dépend des symptômes, de l’examen, de vos objectifs et de la réponse aux soins. Le programme évolue selon vos capacités, plutôt que selon des phases identiques pour tous.
Thérapie manuelle, si elle soutient un objectif actif
La thérapie manuelle regroupe des mouvements ou des pressions appliqués avec les mains. Elle peut compléter les exercices pour soulager à court terme ou faciliter le mouvement. Les résultats ne sont pas identiques pour toutes les techniques ni pour toutes les personnes.11 Une revue de 2010 sur le whiplash persistant trouvait un appui plus solide aux programmes d’exercices à court terme qu’à la manipulation articulaire. Cette dernière, un mouvement bref et rapide d’une articulation, reposait alors sur une série de cas sans groupe de comparaison.17 Cette limite concerne cette technique et cette revue; elle ne réfute pas tout traitement manuel.
Mouvements guidés du cou : le physiothérapeute peut faire bouger doucement les articulations entre les vertèbres du cou pour faciliter le mouvement ou soulager temporairement. La force et l’étendue du geste sont ajustées à votre réponse.11 Les études regroupées dans une revue Cochrane de 2007 différaient trop pour recommander avec assurance une méthode à toutes les personnes.[4]
Un autre essai, chez 101 personnes ayant un whiplash récent, a comparé un programme adapté combinant plusieurs professionnels aux soins usuels. Il n’a pas montré d’avantage clair sur la récupération à six ou douze mois.18 Le nombre et le type de soins restent à choisir selon l’évaluation.
Travail manuel des muscles : des pressions ou des mouvements sur les muscles du cou et des épaules peuvent apporter un confort temporaire. Cette réponse ne prouve pas qu’un muscle précis cause la douleur et ne remplace pas les exercices et la reprise des activités.
Le relâchement myofascial désigne une approche qui applique des pressions ou des étirements aux tissus entourant les muscles. Physioactif ne retient pas cette approche dans son plan de traitement du whiplash.
Décision avant un traitement du cou : le physiothérapeute explique les options après l’évaluation et demande votre accord. Vous pouvez poser des questions, choisir une autre option ou refuser un geste.
Moyens de soulagement à court terme
Chaleur ou froid : une application sur le cou peut procurer un soulagement temporaire à certaines personnes. Une revue de 2004 décrit leur utilisation pour les douleurs musculaires et articulaires en général, avec des effets possibles sur la douleur et les crampes; elle n’établit pas un résultat propre à tous les whiplash.19 Protégez la peau et arrêtez si une réaction inhabituelle apparaît. La chaleur et le froid peuvent provoquer des brûlures ou des lésions de la peau. Ils ne remplacent pas les mouvements adaptés et ne sont pas proposés pour réparer ou allonger les tissus.
Bandes adhésives sur la peau : le taping thérapeutique consiste à coller des bandes sur une région du corps. Une revue de 2015 trouvait une petite baisse de douleur à très court terme avec les bandes élastiques dans certaines études sur le whiplash ou la douleur au cou. La qualité des preuves était faible; les auteurs ne pouvaient pas conclure fermement à leur utilité clinique.[46] Les bandes peuvent être discutées pour le confort et leur effet réévalué. Aucun effet de réparation des tissus n’est établi par cette revue.
Information, attentes et décisions partagées
Comprendre les résultats de l'examen et le rôle des différentes options aide à prendre des décisions éclairées sur la suite.
Dans un essai publié en 2005, 405 personnes ont reçu soit une vidéo d’information après une collision par l’arrière, soit les soins usuels. À 24 semaines, la baisse médiane de douleur était plus grande avec la vidéo : trois points contre deux. La proportion de personnes gardant des symptômes était aussi plus basse de 7,9 points de pourcentage, mais cette différence restait incertaine aux analyses.[36] La vidéo peut donc aider certains résultats sans garantir que les symptômes disparaîtront.
Les explications peuvent notamment porter sur :
- Ce que l'examen aide à surveiller : comprendre pourquoi la douleur n'indique pas toujours une lésion grave, sans prétendre que l'examen clinique exclut toutes les causes possibles
- La reprise graduelle du mouvement : choisir des mouvements tolérables et les ajuster à leur effet pendant et après l'activité
- La variabilité de la récupération : suivre des repères personnels plutôt qu'un calendrier présenté comme certain
- Les moyens de gérer les symptômes au quotidien : adapter le sommeil, le travail et les activités selon vos symptômes et vos contraintes, sans chercher une position parfaite
- Les idées reçues à nuancer : les raisons d'éviter le repos complet ou le port prolongé d'un collier lorsqu'aucune indication médicale ne les justifie
Ces explications peuvent aider la personne à participer aux décisions, à interpréter ses symptômes et à ajuster ses activités. Leur effet sur l’anxiété, la réalisation du programme ou la récupération varie selon la personne.
Quels exercices peuvent être proposés après un whiplash?
Les exercices après un whiplash peuvent comprendre des mouvements lents du cou, des contractions légères contre la main et des exercices de contrôle des épaules. Le physiothérapeute choisit les gestes selon vos capacités, vos activités et votre réponse.
Un essai chez 216 personnes ayant des symptômes persistants de grades II ou III a comparé des exercices du cou, avec ou sans aide pour gérer les comportements liés à la douleur, à une prescription d’activité physique générale. Les deux programmes du cou réduisaient davantage les limitations et facilitaient les activités à un an. À deux ans, chaque programme gardait un avantage sur l’une de ces deux mesures, sans différence claire entre les deux programmes du cou.
Parmi les personnes poursuivant au moins une partie de leurs exercices, 61 % du groupe d’exercices du cou sans ajout comportemental rapportaient une baisse de douleur d’au moins la moitié à un an, contre 26 % avec l’activité physique générale. Cette différence n’était plus claire à deux ans. Les moyennes de douleur ne différaient pas clairement entre les groupes. Les résultats sont encourageants, mais 43 % des participants n’avaient pas rempli le suivi à deux ans, ce qui limite la certitude.21
L’essai PROMISE a comparé vingt séances d’exercices à une séance de conseils avec un physiothérapeute et un soutien téléphonique, chez 172 personnes ayant un whiplash de grade I ou II depuis plus de trois mois et moins de cinq ans. Les vingt séances n’ont pas réduit davantage la douleur à quatorze semaines, six mois ou un an.[13] Le groupe comparateur recevait aussi des soins actifs. Un essai de 2007 montrait de petits avantages de l’ajout d’exercices aux conseils sur la douleur et les activités à six semaines, mais plus de différence claire entre les groupes à douze mois.[29] Cela ne signifie pas que les progrès de chaque personne avaient disparu.
Les exemples suivants montrent des gestes à choisir avec votre physiothérapeute après l’évaluation. Ils ne conviennent pas automatiquement à toute blessure. Les mouvements se font lentement, sans forcer jusqu’à la douleur. Le nombre de répétitions et la résistance sont adaptés à votre situation. Les exercices du guide SIRA, annexe 3, comprennent notamment les mouvements du cou, les contractions légères et le contrôle des épaules.
Arrêtez l’exercice et demandez un avis médical ou à votre physiothérapeute devant un étourdissement, une sensation de malaise, une vision embrouillée, un évanouissement ou une désorientation. Faites de même si une douleur apparaît soudain dans le bras, si la douleur au cou devient inhabituellement forte ou si l’exercice provoque régulièrement des maux de tête qui persistent. Une nouvelle faiblesse, un nouvel engourdissement, une vision double ou une perte d’équilibre demandent une consultation sans attendre.
Au début : retrouver un mouvement tolérable
Avant de commencer, asseyez-vous ou tenez-vous debout dans une position stable. Faites chaque mouvement lentement et dans une étendue de mouvement confortable. Consultez sans attendre si une nouvelle faiblesse, un nouvel engourdissement, une vision double ou une perte d'équilibre apparaît.
Tourner la tête sans forcer :- Position : assis ou debout, le regard dirigé devant vous
- Tournez lentement la tête vers la droite jusqu'à une limite confortable, sans forcer
- Revenez au centre de façon contrôlée
- Tournez ensuite vers la gauche dans la même limite; cessez si la douleur devient vive
- En position assise ou debout, rapprochez lentement le menton de la poitrine jusqu'à une limite confortable, sans forcer
- Revenez lentement à la position de départ, sans forcer
- Depuis le centre, dirigez lentement le regard vers le haut jusqu'à une limite confortable; cessez si la douleur devient vive
- Assis ou debout, inclinez lentement la tête vers l'épaule droite sans lever l'épaule, jusqu'à une limite confortable
- Revenez lentement au centre, sans maintenir la position ni chercher à provoquer un étirement
- Revenez au centre, puis inclinez la tête vers l'épaule gauche dans la même limite confortable; cessez si la douleur devient vive
Signes qui demandent une consultation sans attendre : cessez le mouvement et consultez sans attendre devant une nouvelle faiblesse, de nouveaux engourdissements, une vision double, une perte d'équilibre ou un étourdissement marqué.
Quand le mouvement est mieux toléré : force et endurance
Les mouvements suivants travaillent la force, l'endurance ou le contrôle reliés aux activités. La résistance et la distance du mouvement sont adaptées pour garder un effort confortable.
Petit hochement de tête en position couchée : ce geste est décrit dans la fiche de physiothérapie de South Tees.
- Couchez-vous sur le dos, la tête soutenue de façon confortable et le regard dirigé vers le plafond
- Faites un petit mouvement de « oui » en rapprochant légèrement le menton de la gorge. La tête reste posée sur le support, sans pousser ni se soulever
- Relâchez doucement vers la position de départ en respirant normalement. Le mouvement doit rester facile et sans douleur
Le sens de position permet de ramener la tête vers sa position de départ sans se guider uniquement avec les yeux. Un essai de 2007 chez 64 femmes ayant une douleur persistante au cou et des difficultés de précision a comparé deux programmes pendant six semaines. Les deux amélioraient la précision, la douleur et les activités. Le programme centré sur le sens de position faisait mieux seulement pour le retour vers le centre après une rotation à droite.22 Ce résultat ne désigne pas un exercice supérieur pour toutes les personnes.
Effort pour tourner la tête sans la laisser bouger :- Asseyez-vous et posez la main droite contre la joue droite
- Essayez doucement de tourner la tête vers la droite pendant que la main empêche le mouvement. Gardez l’effort léger
- Relâchez dès que la position se dégrade ou que les symptômes augmentent nettement
- Placez ensuite la main à gauche seulement si aucun signe neurologique nouveau n'est apparu; sinon, consultez sans attendre
Contrôle des omoplates : les omoplates sont les os plats situés derrière les épaules.
- Position : debout ou assis, les bras détendus le long du corps
- Assis ou debout, rapprochez doucement les omoplates sans hausser les épaules ni bloquer la respiration
- Relâchez avant de perdre la qualité du mouvement; cessez si la douleur devient vive et consultez sans attendre devant un signe neurologique nouveau
Le rapprochement des omoplates sert à pratiquer le contrôle des épaules. Le physiothérapeute vérifie si ce geste est utile pour vos activités.
Plus tard : endurance, coordination et retour aux activités
La progression des exercices consiste à augmenter ou ajuster une difficulté, comme la distance du mouvement, la résistance ou la durée. Le physiothérapeute tient compte de votre réponse avant de modifier le programme. Consultez sans attendre si une nouvelle faiblesse, un nouvel engourdissement, une vision double ou une perte d’équilibre apparaît.
Tirage avec un élastique : cet exemple travaille les muscles derrière les épaules. Il vient du programme de conditionnement de l’épaule de l’Académie américaine des chirurgiens orthopédistes; votre physiothérapeute décide s’il convient après votre blessure au cou.
- Fixez un élastique à un point stable et tenez-le debout, le coude plié près du corps.
- Gardez le bras près du corps et tirez doucement le coude vers l’arrière.
- Rapprochez les omoplates, puis revenez lentement au départ.
- Choisissez une résistance facile à contrôler, sans douleur; demandez un ajustement si l’exercice provoque des symptômes.
- Exercices de sens de position : ramener la tête vers une cible après un mouvement, avec un repère visuel pour vérifier la précision.
- Pour coordonner les yeux et la tête, un exemple consiste à regarder une cible de côté en gardant d’abord la tête immobile, puis à tourner doucement la tête vers cette cible. Le service de physiothérapie de North Bristol décrit ce geste. Il doit être choisi et enseigné après l’examen, sans chercher à provoquer de nouveaux symptômes.
Un exercice d'équilibre peut être discuté seulement si l'examen montre une difficulté pertinente. Commencez sur une surface stable avec un appui accessible. Consultez sans attendre si un nouvel étourdissement, une vision double ou une perte d'équilibre apparaît.
- Si votre physiothérapeute le juge adapté, placez un pied devant l’autre en gardant une main sur un comptoir solide et le regard devant vous. Revenez ensuite à une position confortable. Cet exemple figure dans les exercices d’équilibre de Worcestershire. Le soutien et la durée sont adaptés; ne poursuivez pas si vous vous sentez instable.
- Avant de reprendre la conduite, discutez des exigences de rotation, de surveillance et de concentration. Ne conduisez pas si la vision double, une nouvelle faiblesse, une perte de sensibilité ou un étourdissement compromet la sécurité; consultez sans attendre
- Pour les tâches professionnelles, discutez des adaptations temporaires possibles selon les gestes requis et les capacités observées
- Pour le retour aux sports et aux loisirs, discutez des gestes à reprendre et des capacités nécessaires avant de choisir les prochaines étapes
Le programme d'exercices thérapeutiques évolue selon les capacités à retrouver, vos préférences et la réponse observée.
Comment suivre la récupération après un whiplash?
Le suivi après un whiplash compare la douleur, les mouvements du cou, le sommeil et les activités possibles d’une rencontre à l’autre. Les fluctuations sont fréquentes. Dans les études regroupées en 2008, l’amélioration moyenne était surtout marquée pendant les trois premiers mois, puis plus faible.[28] Ces moyennes ne fixent pas une limite à votre récupération. Une durée plus longue ne prouve pas à elle seule une nouvelle lésion ou un échec des soins.28
10 mini-trucs pour comprendre votre douleur
Un conseil par jour pendant 10 jours pour mieux comprendre votre douleur. Environ 2 minutes de lecture.
Choisir les objectifs et le suivi selon la situation
Si la douleur ou l'incapacité limite les activités :- Objectif possible : comprendre les symptômes, conserver un mouvement tolérable ou reprendre une activité de base
- Fréquence : décidée avec la personne selon le besoin d'encadrement, la sécurité et l'autonomie
- Objectif possible : ajuster le mouvement, la force ou l'endurance à une activité choisie
- Fréquence : révisée selon les changements observés et l'utilité attendue de la prochaine rencontre
- Objectif possible : pratiquer une tâche précise du travail, des loisirs ou du sport
- Fréquence : espacée, maintenue ou arrêtée selon l'autonomie, les besoins et les objectifs convenus
Les objectifs, les exercices et la fréquence des rencontres sont révisés à partir des changements observés et des priorités de la personne, sans séquence ni pourcentage attendu à une date précise.
Décider de la fréquence des rencontres
La fréquence des rencontres est une décision individualisée. Elle peut changer selon le besoin d'encadrement, les changements observés, les objectifs et la capacité à poursuivre le plan de façon autonome.
Éléments à documenter pendant le suivi
Changements et capacités observés :- Douleur et incapacité mesurées au début et comparées au suivi
- Symptômes associés relevés au début et comparés au suivi
- Détresse psychologique rapportée au début et comparée au suivi
- Capacité observée à reprendre certaines activités sans augmentation durable des symptômes
- Résultats de l'examen neurologique et tout changement observé au suivi
- Douleur initiale élevée
- Maux de tête importants au début du suivi
- Nouveaux engourdissements ou nouvelle faiblesse : consultez sans attendre
- Période d'immobilisation plus longue, à interpréter avec sa raison médicale
- Anxiété marquée ou peur du mouvement qui limite les activités
- Contexte administratif, professionnel ou d'assurance qui ajoute du stress ou complique le retour aux activités
Une revue publiée en 2016 décrit trois évolutions possibles : amélioration rapide, amélioration partielle ou difficultés persistantes. Elle présente WhipPredict, un outil qui estime le risque de limitations des activités après un whiplash.26 À cette date, trois règles de prédiction avaient été validées dans d’autres groupes, mais leur effet sur les décisions et les résultats des soins n’avait pas encore été testé. Ces outils complètent l’évaluation; ils ne donnent pas un verdict individuel.
Repères pour suivre votre évolution
- Diminution de l'intensité ou de l'impact de la douleur au fil du temps
- Mouvements du cou suffisants pour réaliser davantage de tâches utiles
- Exercices réalisés avec une meilleure qualité ou une réponse plus facile à gérer
- Sommeil moins perturbé par les symptômes
- Participation accrue aux activités quotidiennes, même si certains symptômes demeurent
- Maux de tête moins fréquents ou moins gênants
Si les activités restent difficiles ou si les symptômes s’aggravent, le physiothérapeute réévalue les causes possibles, les objectifs et le besoin d’un autre avis médical.
Comment ajuster le suivi lorsque les symptômes persistent?
Le physiothérapeute ajuste les exercices, les activités, les stratégies de sommeil et le soutien nécessaire lorsque les symptômes persistent. Le physiothérapeute peut coordonner les soins avec un médecin ou un autre professionnel. Le suivi d’une douleur chronique, qui dure plus de trois mois, tient aussi compte du stress, du travail et de vos priorités.
La douleur au cou peut persister plusieurs mois après un whiplash, avec des différences importantes entre les personnes et les études.28 Une persistance ne signifie pas nécessairement qu’un tissu continue de se détériorer. Elle demande de revoir les facteurs qui limitent vos activités.
Une revue de 2013 relève des signes de sensibilisation centrale chez des personnes ayant un whiplash persistant. Ce terme décrit une réponse accrue des cellules nerveuses du cerveau et de la moelle épinière aux signaux qui peuvent annoncer une atteinte des tissus. La moelle est le cordon nerveux dans la colonne qui transmet des messages entre le cerveau et le corps. Ce mécanisme peut contribuer à une sensibilité accrue, mais son rôle exact reste incertain.[47]
Une autre étude a mesuré des marqueurs sanguins chez 40 personnes après un whiplash et 18 personnes sans blessure. Un marqueur d’inflammation, une substance mesurée dans le sang pour suivre la réaction du corps, était plus élevé au début dans les groupes blessés; il restait élevé à trois mois dans le groupe qui gardait des limitations modérées ou importantes.[48] Cette association ne prouve pas que l’inflammation explique toute douleur persistante et ne désigne pas un tissu précis.
Agir tôt sans promettre le résultat
Dans l’essai de Rosenfeld, 97 personnes ont été réparties entre deux programmes commencés soit dans les 96 heures, soit après deux semaines. Le programme actif réduisait davantage la douleur à six mois que le programme standard. Parmi les personnes du programme actif, le début plus précoce donnait de meilleurs résultats de douleur et de flexion du cou.[37] L’essai de Kongsted chez 458 personnes, recrutées dans les dix jours, ne montrait pas de différence claire à un an entre collier suivi de mouvements, conseils d’activité et mouvements actifs.[25] Les soins actifs peuvent aider, mais ces comparaisons ne garantissent pas qu’un programme précoce empêchera toute douleur persistante.
Évaluation précoce : le physiothérapeute recherche les signes demandant un avis médical, mesure les capacités de départ et décrit les activités possibles. Ces renseignements servent à choisir les premiers soins.
Reprendre le mouvement lorsque la peur limite les activités
La peur de bouger est compréhensible après un accident. Le modèle peur-évitement propose qu’une crainte de douleur puisse conduire à éviter des activités et contribuer aux limitations. Une étude de 2009 chez 147 personnes a observé un lien entre la peur de bouger, les pensées inquiétantes, les limitations et les symptômes dépressifs.32 Les mesures étaient prises au même moment : elles ne démontrent pas que la peur cause la douleur ni qu’elle est la seule explication.
Repères pour choisir et ajuster le mouvement :- Avec le physiothérapeute, une tâche évitée peut être choisie pour préciser ce qui vous inquiète et ce que vous souhaitez reprendre
- Le niveau de départ peut être réduit selon la situation, par exemple en réduisant la distance du mouvement, l’effort ou la durée
- Les symptômes et les activités possibles après l'essai peuvent être notés pour éclairer la prochaine décision
- La réponse rapportée pendant et après l'essai peut servir à décider avec le physiothérapeute si le prochain essai doit être maintenu, réduit ou modifié
Consultez sans attendre si une nouvelle faiblesse, un nouvel engourdissement, une vision double ou une perte d'équilibre apparaît. Pour une hausse nette et persistante des symptômes sans ces signes, cessez la tâche et discutez d'un ajustement avec le physiothérapeute.
Limiter l'immobilisation lorsqu'elle n'est pas requise
Dans cet essai, 458 participants vus dans les dix jours suivant un whiplash ont été répartis en trois groupes. Le premier recevait une immobilisation par collier rigide suivie d'une mobilisation. Le deuxième recevait des conseils de poursuivre les activités habituelles. Le troisième recevait une mobilisation active. À un an, aucune différence significative n'a été observée entre les trois groupes pour la douleur, l'incapacité ou la capacité de travail25. Un résultat dit statistiquement significatif atteint le seuil choisi pour l’analyse. Cela n’exclut pas le hasard et ne garantit pas un effet important dans la vie quotidienne. Ne pas observer de différence claire ne prouve pas que les trois façons de faire se valent pour chaque personne.
Avant de modifier une prescription : si un collier a été prescrit, ne modifiez pas son port sans vérifier la raison de la prescription et les consignes du professionnel responsable.
Facteurs observés pendant le suivi
Une cohorte est un groupe de personnes suivies dans le temps. Une étude a recruté 765 personnes après une collision; 480 ont fourni les renseignements à toutes les étapes du suivi. Cinq éléments étaient associés à une douleur persistante au cou : la détresse psychologique, une douleur étendue dans le corps avant la collision, le type de véhicule, le nombre de symptômes et les limitations des activités au départ.[42] Ces associations ne prouvent pas qu’un seul facteur cause les symptômes.
- Autres éléments recueillis séparément : les pensées formulées par la personne au sujet de sa récupération et des activités qu'elle craint
- Activités évitées : les mouvements, les tâches ou les situations réduits en raison d'une crainte d'aggravation
- État émotionnel rapporté : l'anxiété, l'humeur ou les symptômes post-traumatiques décrits pendant l'entretien
- Contexte personnel : les répercussions rapportées sur le travail, les proches, les démarches et les activités importantes
Le physiothérapeute peut discuter de ces facteurs sans vous blâmer et adapter le plan. Une détresse importante ou persistante peut aussi justifier l’aide d’un autre professionnel. Le soutien peut comprendre les éléments suivants :
- Explications rassurantes fondées sur les résultats de l'examen, sans promettre une guérison rapide
- La tâche choisie peut être reprise au niveau convenu avec le physiothérapeute, puis ajustée à votre réponse
- Reconnaissance des émotions et choix d’activités réalistes à reprendre
- Discussion d’une consultation avec un psychologue ou un autre professionnel lorsque la détresse ou le stress post-traumatique dépasse le champ de la physiothérapie
Discuter d'adaptations pour les activités importantes
Une revue de 2001 sur le pronostic du whiplash soulignait le lien entre la douleur ou les limitations initiales et les difficultés persistantes.35 Pour la reprise du travail, le guide SIRA conseille de rester actif en adaptant les tâches lorsque nécessaire.11 Les changements concrets sont choisis selon le travail et vos capacités.
Exemples d'adaptations à discuter pour le retour au travail :- Un horaire réduit ou un retour partiel peut être discuté lorsque la durée habituelle reste difficile.
- Une adaptation du poste de travail, comme rapprocher le matériel ou varier les tâches, peut faciliter certains gestes.
- Un échange avec l’employeur peut préciser les tâches réalisables, les limites temporaires et les ajustements à réviser.
- La progression peut augmenter une tâche à la fois selon vos capacités et les exigences réelles.
Le physiothérapeute peut documenter les capacités et les limites observées. Les adaptations de travail demeurent des options à discuter selon les tâches, le milieu et les responsabilités de chaque personne.
Quelle place donner au collier cervical après un whiplash?
Le collier cervical n’est pas recommandé de façon systématique après un whiplash sans fracture ni luxation; le guide SIRA privilégie les mouvements adaptés et la reprise des activités.11 Un collier reste toutefois indiqué pour certaines blessures selon l’évaluation médicale. S’il vous a été prescrit, vérifiez sa raison et les consignes avant de changer son utilisation.
Un collier rigide destiné à limiter le mouvement et un collier souple utilisé temporairement n'ont pas le même rôle. La raison de la prescription doit donc être connue avant d'interpréter les résultats d'un essai.
Ce que permettent de conclure les essais disponibles
Dans l'essai cité, le collier, la poursuite des activités et la mobilisation active ont été comparés comme trois stratégies précises. Les résultats ne définissent pas la raison médicale de prescrire un collier à une personne.
Ce que l'essai permet de dire : l'étude qui a comparé le collier, la poursuite des activités et la mobilisation active n'a pas montré d'avantage du collier après un an.[25] Publiée en 2007, l'étude portait sur 458 personnes recrutées dans les dix jours suivant la blessure. L'absence d'avantage du collier vaut pour la comparaison faite, pas pour une indication médicale précise. Elle ne démontre pas qu'une durée précise de port est nuisible pour chaque personne.
Une autre étude, chez 70 personnes ayant un whiplash récent de grade II, a comparé deux ou dix jours de collier souple. Tous les participants recevaient des médicaments et commençaient le même programme de physiothérapie après sept jours. Les analyses n’ont pas montré de différence claire entre les durées de collier sur la douleur, les mouvements ou les limitations à deux ou six mois.33 Cette comparaison ne porte pas sur un collier prescrit pour une fracture.
Situations à clarifier avant de changer l'utilisation d'un collier
Dans l’essai de 2000 chez 97 personnes, un programme de mouvements actifs réduisait davantage la douleur à six mois que le programme standard. Parmi les personnes suivant le programme actif, commencer dans les 96 heures donnait de meilleurs résultats de douleur et de flexion que commencer après deux semaines.37 Ces résultats n’autorisent pas à retirer un collier prescrit pour une fracture ou une autre blessure grave.
Questions à clarifier si un collier est envisagé :- Quelle indication médicale justifie le collier et quelles blessures ont été recherchées?
- Quelles consignes de port et de retrait le professionnel prescripteur a-t-il données?
- Comment reprendre le mouvement et les activités lorsque ce sera sécuritaire?
- Quand le besoin du collier doit-il être réévalué?
- Fracture, instabilité ou autre blessure grave confirmée ou soupçonnée
- Une faiblesse, une perte de sensibilité ou un autre signe neurologique qui apparaît nouvellement exige une consultation sans attendre.
- Consignes médicales précises qui n'ont pas encore été réévaluées
- Doute sur la raison de la prescription ou sur la sécurité du retrait
Points à documenter plutôt qu'un protocole prédéterminé
Lorsque l'évaluation mène à une prise en charge sans immobilisation systématique, notez les variables de départ et comparez-les aux mêmes variables au suivi :
Variables documentées au départ :- Direction, distance et nombre de répétitions des mouvements essayés
- Réponse temporaire à la chaleur ou au froid, y compris toute réaction cutanée
- Médicaments déjà utilisés et consignes reçues du pharmacien ou du prescripteur
- Positions de sommeil jugées confortables par la personne
- Besoin d'encadrement pendant les exercices observés
- Réponse immédiate et différée aux interventions manuelles, lorsqu'elles sont essayées
- Changement des mouvements possibles et des activités depuis la mesure précédente
- Activités quotidiennes reprises et tâches qui demeurent difficiles
Un essai chez 47 personnes dont les symptômes duraient depuis plusieurs semaines a comparé un entraînement supervisé et adapté à un programme à domicile. À trois mois, l’entraînement supervisé renforçait davantage la confiance dans ses capacités et réduisait davantage la peur de bouger et les limitations des activités.38 L’entraînement supervisé réduisait aussi davantage la fréquence de prise de médicaments contre la douleur. Les progrès étaient en partie maintenus à neuf mois. Les analyses ne montraient pas de différence claire sur la douleur, les mesures physiques ou les congés de maladie. Ces résultats soutiennent certains bénéfices du suivi sans promettre un avantage sur tous les aspects.
Si un collier vous a déjà été prescrit
Si un collier vous a été prescrit, les points suivants peuvent préparer la discussion avec le professionnel responsable :
- Indication : Quelle blessure ou quel risque justifie encore le collier?
- Changement prévu : Quelles consignes ont été données pour modifier ou cesser le port?
- Mouvement : Quels mouvements ont été autorisés et lesquels doivent encore attendre?
- Symptômes à signaler : Quels changements doivent mener à une nouvelle évaluation?
Les essais comparent des stratégies et des suivis définis. Ils ne remplacent pas l'indication médicale d'un collier ni l'évaluation des objectifs de mouvement et d'activité. La thérapie manuelle demeure une option distincte de l'immobilisation.
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Un physiothérapeute peut examiner votre situation et discuter avec vous des options appropriées.
Prendre rendez-vousRéférences
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