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Physiothérapie pour douleur psychogénique : approche intégrative

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Icône de porte-voix sur fond bleu, guide Physiothérapie pour douleur psychogénique : approche intégrative, Physioactif

Physiothérapie pour douleur psychogénique : approche intégrative

Écrit par:
Chloé Roy
Révisé scientifiquement par :
Ariel Desjardins Charbonneau

La physiothérapie peut-elle aider quand les examens ne trouvent rien?

La physiothérapie peut vous aider à reprendre des activités et à gérer une douleur persistante, même si les examens ne montrent pas de lésion qui l’explique entièrement. Le physiothérapeute adapte l’éducation, les mouvements et les exercices à votre évaluation. Des recommandations pour des difficultés de mouvement liées au fonctionnement du système nerveux et une revue sur l’éducation à la douleur soutiennent certaines de ces approches dans les populations étudiées.1, 2 Votre douleur reste réelle. Des examens normaux ne suffisent pas à identifier son mécanisme. Une douleur nociplastique, liée à une modification du traitement des signaux par le système nerveux, peut parfois contribuer aux symptômes. Une revue de 2021 rapporte une estimation de 5 à 15 % de la population générale pour ce mécanisme, qui peut coexister avec d’autres.3

Les résultats dépendent du problème traité. L’essai Physio4FMD, publié en 2024, a recruté 355 adultes ayant un trouble moteur fonctionnel, c’est-à-dire des difficultés de mouvement dues au fonctionnement du système nerveux plutôt qu’à une lésion qui les expliquerait. Le diagnostic repose sur une évaluation médicale et des signes caractéristiques. Le programme adapté à ce trouble était comparé à une physiothérapie neurologique habituelle, axée sur les difficultés liées au système nerveux. À 12 mois, la mesure principale des capacités physiques ne montrait pas de différence claire entre les groupes. Les participants du programme adapté rapportaient toutefois plus souvent une amélioration des symptômes moteurs; leurs scores de santé mentale étaient aussi meilleurs. Les deux approches étaient appréciées, et aucun événement grave n’a été attribué aux soins. Ces résultats concernent les troubles moteurs fonctionnels, pas directement une population définie par une douleur dite psychogénique.4

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Un conseil par jour pendant 10 jours pour mieux comprendre votre douleur. Environ 2 minutes de lecture.

Ce que la science nous apprend :

  • Votre douleur mérite d’être prise au sérieux, même lorsqu’aucune maladie ne l’explique encore.5
  • La physiothérapie, la psychothérapie, qui offre un accompagnement psychologique, et les médicaments peuvent avoir des rôles complémentaires, selon le diagnostic et vos besoins. Leur association n’est pas obligatoire pour chaque personne.6, 7
  • La confiance et la collaboration avec le thérapeute sont associées à de meilleurs résultats dans une étude sur le mal de dos chronique. Ce lien ne prouve pas, à lui seul, que la relation avec le thérapeute a produit les progrès.8
  • L’imagerie motrice graduée utilise la reconnaissance gauche-droite, les mouvements imaginés et un miroir. De petites études montrent un bénéfice possible sur certaines douleurs persistantes d’un membre.9

Ce guide explique comment la physiothérapie peut vous aider à retrouver confiance dans les mouvements et à mieux gérer votre douleur. Notre page sur la douleur psychogénique ou somatique explique aussi pourquoi ces termes demandent des distinctions.

Que signifie le terme douleur psychogénique?

Le terme « douleur psychogénique » désigne historiquement une douleur attribuée à des facteurs psychologiques; il ne constitue pas un autre nom pour la douleur nociplastique. Une douleur peut persister plus de trois mois, devenir chronique et ne pas être entièrement expliquée par une lésion visible. Cette situation ne suffit pas à établir une origine psychologique. Les facteurs biologiques, psychologiques et sociaux influencent l’expérience de la douleur, avec une contribution différente selon les personnes.10, 11, 12 La douleur n’est pas imaginée ni simulée.

Les termes « somatoforme », « fonctionnel » et « psychogénique » ont servi à décrire des situations différentes. Le trouble à symptomatologie somatique associe des symptômes pénibles à des pensées, des émotions ou des comportements excessifs autour de ces symptômes. Une maladie physique peut être présente ou absente. L’absence de cause identifiée ne suffit pas à poser ce diagnostic.13 La douleur nociplastique décrit plutôt une modification de la nociception, le traitement nerveux des signaux potentiellement nocifs. Elle n’implique pas automatiquement un trouble psychologique.14

Le stress, les émotions, le sommeil et le contexte social peuvent participer au développement ou au maintien d’une douleur persistante. Ils peuvent aussi influencer l’adaptation et la réponse au traitement. Leur rôle s’évalue avec les autres facteurs, sans conclure qu’une émotion particulière explique à elle seule votre douleur.15

Des situations à discuter pendant l’évaluation

Une évaluation peut explorer les situations suivantes, sans les considérer comme une preuve de cause psychologique :

  • Votre douleur persiste même si aucune lésion des tissus ne l’explique entièrement.
  • Les radiographies ou l’imagerie par résonance magnétique, un examen qui produit des images détaillées du corps, n’expliquent pas l’intensité des symptômes.
  • Votre douleur varie en intensité ou en localisation.
  • Le stress ou les émotions semblent modifier vos symptômes.
Type de douleur Caractéristiques Ce que l’évaluation recherche
Douleur nociceptive Résulte d’une atteinte réelle ou potentielle de tissus autres que les nerfs, qui active les nocicepteurs, des terminaisons nerveuses sensibles aux stimulations susceptibles d’endommager les tissus Une blessure, une inflammation ou une autre source possible; une lésion visible n’est pas nécessaire14
Douleur neuropathique Résulte d’une lésion ou d’une maladie du système qui transmet et traite les sensations du corps Des signes compatibles avec une atteinte de ce système, dans les nerfs, la moelle épinière ou le cerveau; la moelle transmet les messages entre le cerveau et le corps14
Douleur nociplastique Résulte d’une modification de la nociception, sans preuve claire que les mécanismes nociceptifs ou neuropathiques expliquent entièrement la douleur Une sensibilité inhabituelle au toucher ou au mouvement et les régions douloureuses; l’absence de lésion visible ne suffit pas. Plusieurs mécanismes peuvent coexister.11, 12

Une douleur réelle, des mécanismes réels

La douleur est une expérience qui mobilise le cerveau, le corps et le contexte de vie. Elle n’est pas une mesure directe des dommages aux tissus.16, 10 Le système nerveux peut devenir plus sensible. La sensibilisation centrale désigne une réponse accrue de certains neurones, les cellules nerveuses, dans le cerveau et la moelle épinière à leurs signaux habituels. Ce phénomène peut contribuer à plusieurs douleurs. Il ne se déduit pas simplement d’une radiographie normale, et votre douleur reste réelle même si son mécanisme est incertain.17

Les mécanismes nociplastiques peuvent impliquer le traitement des signaux dans le cerveau et la moelle, ainsi que des facteurs dans les nerfs et les tissus du reste du corps. Les interactions avec le système immunitaire, qui participe aux défenses de l’organisme, font aussi l’objet de recherches. Ces mécanismes ne sont pas encore entièrement compris.18

Comprendre les mécanismes possibles peut vous aider à discuter des soins. La douleur chronique peut associer plusieurs mécanismes, qui orientent le choix du traitement.

Comment la physiothérapie aide-t-elle les personnes souffrant de douleur psychogénique?

La physiothérapie aide les personnes ayant une douleur dite psychogénique à comprendre leurs symptômes, à reprendre des mouvements et à poursuivre leurs activités. Le plan tient compte du corps, des pensées, des émotions et du contexte de vie : c’est une approche biopsychosociale. Des principes semblables guident les soins des troubles moteurs fonctionnels, mais les traitements doivent rester adaptés au diagnostic.1, 7

Les soins de physiothérapie tiennent compte des tissus et des autres facteurs qui influencent la douleur. En présence d’une douleur persistante, le plan peut accorder davantage de place aux objectifs suivants :

Mieux comprendre la douleur

Le physiothérapeute explique pourquoi une douleur persistante ne signifie pas nécessairement qu’une blessure s’aggrave. Cette éducation peut aider à diminuer la peur et à reprendre confiance dans les mouvements choisis avec vous.2

Adapter les habitudes de mouvement

Une personne ayant une douleur chronique peut éviter certains gestes pour se protéger. Cette protection peut être utile, mais elle peut aussi limiter les activités lorsqu’elle se prolonge sans nécessité. Le physiothérapeute aide à essayer des mouvements adaptés et à retrouver des options. Notre approche de rééducation du mouvement, qui consiste à pratiquer et à adapter les gestes, s’inscrit dans ce travail.19

Réduire la peur du mouvement

La kinésiophobie est une peur importante de bouger ou de se blesser. Une revue de 63 études trouve des données solides montrant une association entre davantage de peur et davantage de douleur ou de difficultés dans les activités.20 La solidité de cette observation ne signifie pas que la peur explique à elle seule la douleur. La plupart des études décrivaient un lien à un moment donné; elles ne pouvaient pas établir une cause unique. Le physiothérapeute peut proposer une exposition progressive, qui consiste à reprendre des activités redoutées par étapes.

Une revue de 31 études sur les douleurs des muscles, des articulations et des autres structures du mouvement a comparé plusieurs traitements, directement ou par calcul entre études. Les programmes qui combinaient plusieurs approches obtenaient le meilleur classement pour la peur du mouvement. Ce résultat soutient leur intérêt, sans désigner un programme unique qui conviendrait à tous.21

Développer l'autogestion

Le physiothérapeute vous aide à gérer vos symptômes au quotidien. Vous apprenez à ajuster les exercices, à utiliser des moyens de détente et à observer votre réponse aux activités.

Dans Physio4FMD, le programme pour troubles moteurs fonctionnels comprenait neuf séances et un suivi. Les difficultés de mouvement étudiées pouvaient prendre la forme d’une faiblesse ou de mouvements involontaires. À 12 mois, plusieurs résultats secondaires, dont l’amélioration perçue des symptômes moteurs et la santé mentale, favorisaient ce programme. La mesure principale des capacités physiques ne montrait toutefois pas de différence claire avec la physiothérapie neurologique habituelle.4 Le choix des soins pour une douleur persistante repose aussi sur son évaluation propre.

Qu'est-ce que l'éducation en neurosciences de la douleur?

L’éducation en neurosciences de la douleur explique comment le système nerveux, le corps et le contexte influencent la douleur. Elle aide à comprendre pourquoi l’intensité de la douleur ne mesure pas directement l’importance d’une blessure.16 Elle peut accompagner d’autres soins. Un rapport clinique décrit, par exemple, son association à l’imagerie motrice et aux activités progressives chez une personne ayant un syndrome douloureux régional complexe, une douleur persistante d’un membre accompagnée d’autres changements, comme une sensibilité, une couleur ou une température inhabituelles.22

Les principes fondamentaux

L’éducation à la douleur aborde plusieurs idées utiles :

La douleur peut servir d’alarme. Elle peut aider à protéger le corps, mais son intensité ne mesure pas directement les dommages. L’image d’un détecteur trop sensible peut illustrer certaines douleurs persistantes. Cette comparaison ne signifie pas que tout mouvement est sans risque.

Le système nerveux peut devenir plus sensible. Après une blessure, certaines réponses nerveuses peuvent s’amplifier. Cette sensibilité ne suffit pas à expliquer toutes les douleurs ni à identifier leur cause chez une personne.

La douleur peut évoluer. L’éducation peut diminuer la peur, tandis que les autres soins soutiennent la reprise des activités. La douleur peut rester présente malgré une meilleure qualité de vie.2, 7

Comment se déroule l'éducation?

Le physiothérapeute utilise des images et des explications adaptées à vos questions. Il peut notamment aborder ces points :

  • Un détecteur de fumée trop sensible illustre comment certaines réactions protectrices peuvent s’amplifier.
  • Les pensées et les émotions peuvent influencer l’expérience de la douleur.
  • Des mouvements adaptés peuvent rester possibles malgré la douleur.

Quels bénéfices observe-t-on?

Une revue de 2019 a regroupé 12 essais, soit 755 adultes, sur l’éducation à la douleur dans les douleurs persistantes des muscles et des articulations. Elle a observé les résultats suivants :

  • L’éducation diminue la peur du mouvement à court terme, avec un effet jugé cliniquement pertinent, donc assez grand pour avoir une importance pratique.
  • Les personnes peuvent mieux comprendre leur douleur lorsque l’enseignement tient compte de leur histoire et permet de poser des questions.
  • Les effets moyens sur la douleur et les difficultés dans les activités restent modestes et d’importance clinique limitée dans cette revue.2

Cette approche s'intègre à l'enseignement sur la condition que nous offrons à nos patients.

Comment fonctionne l'imagerie motrice graduée?

L’imagerie motrice graduée fait pratiquer trois tâches dans l’ordre : reconnaître la gauche et la droite, imaginer des mouvements, puis regarder des mouvements dans un miroir. Ce programme a notamment été étudié chez des personnes ayant un syndrome douloureux régional complexe ou une douleur ressentie dans un membre amputé, appelée douleur du membre fantôme.23

Dans l’essai de 2006 auprès de 51 personnes, chaque étape durait deux semaines, pour un total de six semaines.23 Le tableau décrit ce protocole étudié. Votre physiothérapeute adapte le programme à votre situation et à votre réponse.

Quels changements a-t-on observés dans le cerveau?

Une étude a suivi 21 personnes ayant un syndrome douloureux régional complexe du membre supérieur, donc du bras ou de la main. Elle a observé des changements dans l’activité de certaines régions du cerveau et une diminution de la douleur au mouvement après six semaines d’imagerie motrice. Ces changements ne prouvent pas qu’une « carte cérébrale » modifiée cause la douleur. La comparaison principale de l’évolution de la douleur au mouvement entre traitement et attente restait incertaine, et le bénéfice douloureux n’était pas retrouvé à six mois. Cette petite étude aide à explorer les mécanismes; elle ne démontre pas une efficacité pour toutes les douleurs persistantes.24

Étape Nom Description Durée dans l’essai de 2006
1 Reconnaissance gauche-droite Vous identifiez si une image montre un membre gauche ou droit 2 semaines
2 Imagerie motrice Vous imaginez faire des mouvements 2 semaines
3 Thérapie miroir Vous observez le reflet du membre non atteint pour donner l’impression de voir bouger le membre atteint 2 semaines

Résultats de la recherche

Une revue de 2013 a regroupé les résultats de plusieurs études. Pour le programme complet, deux études totalisant 63 participants favorisaient l’imagerie motrice par rapport aux soins de physiothérapie habituels. La différence standardisée était de 1,06, une mesure qui permet de comparer des échelles différentes et qui suggère un effet important. Ce nombre ne représente pas une diminution de 1,06 point sur une échelle de douleur. Les petits effectifs et la faible qualité générale des études limitent la certitude.9 Les indications demandent donc des distinctions :

  • Le syndrome douloureux régional complexe fait partie des problèmes étudiés.
  • La douleur du membre fantôme a aussi été étudiée; cela ne démontre pas un effet pour toute douleur d’un bras ou d’une jambe.
  • Les troubles moteurs fonctionnels demandent une évaluation distincte. Les résultats sur ces douleurs d’un membre ne suffisent pas à y recommander systématiquement l’imagerie motrice.

Qu'est-ce que la thérapie d'exposition au mouvement?

La thérapie d’exposition au mouvement réintroduit par étapes les activités que vous redoutez. Le physiothérapeute choisit avec vous des gestes adaptés à votre état de santé. Vous pouvez ainsi comparer ce que vous craigniez avec ce qui se passe réellement, sans devoir ignorer une blessure ou forcer un mouvement dangereux.25, 26

Le cercle vicieux de l'évitement

Éviter un geste douloureux peut protéger une blessure récente. Si cet évitement se prolonge et dépasse les besoins de protection, il peut limiter les activités. Le modèle de peur et d’évitement décrit notamment cette boucle possible :19

  1. La peur du mouvement peut vous amener à éviter certains gestes.
  2. La réduction prolongée des activités peut diminuer votre force et votre aisance à bouger.
  3. La baisse des capacités peut rendre certains efforts plus difficiles.
  4. Ces difficultés peuvent renforcer la peur et l’évitement.

Comment briser ce cercle?

L’exposition repose sur des étapes choisies avec vous :

Vous classez les gestes redoutés. Vous nommez les activités évitées et ce que vous craignez, puis vous les classez de la moins à la plus inquiétante.

Vous reprenez un geste adapté. Le physiothérapeute vous accompagne dans un premier essai, puis ajuste la progression selon votre réponse.

Vous comparez vos attentes à votre expérience. Un mouvement peut se dérouler mieux que prévu, même si une certaine douleur demeure. Cette différence peut soutenir un nouvel apprentissage. Le modèle de peur et d’évitement décrit ce processus, mais il ne prouve pas un mécanisme unique pour chaque personne.26, 19

Vous appliquez les acquis au quotidien. Vous pratiquez progressivement les gestes dans les situations qui comptent pour vous.

Quels résultats montrent les essais?

Deux essais sur le mal de dos chronique permettent de préciser les bénéfices de l’exposition :

  • Dans un essai de 44 personnes, l’exposition réduisait davantage la peur du mouvement et l’anxiété liée à la douleur que l’activité augmentée progressivement.
  • Dans un essai de 85 personnes, l’exposition et l’activité progressive amélioraient toutes deux les capacités dans les activités. Environ la moitié des participants obtenaient des progrès jugés importants, sans différence nette entre les approches.
  • L’exposition diminuait davantage les pensées très alarmantes sur la douleur et le danger attribué aux activités dans ce deuxième essai.
  • L’exposition ne montrait pas de différence claire sur l’intensité de la douleur par rapport à l’activité progressive dans cet essai.27, 28

Pourquoi l'alliance thérapeutique est-elle essentielle dans ce traitement?

L’alliance thérapeutique soutient la collaboration entre vous et le physiothérapeute grâce à des objectifs partagés, des méthodes comprises et une relation de confiance. Une étude sur le mal de dos chronique a trouvé un lien entre une meilleure alliance et de meilleurs résultats, sans prouver que cette relation en était à elle seule la cause.8

Ce que la recherche nous dit

L’étude de Zimney et ses collègues, publiée en ligne en 2024 puis dans un numéro de 2025, a mesuré la confiance, l’alliance et les résultats après la première visite puis à la fin du suivi :

  • Les scores de confiance et d’alliance étaient fortement liés entre eux : les coefficients de corrélation étaient de 0,75 puis de 0,80. Plus cette mesure se rapproche de 1, plus les deux scores évoluent ensemble.
  • Des scores relationnels plus élevés étaient aussi associés à de meilleurs résultats sur la douleur, les activités et l’amélioration globale rapportée.
  • Les mesures de confiance et d’alliance provenaient des patients. Cette étude ne permet pas de promettre un résultat individuel à partir d’un score.8

Les composantes d'une alliance thérapeutique forte

Vous définissez des objectifs communs. Vous et le physiothérapeute choisissez les activités que vous souhaitez retrouver.

Vous comprenez et acceptez les méthodes. Le physiothérapeute explique les soins proposés et discute de vos préférences.

La relation repose sur le respect. Vous pouvez exprimer vos questions, vos craintes et votre réponse au traitement.

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Pourquoi c'est particulièrement important pour la douleur psychogénique

Certaines personnes ayant une douleur inexpliquée ont vécu des expériences difficiles dans les soins. Elles peuvent notamment rapporter :

  • Un professionnel a mis leur douleur en doute.
  • Des commentaires ont minimisé leur souffrance.
  • Elles ont eu le sentiment de ne pas être prises au sérieux.

Le physiothérapeute doit écouter votre expérience et reconnaître la réalité de votre douleur. Il peut discuter des mécanismes possibles sans prétendre connaître une cause qui reste incertaine.7

Quelles techniques manuelles utilise-t-on pour une douleur psychogénique?

Les techniques manuelles peuvent comprendre des mouvements doux des articulations et des contacts légers, choisis selon votre confort et votre accord. Elles peuvent compléter le plan de soins lorsqu’elles vous apportent un soulagement ou facilitent un mouvement. Leur place dépend de ce qu’elles vous apportent et des autres besoins du plan de soins.

Des objectifs concrets pour les soins manuels

Les techniques manuelles s’intègrent à des objectifs observables. Vous pouvez discuter de ces points avec votre physiothérapeute :

  • Le contact respecte votre confort et votre accord.
  • Vous pouvez décrire les sensations agréables, désagréables ou inhabituelles.
  • Le physiothérapeute vérifie si le geste apporte un soulagement.
  • Vous essayez ensuite une activité adaptée pour voir si le confort facilite le mouvement.

Techniques couramment utilisées

Les mobilisations articulaires font bouger une articulation. Le physiothérapeute effectue ces mouvements avec ses mains, dans une étendue de mouvement qui vous convient. Votre confort et votre réponse guident leur utilisation. Notre page sur les mobilisations et manipulations articulaires explique ces gestes.

Les pressions légères s’adaptent aux tissus et à votre sensibilité. Vous signalez tout inconfort et le physiothérapeute ajuste ou interrompt le geste. Une pression plus forte n’est pas un objectif en soi.

Le contact manuel se fait avec votre accord. Le physiothérapeute explique où et pourquoi il pose les mains. Vous pouvez demander une adaptation ou refuser ce contact.

Quand consulter un physiothérapeute

Un physiothérapeute qui accompagne des personnes ayant une douleur persistante peut vous aider si la douleur limite vos activités, si vous évitez des gestes par peur ou si les soins précédents vous ont peu aidé. Un diagnostic fonctionnel posé par votre médecin peut aussi orienter les soins. Vous pouvez demander une réévaluation si vos symptômes changent, s’aggravent ou deviennent différents, même si vos examens antérieurs étaient normaux.7

Situations qui peuvent justifier une consultation

Signe Description
Examens normaux Les examens n’expliquent pas entièrement la douleur; cela ne détermine pas à lui seul le diagnostic
Évitement croissant Vous réduisez progressivement vos activités par peur de la douleur
Échec des traitements Les médicaments, les injections ou les autres soins ont peu aidé; leur échec ne prouve pas une cause psychologique
Diagnostic fonctionnel Un professionnel a posé un diagnostic fonctionnel et proposé des soins adaptés; évoquer le stress seul ne suffit pas
Stress et symptômes Votre douleur augmente pendant certaines périodes de stress ou d’anxiété; cette observation se discute avec les autres facteurs

Comment trouver un physiothérapeute adapté

Vous pouvez demander au physiothérapeute comment il répond aux critères suivants :

  • Le physiothérapeute accompagne des personnes ayant une douleur chronique ou un trouble fonctionnel.
  • Le physiothérapeute tient compte de votre corps, de vos préoccupations et de votre contexte de vie.
  • Le physiothérapeute explique la douleur avec des mots que vous comprenez.
  • Le physiothérapeute écoute vos réponses et respecte vos choix.

Chez Physioactif, vous pouvez discuter de votre douleur, des soins déjà essayés et des activités que vous souhaitez reprendre. L’évaluation permet de proposer un plan adapté.

Combien de temps dure le traitement en physiothérapie?

Le traitement en physiothérapie peut s’étendre sur plusieurs semaines ou plusieurs mois, selon les objectifs, le diagnostic et les progrès observés. Les durées étudiées ne sont pas des délais garantis de récupération : le programme d’imagerie motrice de 2006 durait six semaines, tandis qu’un cas clinique avec plusieurs approches décrivait 26 visites sur neuf mois.23, 22 Vous et le physiothérapeute réévaluez le besoin de suivi au fil des séances.

Facteurs influençant la durée

L’histoire de la douleur guide l’évaluation. Le physiothérapeute tient compte de sa durée, de son évolution et des soins déjà essayés.

La peur du mouvement oriente la progression. Vous choisissez des étapes qui permettent d’essayer les activités sans vous sentir forcé.

Votre contexte de vie influence le plan. Le sommeil, le stress, l’anxiété et les difficultés quotidiennes peuvent demander un soutien supplémentaire.

La pratique à domicile doit rester réalisable. Vous convenez d’activités adaptées à vos capacités et à votre horaire, puis vous les ajustez selon votre réponse.

Comment organiser les étapes du suivi?

Phase Repère pour la progression Objectifs
Initiale Vous comprenez le plan et vous avez choisi des objectifs Le physiothérapeute évalue la situation, explique la douleur et construit le plan avec vous
Active Vous essayez les activités choisies et ajustez la difficulté Les soins peuvent inclure des exercices, une exposition au mouvement, une imagerie motrice si indiquée ou des gestes manuels utiles
Consolidation Vous réutilisez les stratégies dans votre quotidien Vous préparez la poursuite des activités et décidez avec le physiothérapeute de la fin du suivi ou de ses ajustements

Après le traitement

La fin du suivi se décide selon vos besoins et vos progrès. Certaines personnes poursuivent les stratégies de façon autonome; d’autres ont besoin de rendez-vous occasionnels ou d’un accompagnement plus régulier. Le plan peut aussi être ajusté si les symptômes changent.7

Quelles sont les questions les plus fréquentes sur ce traitement?

Les questions fréquentes sur ce traitement concernent la réalité de la douleur, la complémentarité avec la psychothérapie, les exercices, les médicaments, le choix des soins et leurs différences avec d’autres suivis.

La douleur psychogénique est-elle réelle?

La douleur dite psychogénique est réelle. Une douleur ne devient pas imaginaire parce qu’un examen ne l’explique pas. Le cerveau, le corps et le contexte participent à l’expérience douloureuse; un mécanisme encore incertain ne diminue pas la réalité de votre souffrance.16, 10

La physiothérapie peut-elle remplacer la psychothérapie?

La physiothérapie peut compléter la psychothérapie, mais elle ne la remplace pas lorsqu’un suivi psychologique est indiqué. Le choix des professionnels et des médicaments dépend de vos besoins et de votre diagnostic.6 Pour la douleur chronique primaire, c’est-à-dire une douleur persistante qu’une autre maladie n’explique pas suffisamment, les recommandations proposent notamment des exercices et certaines psychothérapies. Tous les patients n’ont pas besoin des mêmes soins.7

Pour une composante nociplastique, la revue de Fitzcharles privilégie les approches sans médicament. Les traitements qui visent surtout une anomalie locale, comme certaines injections ou chirurgies, répondent moins bien à cette composante. Cela n’enlève pas leur utilité possible pour une autre maladie ou blessure présente en même temps. Les médicaments, dont les anti-inflammatoires et les opioïdes, des médicaments comme la morphine, demandent aussi une évaluation de leurs bénéfices et de leurs risques selon le mécanisme de la douleur.3

Quels exercices sont recommandés?

Les exercices dépendent de vos symptômes et des activités que vous voulez reprendre. Le programme peut proposer ces options :

  • Des exercices de respiration et de relaxation vous permettent de pratiquer des moyens de détente.
  • Des mouvements adaptés vous permettent de reprendre les gestes par étapes.
  • Des exercices d’imagerie vous font imaginer un mouvement lorsqu’ils correspondent au problème traité.
  • Des activités progressives vous rapprochent d’objectifs concrets, comme marcher ou accomplir une tâche domestique.

Le type d’exercice, son intensité et sa progression comptent tous dans le choix du programme. Les exercices de renforcement peuvent notamment aider à travailler les capacités nécessaires à vos activités. Le physiothérapeute adapte la difficulté à votre situation.

Dois-je arrêter mes médicaments?

Ne modifiez pas vos médicaments sans en discuter avec votre médecin. La physiothérapie fait partie de votre plan de soins. Si un ajustement devient pertinent, votre médecin le planifie avec vous, en tenant compte des bénéfices, des risques et des effets possibles d’un arrêt.7

Comment savoir si c'est le bon traitement pour moi?

Une évaluation en physiothérapie peut être pertinente dans les situations suivantes :

  • Votre douleur persiste ou limite vos activités, même si sa cause reste incertaine.
  • Vous évitez certains mouvements parce qu’ils vous inquiètent.
  • Vous souhaitez discuter d’autres moyens de gérer vos symptômes.
  • Vous avez des questions sur les mécanismes de votre douleur.

La première consultation permet de choisir des objectifs et de vérifier si une autre évaluation médicale ou un autre professionnel devrait compléter les soins.

Quelle est la différence avec la physiothérapie classique?

Les soins d’une douleur persistante peuvent mettre l’accent sur les aspects suivants, également présents dans d’autres suivis de physiothérapie :

  • L’éducation vous aide à comprendre la douleur et les soins proposés.
  • L’exposition progressive vous aide à essayer des activités redoutées.
  • La collaboration permet de construire un plan qui respecte vos objectifs.
  • Le traitement travaille les capacités, les symptômes et les facteurs qui influencent votre vie quotidienne.
  • L’imagerie motrice peut s’ajouter lorsqu’elle correspond au diagnostic et aux difficultés rencontrées.

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Références

Les références s’ouvrent dans un nouvel onglet.

  1. Nielsen G, Stone J, Matthews A, Brown M, Sparkes C, Farmer R, et al. Physiotherapy for functional motor disorders: a consensus recommendation. J Neurol Neurosurg Psychiatry. 2015;86(10):1113-9. (Retour aux passages : 1, 2)
  2. Watson JA, Ryan CG, Cooper L, Ellington D, Whittle R, Lavender M, et al. Pain Neuroscience Education for Adults With Chronic Musculoskeletal Pain: A Mixed-Methods Systematic Review and Meta-Analysis. J Pain. 2019;20(10):1140.e1-1140.e22. (Retour aux passages : 1, 2, 3, 4)
  3. Fitzcharles MA, Cohen SP, Clauw DJ, Littlejohn G, Usui C, Häuser W. Nociplastic pain: towards an understanding of prevalent pain conditions. Lancet. 2021;397(10289):2098-2110. (Retour aux passages : 1, 2)
  4. Nielsen G, Stone J, Lee TC, Goldstein LH, Marston L, Hunter RM, et al. Specialist physiotherapy for functional motor disorder in England and Scotland (Physio4FMD): a pragmatic, multicentre, phase 3 randomised controlled trial. Lancet Neurol. 2024;23(7):675-686. (Retour aux passages : 1, 2)
  5. Réseau québécois de recherche sur la douleur. What causes psychosomatic pain and what types of treatment can help manage it? - Quebec Pain Research Network. (Retour au passage : 1)
  6. Manuels MSD pour le grand public. Trouble somatoforme - Santé mentale - Manuels MSD pour le grand public. (Retour aux passages : 1, 2)
  7. NICE. Recommendations | Chronic pain (primary and secondary) in over 16s: assessment of all chronic pain and management of chronic primary pain | Guidance | NICE. (Retour aux passages : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8)
  8. Zimney KJ, Puentedura E, Kolber MJ, Louw A. The correlation of trust as part of the therapeutic alliance in physical therapy and their relation to outcomes for patients with chronic low back pain. Physiother Theory Pract. 2025;41(3):473-480. (Retour aux passages : 1, 2, 3)
  9. Bowering KJ, O'Connell NE, Tabor A, Catley MJ, Leake HB, Moseley GL, et al. The effects of graded motor imagery and its components on chronic pain: a systematic review and meta-analysis. J Pain. 2013;14(1):3-13. (Retour aux passages : 1, 2)
  10. Raja SN, Carr DB, Cohen M, Finnerup NB, Flor H, Gibson S, et al. The revised International Association for the Study of Pain definition of pain: concepts, challenges, and compromises. Pain. 2020;161(9):1976-1982. (Retour aux passages : 1, 2, 3)
  11. Treede RD, Rief W, Barke A, Aziz Q, Bennett MI, Benoliel R, et al. Chronic pain as a symptom or a disease: the IASP Classification of Chronic Pain for the International Classification of Diseases (ICD-11). Pain. 2019;160(1):19-27. (Retour aux passages : 1, 2)
  12. Kosek E, Clauw D, Nijs J, Baron R, Gilron I, Harris RE, et al. Chronic nociplastic pain affecting the musculoskeletal system: clinical criteria and grading system. Pain. 2021;162(11):2629-2634. (Retour aux passages : 1, 2)
  13. What is Somatic Symptom Disorder? (Retour au passage : 1)
  14. International Association for the Study of Pain. Terminology. (Retour aux passages : 1, 2, 3)
  15. Edwards RR, Dworkin RH, Sullivan MD, Turk DC, Wasan AD. The Role of Psychosocial Processes in the Development and Maintenance of Chronic Pain. J Pain. 2016;17(9 Suppl):T70-92. (Retour au passage : 1)
  16. Moseley GL, Butler DS. Fifteen Years of Explaining Pain: The Past, Present, and Future. J Pain. 2015;16(9):807-13. (Retour aux passages : 1, 2, 3)
  17. Woolf CJ. Central sensitization: implications for the diagnosis and treatment of pain. Pain. 2011;152(3 Suppl):S2-S15. (Retour au passage : 1)
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