Périostite tibiale
C’est une inflammation de l’enveloppe du tibia qu’on appelle le périoste.

Périostite tibiale : causes, symptômes et traitement complet
La périostite tibiale provoque une douleur d’effort sur le bord interne du tibia, le gros os de la jambe. Ce problème, aussi appelé syndrome de stress tibial médial, touche notamment les coureurs et les recrues militaires. La physiothérapie peut vous aider à adapter les efforts et les exercices pour reprendre progressivement la course.
Synonymes: Syndrome de stress tibial médial (SSTM), shin splints
Qu'est-ce qu'une périostite tibiale?
La périostite tibiale est une douleur liée aux efforts répétés le long du bord interne du tibia. On l’a longtemps attribuée uniquement à une inflammation du périoste, l’enveloppe de l’os, tirée par les muscles. Les explications actuelles tiennent aussi compte de l’adaptation de l’os aux efforts. La périostite et la fracture de stress, une petite fissure liée à des efforts répétés, font partie des atteintes possibles. Une périostite ne devient pas automatiquement une fracture, mais poursuivre un entraînement aggravant peut favoriser une atteinte plus importante.1
Le périoste est une membrane fine autour de l’os. Ses vaisseaux sanguins nourrissent l’os. Ses nerfs détectent et transmettent des informations sur des stimulations qui pourraient endommager les tissus : c’est la nociception. Ces informations peuvent contribuer à la douleur, mais elles ne sont pas la douleur elle-même. La douleur dépend aussi du contexte de la personne et ne mesure pas directement l’état du périoste.
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Une étude anatomique a examiné les tibias de 50 cadavres. Le soléaire, un muscle profond du mollet, le fléchisseur commun des orteils, un muscle qui aide à les plier, et une membrane fibreuse de la jambe avaient des attaches près de la zone habituellement douloureuse. Cela appuie l’hypothèse d’une traction à cet endroit. Le tibial postérieur, un autre muscle situé dans la jambe, n’avait pas d’attache dans cette zone dans les spécimens étudiés. Ce résultat limite l’hypothèse d’une traction directe de ce muscle à cet endroit; il ne détermine pas la cause de chaque douleur.2
La périostite fait partie des blessures observées en course à pied.3 Elle touche aussi les recrues militaires en formation.1 Elle est une cause fréquente de douleur à la jambe pendant l’effort chez les athlètes.3 La course et les sauts répétés font partie des activités associées. La fréquence varie selon les personnes étudiées et la durée du suivi.1
Chez les coureurs, les blessures touchent souvent le genou, le pied ou la cheville et la partie de la jambe située sous le genou.4 Une revue de 36 études portant sur 23 047 coureurs rapporte, dans ses résultats détaillés, 25,8 % des blessures au genou, 24,4 % au pied ou à la cheville et 20,9 % à la jambe. Ces proportions décrivent la répartition des blessures, pas le risque individuel de périostite.4
Anatomie du tibia et du périoste
Le tibia est le principal os qui porte le poids du corps dans la jambe. Son périoste contient beaucoup de fibres nerveuses sensibles, appelées A-delta et C. Elles sont plus denses dans le périoste que dans la partie dure externe de l’os ou dans la moelle osseuse, le tissu à l’intérieur de l’os. Parmi ces trois parties de l’os, le périoste est particulièrement sensible aux stimulations potentiellement dangereuses.5 Cela ne permet pas de mesurer la douleur ni la gravité d’une blessure à partir d’un seul signal nerveux.
Quelles sont les causes de la périostite tibiale?
Les efforts répétés qui dépassent la capacité d’adaptation de la jambe peuvent contribuer à la périostite tibiale. Les changements d’entraînement, la récupération, les mouvements de course et les chaussures se considèrent ensemble. Aucun de ces facteurs n’explique tous les cas.
Changements d’entraînement
Courir plus longtemps ou plus vite peut augmenter les efforts imposés à la jambe. Les recherches ne trouvent toutefois pas de lien constant entre un paramètre précis d’entraînement et toutes les blessures de course.4 Votre progression doit donc tenir compte de la distance, de l’intensité, des journées de récupération et de votre réaction aux séances. Un pourcentage fixe ne garantit pas d’éviter une blessure.
Une progression graduelle peut commencer par des périodes de marche et de course alternées. Les intervalles rapides peuvent attendre que la course plus lente soit bien tolérée. Une douleur au genou peut coexister avec la douleur tibiale; elle mérite aussi d’être évaluée.
Mouvements et forces pendant la course
La pronation désigne notamment le mouvement du pied vers l’intérieur pendant l’appui. Le valgus décrit un genou qui se déplace vers l’intérieur. Ces mouvements ne constituent pas à eux seuls un défaut ni une cause certaine de douleur. Votre physiothérapeute peut aussi observer la cadence, le nombre de pas par minute, et la longueur de vos pas. Les forces sur la jambe dépendent entre autres de la vitesse et de la façon de courir.
Le physiothérapeute peut vérifier si la force de la hanche et le mouvement du genou influencent votre confort ou votre capacité à courir. Une différence observée ne prouve pas qu’elle cause la douleur tibiale. Ces éléments peuvent aussi être examinés pour un syndrome fémoro-patellaire, une douleur à l’avant du genou autour de la rotule.
Une revue de 18 études rapporte une montée plus rapide de la force verticale à l’appui chez des personnes ayant déjà eu une fracture de stress.6 Les analyses ne montraient pas de différence claire entre les groupes pour les valeurs maximales de force aux deux moments étudiés. Elles ne prouvent pas qu’une montée rapide de la force cause à elle seule une blessure future.6
La force de freinage est la force horizontale qui ralentit l’avancée du corps au début de l’appui. Une étude chez des coureuses de loisir associait une force de freinage plus élevée à davantage de blessures pendant un programme de demi-marathon de 15 semaines.7 Les chercheurs ont recruté 74 coureuses et en ont inclus 65 dans l’analyse finale. Le tiers ayant la force la plus élevée avait un taux de survenue des blessures 5,08 fois celui du tiers intermédiaire et 7,98 fois celui du tiers le plus faible. Cette association ne prouve pas une cause et ne vise pas seulement la périostite.7
Chaussures et usure
La mousse d’une chaussure peut changer avec l’usure.8 Dans un essai en laboratoire sur la mousse EVA, une mousse utilisée dans les semelles, la pression maximale sous le pied augmentait en moyenne de 100 % après 500 km. Des dommages dans la mousse apparaissaient après 750 km. Ces mesures concernent la chaussure étudiée; elles ne prouvent pas qu’il faut remplacer toutes les chaussures à 500 km ni qu’elles causent une périostite.8 Vérifiez surtout si vos chaussures restent confortables et adaptées à votre activité.
Des chaussures minimalistes, plus souples et moins rembourrées, peuvent changer les efforts du mollet et du pied. Si vous changez de type de chaussures, commencez par de courtes sorties et surveillez votre réaction avant d’augmenter la durée.
Surfaces d'entraînement
Passer de la route à un sentier, à une piste ou au gazon change l’activité. La dureté de la surface ne suffit toutefois pas à prédire une blessure. Vous pouvez essayer une autre surface pour votre confort, sans supposer qu’elle prévient les blessures liées aux efforts répétés.
Quels sont les symptômes d'une périostite tibiale?
La périostite cause une douleur diffuse sur la face interne du tibia, surtout pendant la course. La douleur peut changer pendant l'activité, après l'effort et au repos; son évolution varie selon la personne et le diagnostic. Le tibia peut être sensible au toucher sur plusieurs centimètres.
Localisation typique
La douleur se situe surtout vers l’arrière du bord interne du tibia. Elle s’étend habituellement sur plusieurs centimètres, souvent dans la moitié inférieure de la jambe. La localisation seule ne permet pas de savoir quel tissu contribue à la douleur.
Une douleur musculaire au mollet se ressent dans le muscle. La périostite est plutôt sensible le long du bord interne du tibia. Appuyer à cet endroit peut reproduire la douleur, sans identifier à lui seul le tissu en cause.
Profil possible de la douleur
La douleur peut se manifester de plusieurs façons pendant et après la course:
- Douleur au début de la course
- Diminution pendant l'échauffement
- Réapparition si l'effort se prolonge
- Disparition avec le repos
La douleur peut aussi persister après l’exercice, apparaître à la marche, au réveil ou après une longue période assise. Si les symptômes deviennent plus fréquents ou limitent davantage vos activités, faites réévaluer la jambe plutôt que de supposer qu’il s’agit encore d’une simple périostite.
Signes à surveiller
Une grosse enflure, une chaleur marquée ou une rougeur ne correspondent pas au portrait habituel et demandent une évaluation rapide. Des engourdissements, des picotements ou une faiblesse peuvent venir d’un nerf, comme dans une névralgie de la jambe, ou d’un autre problème. Un syndrome de loge signifie que la pression augmente dans un espace fermé contenant des muscles; cette pression peut gêner la circulation et les nerfs. Des symptômes qui reviennent à l’effort puis diminuent au repos demandent aussi une évaluation.
Une douleur soudaine et très forte, une douleur qui augmente rapidement, une jambe très tendue ou très enflée, ou une nouvelle perte de force ou de sensibilité demandent une évaluation médicale urgente. N’attendez pas de voir si l’entraînement ou les exercices améliorent la situation. Une douleur importante au tibia ou une blessure à cet endroit justifient aussi un avis médical rapide. Une impossibilité de prendre appui sur la jambe demande aussi une évaluation rapide. Le NHS décrit le syndrome de loge aigu comme une urgence; sa page sur la périostite distingue aussi la douleur importante et la blessure nécessitant un avis rapide.
Différence avec d'autres douleurs de jambe
Un claquage du mollet, une déchirure musculaire, fait plutôt mal dans le mollet. Une tendinopathie du tendon d’Achille, une douleur du tendon derrière la cheville, se situe aussi ailleurs que sur le bord du tibia. Ces différences orientent l’examen sans suffire à poser un diagnostic.
Comment différencier la périostite d'une fracture de stress?
La périostite donne habituellement une douleur étendue, tandis qu’une fracture de stress est souvent plus douloureuse sur un point précis. Une douleur très localisée, au repos ou la nuit augmente le soupçon de fracture sans le confirmer. Le tableau donne des repères; il ne remplace pas l’examen.
| Caractéristique | Périostite tibiale | Fracture de stress |
|---|---|---|
| Zone douloureuse | La douleur de la périostite tibiale est habituellement diffuse, répartie le long du bord interne du tibia. | La douleur d’une fracture de stress est souvent plus localisée, concentrée sur un point précis. |
| Localisation | Vers l’arrière du bord interne du tibia | Variable selon le site atteint |
| Douleur au repos | Variable; une douleur importante au repos demande une réévaluation | Possible, surtout si la blessure progresse |
| Douleur nocturne | Peut survenir; une douleur nocturne demande une réévaluation du diagnostic | Possible |
| Enflure locale | Variable; une enflure importante demande d'envisager une autre cause | Parfois présente |
| Radiographie | Habituellement normale | La fracture peut ne pas être visible, surtout au début |
Quand des images médicales sont nécessaires
Une radiographie peut ne rien montrer au début d’une fracture de stress. Si l’examen fait soupçonner une fracture, l’imagerie par résonance magnétique (IRM), qui produit des images détaillées avec un champ magnétique, peut aider à préciser le diagnostic.9 Une revue rapporte que la radiographie repérait de 12 à 56 cas sur 100 fractures de stress du membre inférieur, contre 68 à 99 sur 100 pour l’IRM. Ces valeurs variaient selon les études. L’interprétation doit tenir compte des symptômes et de l’examen.10
Le diapason est un petit instrument métallique qui vibre lorsqu’on le frappe. Le presser contre la jambe pour provoquer une douleur ne suffit pas à diagnostiquer une fracture. Une revue conclut aussi à une précision insuffisante des tests qui appliquent des ultrasons pour provoquer une douleur. Il ne s’agit pas de l’échographie qui produit des images.11 Chez 63 militaires masculins, le test du diapason ne repérait que 61,5 % des cas classés comme fractures de stress par l’IRM. Il donnait un résultat négatif chez seulement 25 % des personnes sans cette atteinte à l’IRM. Cette classification incluait des signes osseux précoces, pas seulement une fissure visible. Le test ne doit donc pas être utilisé seul.12
Quels sont les facteurs de risque?
Les antécédents de douleur tibiale, l’entraînement, la récupération et la santé osseuse font partie des facteurs à considérer pour la périostite. Leur importance varie d’une personne à l’autre. Une association observée dans un groupe ne permet pas de calculer votre risque à partir d’un seul facteur.
Facteurs modifiables
- Distance ou vitesse de course récemment augmentée, à discuter avec vos symptômes
- Usure et confort de vos souliers, sans kilométrage universel de remplacement
- Changement de surface et réaction de la jambe aux sorties
- Force du mollet et du pied nécessaire pour marcher, courir ou monter sur la pointe des pieds
- Nombre de pas par minute et longueur des pas, comparés à vitesse semblable
- Exercices pour développer les capacités utiles à votre sport
- Technique de course et changements qui améliorent votre confort
- Journées de récupération, fatigue et autres activités physiques
Antécédents et caractéristiques à considérer
- Sexe et expérience d’entraînement : des différences apparaissent entre certains groupes, sans permettre de prévoir le risque de chaque personne.13
- Épisode antérieur de douleur tibiale, avec son diagnostic et son évolution
- Forme et mouvements du pied, sans considérer automatiquement un pied plat comme une cause
- Mouvement du genou vers l’intérieur pendant la course, sans le considérer automatiquement comme un défaut
- Forme de la jambe, à décrire sans en déduire à elle seule une cause de douleur
Une étude a relevé 20 257 militaires britanniques ayant consulté pour ce problème entre 2010 et 2018. Les chercheurs ont comparé chaque année la fréquence des diagnostics dans différents groupes militaires.13 En 2018, la périostite concernait 7,03 % des recrues féminines, contre 1,60 % du personnel féminin déjà formé et 4 % des recrues masculines. Elle était donc plus de quatre fois plus fréquente chez les recrues féminines que chez les femmes déjà formées. Ces résultats ne s’appliquent pas automatiquement à toutes les coureuses.13
Facteurs nutritionnels
L’alimentation et la santé osseuse méritent une attention particulière si la douleur revient ou si une fracture est soupçonnée. Le corps doit recevoir assez d’énergie pour l’activité physique et pour ses autres fonctions. Un apport insuffisant peut nécessiter une évaluation avec un médecin ou une nutritionniste.
Comment la physiothérapie traite la périostite tibiale?
La physiothérapie aide à adapter les efforts, à renforcer les capacités nécessaires à la course et à organiser la reprise. Le physiothérapeute vérifie d’abord si les symptômes demandent une évaluation médicale. L’analyse de la course est ajoutée lorsqu’elle peut guider un changement utile.
Évaluation complète
Votre physiothérapeute évaluera:
- Votre historique de course et d'entraînement récent
- La mobilité de votre cheville et de votre pied
- La force des muscles du mollet, du pied et de la hanche
- Votre technique de course (analyse vidéo si indiqué)
- Les mouvements du pied et du genou pendant l’appui
- La souplesse des muscles de la jambe
- La stabilité du tronc et du bassin
Une évaluation des mouvements de course peut comparer votre confort et votre façon de courir avant et après un ajustement. Une variation de mouvement n’est pas automatiquement un défaut à corriger.
Plan de traitement personnalisé
Adapter les efforts : Réduire temporairement la course peut être nécessaire, sans arrêter toutes les activités. Gardez les mouvements et les activités tolérés. Une fracture soupçonnée demande d’abord une protection et une évaluation médicale.
Exercices ciblés : Les exercices de renforcement peuvent travailler le mollet, le pied et la hanche selon vos difficultés. Leur objectif est de retrouver les capacités nécessaires à la marche et à la course.
Ajustement de la course : Un petit changement du nombre de pas par minute peut être essayé à la même vitesse. Dans une étude chez 45 coureurs en santé, augmenter ce nombre de 5 % ou 10 % diminuait l’énergie absorbée au genou à chaque pas. Cela ne prouve pas que ce changement guérit une périostite. Votre point de contact au sol n’est pas modifié automatiquement. Étude sur la cadence et les mouvements des articulations.
Techniques manuelles : La mobilisation articulaire consiste à faire bouger doucement une articulation avec les mains. Elle peut être essayée si la cheville bouge difficilement. Un travail manuel du mollet ou du pied peut aussi apporter un confort temporaire. Le physiothérapeute vérifie ensuite si vous bougez plus facilement. Les activités et les exercices servent à poursuivre la reprise; les preuves propres à chaque technique isolée pour la périostite restent limitées.
Froid et appareils : La glace enveloppée dans un linge peut calmer la douleur. Elle ne remplace pas l’adaptation des efforts. Les ultrasons thérapeutiques, qui utilisent des ondes sonores, et le laser sont des traitements par appareil parfois proposés ailleurs. Votre plan chez Physioactif privilégie le mouvement, les exercices et l’adaptation des efforts.
Progression du traitement
La progression peut suivre quatre objectifs, sans calendrier identique pour tous :
- Objectif initial: Soulagement des symptômes et modification des activités selon la tolérance
- Renforcement : Augmenter les exercices selon votre capacité et votre réaction après la séance
- Retour à la course : Reprendre de courtes périodes de course et essayer les ajustements utiles
- Entretien : Maintenir les exercices utiles et augmenter progressivement les sorties
Quels exercices aident à récupérer d’une périostite?
Les élévations des talons, les exercices du pied et l’équilibre sur une jambe peuvent aider à retrouver les capacités nécessaires à la course. Un travail de la hanche peut aussi être utile selon l’examen. Les exemples suivants se choisissent avec votre physiothérapeute; ils ne forment pas une ordonnance identique pour tous. Réduisez ou arrêtez un exercice qui aggrave la douleur. Une fracture soupçonnée demande une protection différente, avant d’essayer ces exercices.
Programme de renforcement du mollet
Élévations du talon (mollet):- Debout, les deux pieds au sol, tenir un comptoir ou une chaise stable
- Monter sur la pointe des pieds à une vitesse contrôlée
- Redescendre avec le même contrôle
- Choisir un nombre de répétitions qui reste confortable pendant l’exercice et après
- Ajouter l'appui sur une jambe ou une charge seulement si cette progression est bien tolérée
- Avec un appui stable, monter sur la pointe des deux pieds
- Lever un pied puis abaisser lentement le talon de l’autre jambe, seulement si cette variante est tolérée
- Ajuster les répétitions selon votre réponse pendant et après l'exercice
- Le mollet travaille en s’allongeant pendant la descente : c’est le travail excentrique
Renforcement des muscles du pied et de la jambe
Le tibial postérieur se trouve dans la jambe et agit sur le pied. Il est donc distinct des petits muscles situés entièrement dans le pied.
Renforcement du tibial postérieur :- Assis, fixer un élastique à un objet stable et le passer autour de l’avant du pied
- Garder le talon au sol et le genou immobile, puis tourner doucement la plante du pied vers l’intérieur contre l’élastique
- Revenir lentement; choisir une résistance permettant ce mouvement sans forcer à travers la douleur
- Ajuster les répétitions selon la capacité et la réponse après l'exercice
- Assis ou debout, pieds à plat
- Activer l'arche du pied en rapprochant l'avant-pied du talon
- Maintenir seulement pendant une durée confortable sans recroqueviller les orteils
- Relâcher puis répéter selon votre capacité
- Assis, poser le pied sur une serviette et la ramener en pliant les orteils
- Séparer et écarter les orteils
- Choisir ces exercices pour améliorer le mouvement et la force du pied
Exercices de stabilité et contrôle
Équilibre sur une jambe:- Debout près d’un comptoir, lever un pied et garder l’équilibre sur l’autre
- Utiliser les mains au besoin; réduire cet appui seulement si vous restez stable
- Augmenter progressivement la durée selon votre équilibre
- Debout sur une marche basse, tenir une rampe et laisser un pied dépasser du bord
- Plier le genou d’appui pour rapprocher doucement l’autre talon du sol, puis remonter
- Choisir une vitesse qui permet un mouvement confortable et contrôlé
- Répéter selon votre capacité, sans laisser la douleur augmenter
- Debout près d’un appui, lever un pied puis plier un peu le genou d’appui
- Descendre comme pour s’asseoir, puis remonter sans chercher une grande profondeur
- Répéter seulement tant que le mouvement reste confortable et contrôlé
Renforcement de la hanche
Le renforcement de la hanche peut compléter le programme si la force ou le contrôle de cette région limite vos activités :
Lever la jambe en étant couché sur le côté :- Couché sur le côté, plier la jambe du dessous pour être stable; lever la jambe du dessus en la gardant allongée, puis la redescendre lentement
- Choisir une hauteur et un nombre de répétitions confortables
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- Couché sur le dos, un genou plié et le pied au sol, garder l’autre jambe levée; soulever doucement le bassin puis le redescendre
- Commencer avec les deux pieds au sol si le pont sur une jambe est trop difficile
- Ajuster les répétitions à votre capacité, sans aggraver la douleur
Votre physiothérapeute choisit les exercices qui répondent à vos difficultés, comme tenir sur une jambe ou monter une marche. Les exemples de renforcement pour coureurs du NHS décrivent notamment les élévations du talon et le pont. Leur forme peut être adaptée sans imposer le même nombre de répétitions à tous.
Activités de transfert
Le vélo, la natation, l’elliptique, une courte randonnée ou la course en eau profonde avec une ceinture de flottaison peuvent remplacer temporairement une sortie douloureuse. Ces activités entretiennent une partie de la condition physique avec des efforts différents. Gardez celles qui restent confortables pendant l’activité et après, selon le diagnostic.
Une étude a mesuré de très petites déformations du tibia pendant la course et des sauts chez six personnes en santé. Elle n’évaluait pas la récupération d’une périostite.14 Quatre participants ont terminé tous les sauts. Les déformations lors d’un saut en contrebas de 52 cm n’étaient pas clairement plus élevées que pendant la course à 17 km/h. L’os se comprimait et s’étirait plus rapidement pendant la course. Cela ne prouve pas que les sauts sont indiqués pendant une douleur active.14
Ces activités peuvent aussi être envisagées avec une fasciite plantaire, une douleur sous le pied près du talon, ou une autre douleur au pied. Leur choix dépend alors de l’ensemble de vos symptômes.
Combien de temps dure la guérison?
La périostite peut s’améliorer en quelques semaines, mais une douleur persistante peut demander plusieurs mois avant la reprise complète. Le NHS décrit une amélioration habituelle en quelques semaines avec les adaptations nécessaires. Dans un essai chez 74 athlètes ayant des symptômes persistants, le délai moyen était d’environ 102 à 118 jours selon le groupe pour courir 18 minutes de suite à une intensité rendant la conversation difficile. Quatorze participants ont arrêté faute de progrès. Ce résultat mesure un objectif de course, pas le temps de réparation de chaque tissu. Votre évolution dépend aussi des changements de charge d’entraînement.
Protocole de retour à la course
La reprise commence par une marche tolérée sans douleur, puis de courtes périodes de course lente alternées avec de la marche. Augmentez ensuite la durée de course avant de reprendre les efforts rapides ou les côtes. Prévoyez de la récupération entre les sorties. Ces étapes s’adaptent au diagnostic et aux réactions de votre jambe; elles ne s’appliquent pas à une fracture qui demande encore une protection.
Règles d'or du retour à la course
Si la douleur augmente pendant la sortie ou reste plus forte ensuite, revenez à l’étape précédente et faites ajuster le plan. Le traitement commence habituellement sans chirurgie, après avoir recherché les autres causes possibles.3 Les conseils de progression reposent encore en partie sur l’expérience clinique; les comparaisons entre programmes restent limitées.3
La distance, la vitesse et les journées de repos se discutent avec votre physiothérapeute. Une nouvelle douleur au repos, une douleur très localisée ou une aggravation malgré les adaptations demandent une réévaluation.
Comment prévenir les récidives?
La prévention des récidives repose sur une progression graduelle de la course, une récupération suffisante et des exercices adaptés. Ces mesures préparent la reprise sans garantir l’absence de récidive. La règle de 10 % de distance supplémentaire par semaine n’est pas une méthode préventive prouvée pour tous.4 La revue des études sur l’entraînement trouve des résultats contradictoires; le plan doit tenir compte de votre situation.4
Options de gestion à adapter
Progression de l'entraînement:- Augmenter le volume de course de façon progressive
- Éviter d’augmenter en même temps la durée et la vitesse si cela aggrave les symptômes
- Prévoir les journées de repos selon votre fatigue et vos autres activités
- Choisir le type d'entraînement selon l'objectif, par exemple course continue, intervalles ou alternance libre de rythmes
- Choisir une surface confortable, sans supposer qu’elle empêche les blessures
- Remplacer les souliers dont l’usure ou le confort ne convient plus à l’activité
- Choisir une ou plusieurs paires confortables selon les activités, sans garantie préventive
- Tenir compte de la durée, de la pente et des changements de surface
- Renforcer les muscles nécessaires à la marche, à la course et aux escaliers
- Travailler l’équilibre si tenir sur une jambe est difficile
- Renforcer la hanche si sa force limite vos activités
- Travailler la souplesse du mollet ou de la cuisse si une raideur gêne vos mouvements
- Essayer un petit changement du nombre de pas par minute à vitesse semblable, si cela aide
- Ne pas imposer à tous un contact sur l’avant-pied ou le talon; comparer le confort après un changement
- Observer si un ajustement du tronc ou du bassin facilite la course
- Garder un changement de longueur de pas seulement s’il améliore le confort ou la course
Surveiller la fonction, les symptômes et la récupération
Si la douleur augmente ou si vous marchez ou courez moins facilement, réduisez temporairement les efforts aggravants. Revoyez la distance, la surface et le repos. Consultez si la douleur persiste ou s’aggrave malgré ces adaptations; les signes urgents décrits plus haut ne doivent pas attendre.
Les mêmes questions d’entraînement et de récupération peuvent être discutées avec une tendinopathie rotulienne, une douleur du tendon sous la rotule, ou un syndrome de la bandelette ilio-tibiale, une douleur sur le côté externe du genou. Le programme reste adapté au problème réellement présent.
Surveillance à long terme
Pendant et après la reprise des activités, surveillez les changements suivants:
- Augmentation soudaine de la raideur matinale
- Douleur qui réapparaît après des courses longues
- Sensibilité au toucher le long du tibia
- Fatigue musculaire excessive
Ces changements justifient de revoir les efforts, le repos et les autres causes possibles.
Quand consulter un physiothérapeute?
Un physiothérapeute peut vous aider lorsque la douleur persiste, s’aggrave ou limite vos activités, ainsi que pour planifier la reprise de la course. Une douleur importante ou une blessure au tibia demandent un avis médical rapide; les alertes décrites plus haut peuvent nécessiter l’urgence. Pour organiser une consultation en physiothérapie, vous pouvez joindre la clinique directement.
Signes qui justifient une consultation
- Douleur persistante, qui s'aggrave ou qui limite de plus en plus les activités
- Douleur qui vous empêche de courir normalement
- Douleur présente à la marche ou au repos
- Douleur nocturne qui perturbe le sommeil, surtout si elle est très localisée ou présente aussi au repos
- Récidives fréquentes malgré vos efforts de prévention
- Désir d'optimiser votre technique de course
- Préparation à un événement sportif spécifique (marathon, triathlon)
Ce que l'évaluation comprend
Votre physiothérapeute examine votre force, vos mouvements et votre façon de prendre appui. Une vidéo de course peut aider à comparer le confort et les mouvements avant et après un ajustement, si cela est pertinent.
L'évaluation inclut aussi:
- Mobilité de la cheville, notamment sa capacité à ramener le dessus du pied vers la jambe
- Évaluation de la force du mollet et du pied
- Équilibre et contrôle des mouvements
- Analyse de l'alignement de la jambe
- Discussion de votre programme d'entraînement
Au Québec, vous pouvez consulter directement un physiothérapeute en clinique privée, sans billet du médecin. Certains contrats d’assurance ou services publics peuvent toutefois demander une référence. Si des images médicales ou un avis médical sont nécessaires, le physiothérapeute vous orientera vers le professionnel approprié.
Options de traitement disponibles
Nos cliniques offrent plusieurs services pour traiter la périostite tibiale:
- Thérapie manuelle si elle améliore le confort ou un mouvement limité
- Exercices thérapeutiques personnalisés
- Analyse de la course pour essayer un ajustement qui facilite vos mouvements ou votre confort
- Programme de retour progressif à l'activité
La durée d'une évaluation, le nombre de séances et le délai avant un retour à la compétition varient selon chaque personne; votre physiothérapeute établit un plan adapté à vos objectifs.
Questions fréquentes
Les questions fréquentes sur la périostite concernent la poursuite de la course, les bas de compression, le chaud ou le froid, les bandages et le retour à une compétition.
Puis-je continuer à courir avec une périostite?
Il peut être nécessaire de réduire ou d’arrêter temporairement la course si elle aggrave la douleur. La reprise dépend du diagnostic, de la marche et des réactions pendant les heures suivantes. Une activité moins douloureuse peut entretenir votre condition physique. Ne continuez pas à courir sur une fracture soupçonnée sans consigne médicale.
Le port de bas de compression aide-t-il?
Des bas de compression peuvent être gardés s’ils vous apportent du confort, mais ils ne remplacent pas l’adaptation des efforts. Dans l’essai de 74 athlètes, les ajouter à la course progressive ne raccourcissait pas clairement le délai de retour comparativement à la course progressive seule. L’ajout d’étirements et de renforcement du mollet n’avait pas non plus d’avantage clair sur ce délai. Cela n’exclut pas l’utilité d’exercices choisis pour vos difficultés.
Dois-je appliquer de la glace ou de la chaleur?
La glace peut calmer la douleur, sans preuve qu’elle accélère la guérison. Enveloppez-la dans un linge et limitez l’application à 20 minutes. La chaleur peut être utilisée pour le confort si elle vous fait du bien. Protégez la peau et arrêtez si la sensation devient désagréable. Ni le chaud ni le froid ne doivent servir à masquer une douleur pour forcer à travers l’exercice.
Un bandage adhésif peut-il aider?
Un bandage adhésif est une bande appliquée sur la peau. Vous pouvez en discuter avec votre physiothérapeute si vous cherchez un soutien confortable à court terme. Une petite étude de marche chez 20 personnes avec une périostite actuelle ou passée et 20 témoins a observé une montée plus lente de la force sous la partie interne du milieu du pied après la pose d’un bandage. Ce résultat ne prouve pas une guérison ni une baisse de douleur pendant la course. Le bandage reste un complément éventuel aux adaptations et aux exercices.
Combien de temps avant de pouvoir participer à une course?
La participation à une course demande de tolérer progressivement la distance et l’intensité prévues, pas seulement de marcher sans douleur. Le délai peut aller de quelques semaines à plusieurs mois selon l’évolution. Votre physiothérapeute peut construire un plan de retour et revoir avec vous la pertinence de la date choisie.
Besoin d'un avis professionnel?
Nos physiothérapeutes peuvent évaluer votre condition et vous proposer un plan de traitement personnalisé.
Prendre rendez-vousRéférences
Les références s’ouvrent dans un nouvel onglet.
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- Heiderscheit BC, Chumanov ES, Michalski MP, Wille CM, Ryan MB. Effects of step rate manipulation on joint mechanics during running. Med Sci Sports Exerc. 2011;43(2):296-302.
Autres pathologies
L’arthrose de la hanche est une usure normale de l’articulation de la hanche. On dit souvent que l’arthrose est une usure du cartilage entre nos os. C’est vrai, mais c’est plus que juste le cartilage. Le cartilage est un tissu qui est comme un coussin entre les surfaces de nos os et permet à nos articulations de bien glisser et bouger de façon fluide.
C’est une usure normale de l’articulation du genou. On dit souvent que l’arthrose est une usure du cartilage entre nos os. C’est vrai, mais c’est plus que juste le cartilage. Le cartilage est un tissu qui est comme un coussin entre les surfaces de nos os et permet à nos articulations de bien glisser et bouger de façon fluide.
C’est une inflammation de la bourse sous-acromiale dans l’articulation de l’épaule.
Une bourse est comme un petit sac très mince et rempli de liquide qu’on trouve dans plusieurs articulations du corps. Ce petit sac agit comme un coussin dans l’articulation et lubrifie les structures qui sont exposées à plus de friction.
C’est un tissu qui enveloppe l’épaule et permet à l’os de l’épaule de rester en place dans l’articulation. La capsule permet à l’articulation d’être stable.
La cervicalgie est un terme général pour décrire une douleur au cou qui n’a pas de cause spécifique comme un accident ou un faux mouvement. Cervicalgie est donc synonyme de ‘’j’ai mal au cou et rien de particulier n’est arrivé’’.
Dans les deux blessures, on a une douleur qui se fait sentir dans le cou et qui irradie ensuite dans le bras ou l’inverse.
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